PRESIDENTIELLE AU TOGO : « Une très bonne organisation de l'élection » selon la CENSAD

Cheffe des observateurs de la CENSAD, la Mauritanienne, Diye Ba, dit ce qu'elle a vu, avec sa vingtaine de collègues. Pour elle, le Togo a atteint un niveau d'organisation des élections, qu'on ne voit pas toujours ailleurs sur le continent. Cela dit, il y a des choses à améliorer.

Afrique Education : Quelle appréciation pour cette élection ?

« La CENSAD a envoyé une mission d'une vingtaine de personnes pour observer cette présidentielle : des diplomates, des hauts fonctionnaires, des fonctionnaires du secrétariat de la CENSAD, et de la société civile, composaient notre délégation ».

Arrivés l'avant-veille de la clôture de la campagne, nous avons observé les derniers meetings. Le jour de la clôture de la campagne, nous avons assisté au meeting du parti UNIR (parti du président, ndlr) tandis qu'à côté, une caravane de l'ANC (parti de Jean-Pierre Fabre, ndlr) composée de voitures et de motos circulait sans gêner personne. Tout s'est passé, sans heurt, à notre grande satisfaction ».

« Avant le vote, nous avons visité la CENI. Nous avons constaté que l'essentiel du matériel de vote, était, déjà, à disposition avant midi la veille. Nous avons, aussi, rencontré le ministre des Affaires étrangères. Nous avons pris des contacts avec les autres missions d'observation, qui étaient venues faire la même chose que nous : ECOWAS, Francophonie, Union africaine, Conseil de l'entente, etc. pour échanger sur le scrutin ».

« A la CENSAD, nous nous sommes constitués en plusieurs groupes pour couvrir les 5 régions du pays : à l'Est (frontière du Ghana,) dans le Grand Lomé, dans le Centre, au Nord, etc ».

« Le scrutin a commencé à l'heure sauf quelques petits retards constatés ici et là. Les listes étaient affichées et le matériel était présent. Nous avons visité 200 bureaux de vote à raison de dix bureaux en moyenne par observateur. L'ambiance était bonne dans les bureaux de vote de telle sorte qu'on n'arrivait pas à faire la différence entre les représentants du parti UNIR et ceux des partis d'opposition. En cas de problème, parfois, ils ne se référaient même pas aux agents de la CENI sur place. Ils trouvaient eux-mêmes la solution. Et pour les représentants du parti au pouvoir, on ne sentait pas de coloration politique ».

Afrique Education : Et la fraude dont parle le candidat Agbéyomé Messan Kodjo ?

« On ne l'a pas vue. On ne l'a vue nulle part. Ca fait longtemps que, personnellement, j'observe des élections, mais, je dois dire que le calme et la sérénité de cette élection m'ont beaucoup impressionnée. Pas d'énervement, pas d'impatience. A la fin du scrutin, les représentants des partis politiques ont rempli les PV sans aucun problème. Nous avons posé la question aux représentants des candidats s'ils étaient d'accord avec ce qu'ils signaient. Tous ont répondu par l'affirmative. Il n'y a pas eu de fraude et à la CENSAD, on a été très clair. On n'a pas attendu longtemps avant de faire notre déclaration sur le déroulement du vote. Car pour nous, qu'on l'ait dit avant ou lundi, notre observation n'allait pas changer. Autant le dire très vite pour lever les ambiguïtés ».

Afrique Education : Que faut-il faire pour améliorer encore plus les élections au Togo ?

« On a suggéré à la CENI de mettre en place un système d'orientation dans les centres de vote. Parfois, des électeurs analphabètes perdaient du temps pour trouver leur nom sur les listes électorales ainsi que leur bureau. On a suggéré que la CENI désigne un agent pour faciliter la tâche de cette catégorie d'électeurs qui éprouve des difficultés quand elle doit trouver son nom ou son bureau de vote. Nous avons suggéré aux partis politiques de faire un effort de représentation dans les bureaux de vote. Car tous les candidats n'étaient pas représentés. Nous avons proposé au gouvernement de continuer le dialogue inclusif avec l'opposition car les élections se sont déroulées après les événements de 2017. Si les partis d'opposition ont assisté à cette élection, c'est parce qu'il y a eu des avancées dans ce dialogue. Il faut donc le continuer. Nous avons, aussi, suggéré au gouvernement de continuer d'appuyer la CENI. Mais, je dois dire qu'en matière d'organisation des élections, je suis impressionnée de la bonne organisation au Togo par rapport à ce qui se fait ailleurs en Afrique. Le problème est qu'on ne sait pas toujours que le Togo est en avance sur beaucoup de pays ».

Propos recueillis par l'un de nos envoyés spéciaux au Togo.

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