PRESIDENTIELLE EN GUINEE-BISSAU : Umaro Sissoco Embalo a-t-il crié victoire trop tôt ?

Evidemment, quand on est sponsorisé par un dictateur inamovible comme le Congolais, Denis Sassou-Nguesso, on ne peut que crier victoire trop tôt. Le candidat, Umaro Sissoco Embalo, a, donc, tiré plus vite que Lucky Luke. Conséquence, la CEDEAO, qui supervise, depuis de longues années, le processus visant à restabiliser le processus politique et démocratique en Guinée-Bissau, impose aux deux parties de remettre la balle à terre, en procédant au ré-comptage des bulletins de vote, en sa présence, seule façon crédible de départager les deux camps. Il faut ajouter que Sassou-Nguesso ne peut soutenir un candidat et lui conseiller d'être transparent. Cela n'existe pas dans son ADN ; lui-même Sassou n'a, jamais, gagné une élection présidentielle à la régulière. Comment en serait-il autrement pour son poulain Embalo qui, sans attendre le verdict de la Cour suprême, avait couru, à Brazzaville, remercier Sassou à haute voix, avant de dire Merci à ses propres électeurs en Guinée Bissau (notre photo) ?

Une vérification des voix de la présidentielle de 2019 en Guinée-Bissau sous la surveillance de la CEDEAO. C’est la principale recommandation d’une mission conduite, jeudi, 30 janvier 2020, par les ministres des Affaires étrangères de la Guinée et du Niger, Youssouf Kiridi Bangoura et Kalla Ankourao, et du président de la Commission de la CEDEAO, l'Ivoirien, Jean-Claude Kassi Brou.

Dans un communiqué publié le 22 janvier, la Commission de la CEDEAO avait reconnu la victoire de Umaro Sissoco Embalo- déclaré élu par la Commission électorale- et invité à une finalisation rapide du processus électoral.

Mais, dans le communiqué ayant sanctionné sa dernière mission, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) est revenue sur la reconnaissance de la victoire de Umaro Sissoco Embalo face à son adversaire, Simoes Domingos Pereira. La mission conduite par les ministres des Affaires étrangères du Niger et du président de la Commission recommande à la Commission électorale d’engager, au plus tard, le 7 février, une procédure de vérification de la consolidation nationale des données issues des commissions régionales du 2ème tour, tenue fin décembre 2019. « Cette vérification se fera sous l’égide de la CEDEAO en présence des représentants des deux candidats. Un procès-verbal sera établi à l’issue de cette vérification qui sera effective au plus tard le 7 février 2020 », signale le communiqué de la mission, en date du 31 janvier.

Après les résultats proclamés par la Commission électorale, le candidat malheureux, Simoes Pereira Domingos, avait saisi la Cour suprême de la Guinée-Bissau pour contester la victoire de son challenger, Umaro Sissoco Embalo, au second tour. Les juges de la Cour suprême avaient rendu une décision en sa faveur en demandant un ré-comptage des voix.

Notons que la représentation bissau-guinéenne de l'Union africaine, n'a pas tenu informé le siège, à Addis Abeba, des changements qui étaient en cours, après la requête du PAIGC, le parti de Simoes Pereira Domingos. A preuve, l'Union africaine a, officiellement, invité à participer à son 33e Sommet, les 9 et 10 février, Umaro Sissoco Embalo et José Mario Vaz, alors qu'elle aurait dû, plutôt, inviter le premier ministre, Aristide Gomes, ou le président de l'Assemblée nationale populaire, Cipriano Gassama. Cela dit, l'intervention de la CEDEAO a le mérite de mettre toutes les parties d'accord.

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