PRESIDENTIELLE FRANCAISE : Vers une candidature de substitution à François Fillon

1) L'embauche de son épouse comme assistante parlementaire

François Fillon et sa femme Penelope sont dans la tourmente. Le parquet national financier a ouvert une enquête préliminaire pour détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recel de ces délits sur les activités d'attachée parlementaire de Penelope Fillon. Une procédure lancée après les révélations du Canard enchaîné.
A en croire l'hebdomadaire, Penelope Fillon a perçu un total de 831 440 euros brut en tant qu'assistante parlementaire. Au service de son mari, sur plusieurs périodes – de 1988 à 1990, puis, de 1998 à 2000, ainsi qu'après le départ de François Fillon de Matignon en 2012 jusqu'en novembre 2013. Mais, aussi, pour le suppléant de son époux, Marc Joulaud, entre 2002 et 2007. L'objectif des enquêteurs est de déterminer si Penelope Fillon a bien exercé la fonction pour laquelle elle était grassement payée.
Comment il se défend. Lors de son intervention sur TF1, le 26 janvier, le candidat à la présidentielle explique que sa femme travaille pour lui "depuis toujours, depuis 1981, [sa] première élection". "Elle l'a fait bénévolement pendant des années", précise-t-il. Mais, en 1997, après le départ d'un de ses collaborateurs, il "l'[a] remplacé par Penelope", qui est restée à ce poste jusqu'en 2013. Des dates qui ne correspondent pas aux nouvelles révélations du Canard enchaîné.

2) L'embauche de sa femme par la "Revue des deux mondes"

Deux textes de 2 500 et 1 000 signes chacun (retrouvés par Marianne), ainsi que des conseils stratégiques, le tout pour 100 000 euros brut. Voilà qui a de quoi surprendre. C'est ce qu'a versé la Revue des deux mondes, l'une des plus vieilles revues littéraires françaises, à Penelope Fillon entre mai 2012 et décembre 2013, selon Le Canard enchaîné. "A aucun moment (…), je n'ai eu la moindre trace de ce qui pourrait ressembler à un travail de conseiller littéraire", assure dans Le Monde, Michel Crépu, directeur de la Revue des deux mondes lorsque Penelope Fillon y était, officiellement, salariée. Là, aussi, les enquêteurs s'interrogent sur la réalité de son travail.
Comment il se défend. François Fillon n'a pas évoqué, spécifiquement, ce dossier. De son côté, Marc Ladreit de Lacharrière, le propriétaire de la Revue des deux mondes, nie avoir embauché la femme de son ami dans le seul but de tromper son "ennui", comme le prétend Michel Crépu. "C'est une femme intelligente, elle a lu beaucoup de livres – dont deux résumés seulement ont été publiés", se défend le richissime homme d'affaires. Au-delà de son rôle présumé de conseillère littéraire, Penelope Fillon aurait, aussi, participé à une "réflexion stratégique informelle", qui n'a donné lieu à aucune réunion et dont Michel Crépu aurait été écarté. Une hypothèse que l'ex-directeur de la revue juge "totalement extravagante".

3) L'embauche d'une de ses collaboratrices par la "Revue des deux mondes"

Marc Ladreit de Lacharrière n'a pas embauché que Penelope Fillon à la Revue des deux mondes, révèle Mediapart, mardi, 31 janvier. A partir de mars 2015, il a, également, salarié Alexia Demirdjian, une responsable de la campagne numérique de François Fillon, au sein de la Fondation Culture et Diversité, une branche de son groupe Fimalac. Problème : "Cette employée n'a pas laissé de trace publique de son passage dans cette structure" pendant un peu plus d'un an, tandis que son implication dans l'équipe de François Fillon "est, elle, manifeste", assure Mediapart.
Comment il se défend. "Cet article témoigne d'une forme d'acharnement dont fait l'objet l'équipe de François Fillon", répond Patrick Stefanini, le directeur de campagne du candidat, lors d'un point presse, mardi, 31 janvier. Selon lui, Alexia Demirdjian a, réellement, travaillé, à la fois, pour la fondation de l'homme d'affaires et Force républicaine, l'association qui porte l'action politique de François Fillon. "Alexia a été recrutée par Force républicaine dans un premier temps sur la base d'un contrat à mi-temps. Le deuxième mi-temps était celui qu'elle effectuait dans la fondation de Marc Ladreit de Lacharrière, explique-t-il. Les choses sont extrêmement claires. Elle a notamment préparé le dixième anniversaire de la fondation et travaillé sur une plateforme concernant l'égalité des chances."
La jeune femme se défend elle aussi : "Je suis profondément choquée et blessée que mon nom et mon honneur soient traînés dans la presse et soient salis, réagit-elle au micro de BFMTV, mardi. Personne ne peut nier que tous les jours où je devais être là, j'étais là. (…) Ça fait dix ans que je travaille, dix ans que mon parcours est transparent."

4) L'embauche de ses enfants

Ce qu'on lui reproche. C'est en voulant répondre aux accusations sur l'emploi présumé fictif de sa femme que François Fillon se prend les pieds dans le tapis. Pour donner des gages de sa transparence, il révèle, jeudi, 26 janvier, sur TF1, avoir rémunéré ses deux premiers enfant,s lors de son mandat de sénateur, entre septembre 2005 et juin 2007. "Il m'est arrivé de rémunérer, pour des missions précises, deux de mes enfants qui étaient avocats, en raison de leurs compétences", assure-t-il. Or, Marie et Charles Fillon ne sont devenus avocats qu'après la nomination de leur père à Matignon, respectivement, en novembre 2007 et juin 2011, selon l'annuaire du barreau de Paris, ville où ils exercent.
Selon Le Canard enchaîné du 1er février, ils ont perçu 84 000 euros brut, pas pour des "missions précises", mais, pour "un emploi à plein temps d'attaché parlementaire". Le tout pour des activités "évanescentes", affirme l'hebdomadaire satirique.
Comment il se défend. Interrogé par l’Agence France Presse, l’entourage du candidat explique qu’il a commis "une imprécision de langage" sur TF1 et qu’il voulait dire que ses enfants "sont avocats" à l’heure actuelle et non qu’ils l’étaient à l’époque.

5) Ses mystérieuses activités de consultant

Ce qu'on lui reproche. En octobre dernier, Le Canard enchaîné, encore lui, révélait que l’ancien premier ministre avait fondé, entre son départ de Matignon, en mai 2012, et son retour sur les bancs de l'Assemblée, en juin, de la même année, une société de consulting baptisée 2F Conseil. Elle lui aurait rapporté un salaire de 600 000 euros net entre 2012 et 2015, soit, environ, 18 000 euros par mois.
Qui François Fillon a-t-il bien pu conseiller ? "Ce qui circule, c’est qu'il aurait travaillé pour des sociétés russes (…). On comprendrait alors la complaisance vis-à-vis de Vladimir Poutine", a souligné le candidat écologiste, Yannick Jadot, lundi, 30 janvier, sur BFMTV. Mais, à ce jour, aucune procédure judiciaire n’est engagée sur cette activité de conseil.
Comment il se défend. François Fillon refuse jusqu'à présent de s'exprimer sur ce sujet. Dans ce dossier, il a respecté les règles : créer une société lorsque l'on est député est interdit par la loi, mais, il l'a fait en dehors de tout mandat à l'Assemblée.
Concernant ses clients, son coordinateur de campagne est monté au créneau, mardi, 31 janvier. "Il m'a dit : 'écoute, il n'y a pas une société russe, il n'y a pas un groupe russe, il n'y a pas l'Etat russe', les choses sont claires, tente de clarifier Bruno Retailleau sur BFMTV. Rien avec la Russie." "Les choses ont été parfaitement transparentes, déclarées au fisc, à la Haute Autorité [pour la transparence de la vie publique], chacun peut s'en rendre compte", ajoute-t-il.

6) Des chèques touchés au Sénat

Selon Mediapart, le candidat à la présidentielle s'est "mis dans la poche une partie des crédits théoriquement réservés à la rémunération d’assistants, grâce à un système de commissions occultes". Ce qui est reproché à François Fillon, mais aussi, à plusieurs élus ou anciens élus UMP comme Henri de Raincourt ou René Garrec, c'est d'avoir usé d'un système baptisé la "ristourne". Concrètement, ce qui reste de l'enveloppe pour salarier des assistants personnels n'est pas, systématiquement, reversé au Sénat, mais, transféré au groupe politique chargé d’organiser le travail collectif entre élus d'un même bord. Mais, entre 2003 et 2014, des sénateurs UMP ont récupéré un tiers de ce crédit, affirme Mediapart.
Une enquête est en cours, mais,François Fillon, lui, n'est pas visé car il était sénateur de 2005 à 2007, et les faits étudiés par les enquêteurs sont postérieurs à 2009. "Mais d’après des témoignages et documents comptables de l’époque, le sénateur Fillon a bien bénéficié de ce mécanisme clandestin de captation de fonds publics au cours de son mandat", écrit le site d'investigation. Le Journal du dimanche affirme qu'entre 2005 et 2007, lorsqu'il était sénateur UMP de la Sarthe, "François Fillon a perçu sept chèques à son nom", un par trimestre, pour "un montant total de l'ordre de 21 000 euros".
Comment il se défend. L'entourage de François Fillon a dit ne faire "aucun commentaire sur une affaire judiciaire en cours". De son côté, le député Les Républicains Eric Ciotti a déclaré sur franceinfo que cette affaire des caisses occultes "ne concerne ni directement ni personnellement François Fillon" : cela concerne "tous les sénateurs qui étaient en fonction à l'époque, et cette affaire remonte à une douzaine d'années".

Commentaires

HANSALEVEY Adams (non vérifié)
comme toujours, tous les politiques sont pareilles, on n'en a marre, partout, en A frique, c'est pire; ds clans et entre clans au pouvoir, mangent ensemble entre les fils et filles et détournent à l'aise des fonds publics, s'enrichissent et deviennent des milliardaires, construisent des maisons, avec l'argent du trésor public; au Congo de SASSOU c'est devenu une assurance à vie du clan SASSOU avec l'argent du pétrole; mais à qui la faute ? Pourquoi, avant ou pendant la primaire, ces révélations n'étaient arrivées; ah ! mon Fillon est tué et il va tombé comme une feuille morte du baoba; ainsi va la vie humaine !!!
HANSALEVEY Adams (non vérifié)
comme toujours, tous les politiques sont pareilles, on n'en a marre, partout, en A frique, c'est pire; ds clans et entre clans au pouvoir, mangent ensemble entre les fils et filles et détournent à l'aise des fonds publics, s'enrichissent et deviennent des milliardaires, construisent des maisons, avec l'argent du trésor public; au Congo de SASSOU c'est devenu une assurance à vie du clan SASSOU avec l'argent du pétrole; mais à qui la faute ? Pourquoi, avant ou pendant la primaire, ces révélations n'étaient arrivées; ah ! mon Fillon est tué et il va tombé comme une feuille morte du baoba; ainsi va la vie humaine !!!
Ku Ibiti (non vérifié)
Voila ce qu'ils ont appris à leurs gouverneurs de comptoirs africains à faire...Le boomerang fait son effet. Vivement sa chute, homme véreux ! Qu'il n'accède pas à la Présidence de la République française...DSN doit s'en mordre les doigts. hihihihiiiiiiiihihihihi

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