PRESIDENTIELLE GABONAISE : L'heure du changement a sonné

Sauf accident, Jean Ping sera, à partir de, demain, samedi, 27 août 2016, président de la République gabonaise. Le 5e que ce beau pays ait connu, depuis le 17 août 1960, date de son indépendance. Tour à tour, Léon Mba, El Hadj Omar Bongo Ondimba, Rose Francine Rogombé et Bongo Ondimba Ali (BOA), ont eu à présider aux hautes destinées du Gabon.

Bien qu'on ne vende pas la peau de l'ours avant de l'avoir tué, il existe, énormément, de signes avant-coureurs qui montrent que la victoire a, déjà, choisi son camp, celui de Jean Ping : le rejet par la majorité des Gabonais de la personne même de BOA, sa calamiteuse gouvernance ponctuée de plusieurs et massifs détournements de fonds que l'audit annoncé par Ping permettra de mettre en lumière, sans qu'on parle de chasse aux sorcières, l'hémorragie qui continue d'affecter l'encadrement du parti au pouvoir, le PDG qui, rien que ces cinq derniers jours, a enregistré la démission de trois anciens ministres (poids lourds) et d'un député, sans même parler de la démission du député Zibi, à Minvoul, il y a deux semaines, devant BOA en personne, et beaucoup d'autres faits significatifs les uns plus que les autres.

Cela dit, deux événements importants ont cassé le moral des troupes du candidat de « l'égalité des (mal)chances » : la désignation en date du 16 août de Jean Ping comme candidat unique de l'opposition par deux autres poids lourds de cette présidentielle, à savoir, Guy Nzouba Ndama et Casimir Oyé Mba, ce qui a, complètement, inversé la dynamique de la victoire du côté de Jean Ping. A ces trois poids lourds se sont adjoints, Léon Paul Ngoulakia, le propre demi-frère de BOA, et depuis jeudi, 25 août, le candidat indépendant, Désiré Roland Aba'a Minko. Alors que BOA n'a enregistré aucun ralliement autour de sa (modeste) personne, Jean Ping, lui, a fait carton plein avec quatre candidats qui se sont rangés derrière lui. Les chiffres parlent, donc, d'eux-mêmes. Une seule crainte désormais : le déroulement du scrutin proprement dit. A ce sujet, les observateurs de l'Union européenne, de la Francophonie et de l'Union africaine, travaillent pour la transparence électorale, non sans appréhension. S'ils ont réussi à faire admettre (urbi et orbi) au ministre de l'Intérieur, Pacôme Moubelet Boubeya (qui avait affirmé l'année dernière que tant qu'il sera en place, aucun candidat autre que BOA ne sera jamais déclaré vainqueur de cette élection présidentielle) qu'il veillera, personnellement, que les télécommunications (internet, téléphones, et autres) ne soient pas coupées (comme au Congo-Brazzaville en mars dernier) afin de favoriser la fraude, ils sont, toutefois, réservés sur la liste électorale qui ne présente pas toutes les garanties de fiabilité et de sincérité : certaines localités (hier peuplées d'une cinquantaine de personnes) ont vu le nombre de leurs inscrits gonfler subitement de 600% parfois plus. La vigilance sera, donc, de mise et c'est pour faire échec à ces manoeuvres que Jean Ping a créé une brigade anti-fraudes spécialement dédiée à cet effet. Mais jusqu'où pourra-t-on faire échec à cette fraude qui s'annonce « industrielle » ? BOA sait, désormais, que la fraude est son seul et ultime recours. Ses adversaires le marquent cependant à la culotte.

Dernier fait non négligeable qui montre que la victoire a choisi le camp de l'opposition : le (tout puissant) directeur de cabinet de BOA et directeur de sa campagne (véritable président du Gabon pour certains), le Béninois, Maixent Accrombessi, a, finalement, succombé à la très forte pression dont il faisait l'objet, dans son camp, où il faisait la pluie et le beau temps, à cause des choses qui commençaient à aller mal pour BOA, et dont on lui imputait la (totale) paternité. Avant même la désignation, le 16 août, du candidat unique de l'opposition, les caciques du PDG ne se cachaient plus pour le critiquer d'avoir imprimé un mode de gouvernance au Palais du Bord de Mer et au sein du PDG, qui conduit, finalement, BOA à l'échec. Conséquence : Accrombessi, malgré sa toute puissance, a commencé à accuser le coup. Le choc de l'accord de l'opposition, a été le coup de grâce (fatal) qu'il n'a pas supporté. Dans la nuit du 16 au 17, il a, complètement, pété le câble, contraignant BOA à mettre un avion, à sa disposition, pour le conduire dans un hôpital marocain. Même si tout laissait penser qu'il s'agit d'un AVC, au moment où on l'embarquait pour le Maroc, le fait qu'il ait perdu l'usage de la parole (pour le moment) ainsi qu'une partie de sa mobilité, montre qu'il a été, sévèrement, sonné par la désignation de Ping. Et surtout, qu'il ne s'y attendait pas.

Si on ajoute à cet événement cataclysmique le fait que certains dignitaires du pouvoir commencent, déjà, incognito, à planquer leurs familles dans les pays voisins, on peut, aisément, voir de quel côté se situe la panique.

Dans tous les cas, le plus intéressant au Gabon est à venir. Afrique Education sera, toujours, au rendez-vous de l'information sur ce pays bien aimé. Dès la semaine prochaine, sa version papier vous situera sur les enjeux du prochain septennat, qui arrive, tandis que le quotidien www.afriqueeducation.com continuera d'informer au jour le jour, comme il le fait depuis plusieurs semaines, du déroulement de ce feuilleton qui met toute l'Afrique centrale en émoi.

Commentaires

Afrique je te love (non vérifié)
Bonjour et grand merci a AE pour toutes ces informations. Nois esperons nombreux que les choses changent deja au gabon et ailleurs. Comme on dit dans mon pays moke moke les alternaces arrivent. Il y a encore des pays atardes mais, on espere un jour que la verite triomphe sur la betise et la facilite. Je souhaite vivement que Mr Ping soit fortement elu pour montrer la verite. Tant pis s il vient du systeme. Dans un premier temps, nous voulons le changement. C est tout. Allez freres et soeurs du gabon ( trop beau pays) votez nombreux pour Mr Ping. Courage
Vive l'Afrique (non vérifié)
La stupidité, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent. BOA n'est plus rien à donner à ce bon pays. L'Afrique doit changer. Mes chers compatriotes africains du Gabon, le Benin vient nous faire plaisir en mars dernier. On compte sur vous pour montrer au monde qu'on ne veut plus les présidents à vie ou les primitifs. Vive l'Afrique, vive le Gabon!
SEMA (non vérifié)
AfriqueEducation,Bravo! Style simple,direct et on comprend.Pas comme l'autre "Afrique " là qui écrit n'import quoi pour 1 milliard reçu...
kimpéné Ya Congo (non vérifié)
S'il Vous Plait MONTRER aux noirs AFRICAINS qu'on peut aussi arriver à la DÉMOCRATIE sans qu'il y ait de Morts, ni d’Émeutes ou de Saccages des Populations Votantes pour un scrutin où ils sont toujours Exclus. COURAGE PEUPLE GABONAIS , Vous vous en Sortirez un Jour du Joug de l'Esclavage te surtout de l'Exclusion dans le Monde Entier car Nous Sommes les Plus Idiots du Monde. ALLEZ Voter Peuple Gabonais, COURAGE et DÉTERMINATION pour l'AMOUR du GABON !!

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