PRESIDENTIELLE AU KENYA : Avec 98,26% des voix, Uhuru Kenyatta fait un peu moins bien que Paul Kagame (98,79%)

L'Afrique fait un mémorable bond en arrière, avec des scores à la soviétique de certains chefs d'Etat, comme au parti unique. Une performance que réfute même le président russe, le camarade, Vladimir Poutine, qui n'aime pas des victoires proches de 100%.Vladimir est modeste...

Candidat unique à sa succession, après le retrait de l'opposant, Raila Odinga, Uhuru Kenyatta s'est tapé un score de 98,26%. Il fait à peine moins bien qu'un autre expert en la matière, le Rwandais, Paul Kagame, qui s'était octroyé 98,79% en août, après avoir pris soin de mettre tous ses rivaux en prison.

Le président kényan, Uhuru Kenyatta, proclamé vainqueur, ce lundi, 30 octobre, de la présidentielle du 26 octobre, a estimé que cette victoire était une "nouvelle confirmation" de la volonté du peuple, en référence à sa réélection au scrutin du 8 août, ensuite, invalidée en justice (notre photo).

Il a admis que sa victoire "serait probablement encore une fois soumise au test constitutionnel" via (les tribunaux), mais, a affirmé qu'il s'y soumettrait "quels qu'en soient ses résultats".
Il n'a pas souhaité dans l'immédiat tendre la main à l'opposition, et a dit attendre qu'elle ait "épuisé" toutes ses possibilités de recours dans le cadre constitutionnel avant d'envisager cette éventualité.

M. Kenyatta a réuni sur son nom 7,483 millions de voix, soit 98,26%, contre 73.228 à son principal opposant Raila Odinga, 72 ans (73.228 voix, 0,96%), qui avait boycotté l'élection.

La participation est de 38,8% des électeurs inscrits, en forte baisse par rapport au scrutin du 8 août (79%). La victoire de M. Kenyatta fait craindre de nouvelles violences dans les bastions de l'opposition et soulève, déjà, la question de la légitimité du président au terme d'une élection tronquée.

La Commission a décidé de proclamer la victoire de M. Kenyatta, en dépit du fait que le scrutin n'a pas pu se tenir dans quatre comtés de l'Ouest du pays acquis à l'opposition.

Elle considère que le vote dans ces quatre comtés - sur les 47 que compte le pays -, même s'il devait avoir lieu, ne pourrait remettre en cause le résultat global.

L'écrasante majorité des bureaux de vote des comtés de d'Homa Bay, Kisumu, Migori et Siaya n'avaient pas ouvert leurs portes jeudi, en raison d'une situation chaotique et de graves troubles sécuritaires dans ces bastions de l'opposition.

Ainsi, le vote n'avait pu avoir lieu dans 25 circonscriptions (sur 291 au total - 290 à laquelle s'ajoute la circonscription de la diaspora), représentant quelque 9% du corps électoral.
La Commission avait tenté d'organiser à nouveau le scrutin samedi dans ces circonscriptions, avant d'y renoncer in extremis, estimant que la sécurité de son personnel n'y était pas garantie.

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