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PRESIDENTIELLE AU TCHAD : L'opposition refuse la « victoire » de Déby et dit « L'alternance c'est maintenant » !

« On n'organise pas une élection pour la perdre », avait dit le président congolais, Pascal Lissouba, avant d'être chassé par les armes de la manière qu'on sait. On prête, aussi, cette expression à l'Ivoirien, Laurent Gbagbo, qui, lui aussi, a subi le même sort. Au Tchad, les choses se présentent, un peu, différemment. Certes, Idriss Déby Itno n'a plus une armée très soudée autour de sa personne, mais, il bénéficie, encore, de quelques appuis extérieurs, notamment, en France. Sauf que son ami, François Hollande, a ses propres problèmes domestiques à régler, sans même parler de la présidentielle de l'année prochaine à laquelle les Français lui demandent, par sondages interposés, de ne pas se présenter. Le comble pour un homme politique ! Ce qui est arrivé à Sarkozy arrivera-t-il à Hollande ?

Idriss Déby Itno devra, donc, se débrouiller seul, avec ses amis du lobby militaire français, qui pourront, toujours, l'aider en sous-main. Sans l'accord formel des politiques. Mais, cela ne suffira plus. La coupe est pleine et les Tchadiens n'en peuvent plus des excès de Déby que ses compatriotes se plaisent à appeler « sultan ». C'est dire comment sa gouvernance familiale et clanique provoque des dégâts dans la société au point où la militarisation de son régime ne laissant aucune place à la libre expression, les Tchadiens sont obligés de lui coller de simples étiquettes qui en disent long sur la façon dont ils le perçoivent. A noter que Déby occupe les fonctions de président en exercice de l'Union africaine, en ce moment. Autrement dit, c'est à lui de régler les conflits qui pourraient survenir à tout moment dans l'un des 54 pays africains. Alors que lui-même est empêtré dans la fraude électorale que l'opposition veut sanctionner, comment peut-il assurer son mandat à la tête de l'organisation ?

Parlant, justement, de cette opposition, six de ses représentants, tous, candidats malheureux à l'élection présidentielle du 10 avril gagnée, au premier tour, par Déby, ont, aujourd'hui, demandé au Conseil constitutionnel l'invalidation du scrutin en raison d'irrégularités.

"Nous avons adressé une demande d'invalidation du scrutin du 10 avril auprès du président du Conseil constitutionnel. Les irrégularités relevées pendant le déroulement, pendant le dépouillement et les compilations suffisent à elles seules pour invalider ce scrutin", a affirmé l'ancien premier ministre, Joseph Djimrangar Dadnadji.

Le président Déby a remporté 61,56% des voix contre seulement 12,80% au chef de l'opposition Saleh Kebzabo, selon les résultats provisoires annoncés par la Commission électorale nationale indépendante (Céni), qui doivent être confirmés par le Conseil constitutionnel. Dès le lendemain de la présidentielle, l'opposition avait qualifié le scrutin de "hold-up électoral".

Après vérification des procès-verbaux par ses militants, dans N'Djamena, les sept régions du Sud très peuplées et l'Ouddai (Est), l'opposition a constaté qu'Idriss Deby était battu.

Selon ces résultats qui ouvrent la voie à un deuxième tour, Saleh Kebzabo arrive en tête avec 33,15%, suivi de Laoukein Kourayo Médard avec 25,82 %.

Le climat post-électoral au Tchad reste tendu, notamment, en raison de disparitions de policiers et militaires qui n'auraient pas voté pour le président et dont les familles restent sans nouvelles. Conclusion : Déby se trouve contesté par une partie de son armée, par l'opposition, et surtout, par la société civile dont les grèves ont paralysé le pays, ces dernières semaines. Les syndicats menacent de reprendre l'Opération « Pays Mort » si Déby passe en force.

Alors que l'opposition menace de former son propre gouvernement, dont les listes circuleraient sous les gandouras, Idriss Déby Itno (président sortant et surtout président en exercice de l'UA) devra déployer des talents de négociateur (qu'on ne lui connaît pas étant spécialiste des méthodes fortes et répressives) pour composer avec son opposition et sa société civile qui disent haut et fort : « Trop c'est trop ». Et d'ajouter : « L'alternance c'est maintenant » !

Commentaires

Valtro (non vérifié)
QU'ILS S'EN AILLENT TOUS CES PRÉSIDENTS QUI S'ETERNISENT AU POUVOIR! L'AFFRIQUE DOIT CHANGER...NOUS AVONS SOIF D'ALTERNANCES , SOIF DU VRAI RESPECT DES URNES ET DES LIBERTÉS PUBLIQUES! ABAT LA DICTATURE DES MINORITÉS!!!

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