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PRESIDENTIELLE GABONAISE : Le PDG va-t-il désigner un candidat de substitution ?

Bien que le Gabon soit semblable à une « Maison de verre », comme se vantait le patriarche, quand il voulait convaincre que le pays ne marchait pas trop mal, tout ne va plus pour le mieux du monde. A l'heure actuelle, il y a une sourdine course contre la mort (qui ne dit pas son nom) entre, au moins, deux dignitaires du gouvernement : le premier ministre, Daniel Ona Ondo, et son premier vice-premier ministre et ancien premier ministre, Paul Biyoghe Mba ( sur notre photo avec Faustin Boukoubi), se livrent une bataille féroce de positionnement au cas où le candidat officiel du parti, pour une raison ou pour une autre, serait empêché de se présenter. Bien sûr que nous ne sommes pas ici dans une pure hypothèse d'école : un épais nuage (c'est une litote) entoure la candidature du « distingué camarade ». Entre ceux qui demandent son départ du pouvoir avant la présidentielle pour faux et usage de faux et ceux qui dans le parti ne sont plus avec lui tout en faisant mine de le soutenir, cela fait beaucoup pour ses frêles épaules qui ont pu supporter cette charge, en 2009, uniquement, parce qu'il était, efficacement, soutenu par les anciens. Autant le PDG était aligné derrière lui en 2009, autant, en 2016, on ne sait
pas exactement qui est qui dans le PDG et qui soutient qui et comment ? C'est un mystère total et d'autant plus effrayant que le vote est rigoureusement individuel et secret (dans l'isoloir).

Daniel Ona Ondo et Paul Biyoghe Mba sont en train de prendre de l'avance sur d'autres éventuels prétendants. Il ne se passe pas de journal télévisé ou radio sans qu'on ne consacre une page sur les activités de l'un et de l'autre. Nous disons bien l'un et l'autre. On peut même dire qu'ils sont plus présents sur le petit écran que le distingué camarade lui-même. Roulent-ils de cette façon excessive pour celui dont la candidature est loin de faire l'unanimité au sein du PDG et encore moins dans le pays ?

Mais si elle est risquée, la stratégie des deux compères n'est pas pour autant inopportune. Nul ne sait comment se terminera le combat que mène l'opposition contre une candidature du BOA suprême. Bien qu'étant le candidat du PDG, BOA ne suit que les directives de son maître à penser et à tout faire, le Béninois, Maixent Accrombessi. Si Paul Biyoghe Mba et Raymond Ndong Sima le prenaient pour le diable en costume, ce n'est pas Daniel Ona Ondo qui le prend en estime. Ce Béninois qui dirige le Gabon depuis sept ans sans avoir été élu, a, aussi, la haute main sur le PDG. C'est aussi lui qui a tenté, à deux reprises, de « domestiquer » la justice, une fois l'année dernière avant que la présidente de la Cour constitutionnelle ne retoque la réforme proposée par le gouvernement, et la semaine dernière, avec des nominations complaisantes au sein du Conseil supérieur de la magistrature, qui ont réveillé les magistrats de leur torpeur, demandant, immédiatement, leur retrait pur et simple. Selon des sources dignes de foi, Accrombessi était derrière cette combine, qui, mettait en avant, le ministre de la Justice, Séraphin Moundounga. On comprend le souci de l'émergent en chef du Palais du Bord de Mer : il a besoin d'avoir une justice, totalement, aux ordres parce que le cas du « distingué camarade » est, déjà, presque, scellé par les juges.

Entre procès pour faux papiers ayant servi à la candidature de BOA en 2009 ou pour toucher l'héritage de façon indue, et les tentatives de destitution qui ne portent pas leurs fruits à cause du verrouillage du système, la rue ou l'armée, tôt ou tard, risqueront de mettre les uns et les autres d'accord. Pour éviter cette issue fatale qui a coûté 10 précieuses années à la Côte d'Ivoire, la seule façon de couper l'herbe sous les pieds des anti-BOA (qui se recrutent jusqu'au sein du PDG), c'est de prendre le taureau par les cornes, en désignant, dès maintenant, un candidat de substitution.

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