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PRESIDENTIELLE AU SENEGAL : Bataille des chiffres entre Macky Sall et l'opposition

Dans l'attente des premiers résultats officiels de l'élection présidentielle au Sénégal, le pouvoir et l'opposition s'affrontent sur la tenue ou non d'un second tour, le camp du sortant, Macky Sall, l'ayant, déjà, proclamé, largement, vainqueur face à ses quatre rivaux, qui contestent, fermement, cette proclamation. Le climat est tendu au Sénégal.

Seuls l'ancien premier ministre, Idrissa Seck, et le député "antisystème" et ex-inspecteur des impôts, Ousmane Sonko, paraissaient en mesure de se qualifier pour un éventuel second tour contre Macky Sall, largement, en tête dans de nombreux bureaux de vote, selon des résultats parcellaires égrenés par les médias locaux depuis la fermeture des bureaux dimanche soir.

La participation à ce scrutin, qui s'est déroulé sans incident majeur selon les différentes missions d'observation électorale, s'établissait à 68% après dépouillement des deux tiers des bulletins, a affirmé, lundi, 25 février, une source proche du ministère de l'Intérieur.

Une mission d'observation de la société civile avait estimé, dimanche, 24 février, la participation à 42%, à deux heures de la fermeture des bureaux, soit, des bases comparables aux 51% au premier tour en 2012, la deuxième alternance vécue par ce pays qui fait figure de modèle démocratique en Afrique.

Le calme régnait lundi à Dakar, où la circulation était plus fluide que d'habitude. Les bus de la société nationale de transports ont été laissés au dépôt pour leur éviter, selon un employé, d'être la cible d'éventuels casseurs comme c'est souvent le cas en période de troubles.

Les premiers résultats officiels étaient attendus d'ici à mardi à 12H00 GMT en provenance des 47 commissions départementales qui compilent les procès-verbaux des bureaux de vote. Ces résultats seront proclamés à l'échelle du pays par la Commission nationale de recensement des votes (CNRV) vendredi au plus tard.

Une guerre de chiffres a éclaté quelques heures après la fin du vote et le début de l'annonce des premiers résultats bruts.

"Les résultats compilés nous disent aujourd'hui qu'il nous faut féliciter le président Macky Sall pour sa réélection", a déclaré le premier ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne.

Il a pronostiqué un résultat d'au moins 57% des suffrages de son candidat, qui l'a emporté, selon lui, dans les 14 régions du pays, à une seule exception.

Selon les premiers résultats partiels, il s'agit de la région de Ziguinchor (Sud), où Ousmane Sonko, crédité de la troisième place à l'échelle nationale derrière Idrissa Seck, arrive en tête.

Les deux candidats pressentis pour un éventuel second tour ont contesté, lors d'une conférence de presse conjointe, les résultats pointant vers une réélection, au premier tour, du président sortant.

"Un second tour est inévitable", a déclaré, dimanche, soir, M. Seck, avant même l'annonce du premier ministre.

Les deux autres candidats de l'opposition, nettement, distancés, le président d'université privée, Issa Sall, proche d'un mouvement religieux issu de la confrérie tidiane, et l'ancien ministre, Madické Niang, se sont prononcés dans le même sens.

Issa Sall estime que "le deuxième tour est acté", saluant "les performances d'Idrissa Seck et d'Ousmane Sonko". Et Madické Niang a annoncé son "soutien officiel à la candidature d'Idrissa Seck, arrivé deuxième dans les résultats provisoires".

La tension était montée dans la soirée après le début de la publication des premières tendances.

Malgré une longue tradition démocratique, au Sénégal, les campagnes électorales sont, souvent, émaillées d'accusations de corruption, de désinformation et de violences.

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