PRESIDENTIELLE BENINOISE : Lionel Zinsou candidat, la mayonnaise va-t-elle prendre ?

Il fallait être aveugle pour ne pas voir que la nomination de Lionel Zinsou au poste de premier ministre, à neuf mois de l'élection présidentielle à laquelle Yayi Boni n'est pas candidat, par respect de la constitution de son pays, cachait un destin de présidentiable. C'est parce que le président ne trouvait pas de fortes pointures au sein de son groupement politique, les FCBE (Forces Cauris pour un Bénin émergent), pour faire acte de candidature à sa succession, qu'il est parti chercher ailleurs. Avec pour obsession de faire échouer l'OPA que son frère-ennemi, Patrice Talon, s'apprête à lancer sur le Palais de La Marina. Après avoir été un faiseur de roi, ce dernier entend devenir roi lui-même. Boni Yayi en est, terriblement, inquiet à l'idée de passer le témoin à celui qui avait voulu l'empoisonner sans y parvenir, et que, lui-même, Yayi Boni, a voulu emprisonner, sans y arriver. C'est comme l'histoire de deux amants qui s'aimaient terriblement, et dont la séparation provoque un véritable tremblement de terre.

Si le choix de Yayi Boni fait couler beaucoup d'encre au sein des FCBE, il est très risqué dans un pays totalement démocratique et décolonisé comme le Bénin. Lionel Zinsou, Franco-Béninois, de son état comme la très grande majorité d'hommes politiques béninois, n'a pas à rougir des qu'en dira-t-on de ses compatriotes dont on ne sait jamais, exactement, ce qu'ils veulent.

Le handicap qu'il traîne, c'est d'être considéré comme un homme de paille de la France. On peut aimer Lionel parce qu'il est beau et très compétent, mais çà là, il faudra qu'il l'enlève de la tête des Béninois. Qu'il travaille beaucoup cet aspect néfaste et dévastateur, au moment où, après avoir déçu en France où il fait du Sarkozy au lieu de faire du Hollande, en matière de politique intérieure, le président français, François Hollande, a, en Afrique, changé de langage sur la modification des constitutions et l'alternance à la tête de l'Etat. Un discours jadis très apprécié qu'il avait tenu, en juillet dernier, à Cotonou, après l'avoir prononcé, en 2012, à Dakar et à Kinshasa, au Sommet de la Francophonie. Mais le virage à 180 degrés qu'il a pris, fait, désormais, de lui auprès des Africains, un piètre président, qui change de position comme le vent du désert change de direction.

Son va et vient sur le référendum au Congo, l'a montré, ce qui pousse, maintenant, les Congolais bi-nationaux, à envisager (sérieusement) le vote FN (Front National) lors des élections de décembre, en France.

En effet, après le changement de position de Hollande sur le référendum au Congo, le seul homme politique français, qui lui avait écrit pour le critiquer et dénoncer cette courte vue d'un président qui n'a pas de politique africaine de la France bien définie, c'est Louis Alliot, vice-président du FN et époux de Marine Le Pen, dans le civil. Voilà où on en est aujourd'hui en France.

Cette longue dissertation pour montrer le handicap que le candidat Lionel Zinsou devra surmonter car être considéré de nos jours, en Afrique, comme l'homme de la France, n'est vraiment plus un avantage.

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