PRESIDENTIELLE GAMBIENNE : Yahya Jammeh peut-il organiser un scrutin transparent ?

C'est Human Rights Watch, qui a tiré la sonnette d'alarme, en estimant, mercredi, 2 novembre, qu'il n'y avait aucun espoir que l'élection présidentielle de décembre, en Gambie, soit libre et honnête en raison des manoeuvres d'intimidation contre les partis d'opposition, de la répression contre les médias et de l'utilisation à des fins politiques des forces de sécurité. On dira, tout simplement, que Yahya Jammeh (notre photo) n'invente pas le fil à couper le beurre. Il ne va faire chez lui, en Gambie, que ce qui se passe, ailleurs, en Afrique : la fraude électorale qui passe, partout, comme une lettre à la poste. Ni vu ni contesté par la communauté (dite) internationale. Alors pourquoi pas, lui, Yahya Jammeh ? Soyons donc tolérants.

Dans un rapport publié un mois avant l'élection, l'organisation de défense des droits de l'homme ajoute que "le climat de peur parmi les hommes politiques d'opposition et les militants (...) les empêche de critiquer (le président Yahya) Jammeh et son gouvernement".

Parvenu au pouvoir par un coup d’état sans effusion de sang en 1994, Yahya Jammeh a été élu en 1996, puis, constamment, réélu depuis. Dirigeant la Gambie d'une main de fer, il a été investi par son parti pour briguer un cinquième mandat.

Pour le reste, Yahya Jammeh se comporte, exactement, comme les autres chefs d'Etat qui se servent de leur fonction pour museler la presse, la justice, les ONG des droits de l'homme et les partis politiques de l'opposition.

Conclusion : Il n'y a rien de nouveau, ni de spécial, sous le beau ciel de Banjul. Sinon, dire à Human Rights Watch : « Circulez, y a rien à voir ». C'est malheureux mais c'est ainsi.

L'opposition gambienne a choisi, dimanche, un candidat unique, Adama Barrow, de l'UDP, pour affronter le chef de l’Etat à la présidentielle du 1er décembre. On verra ce que donnera cette unité sur le plan électoral.

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