PRESIDENTIELLE IVOIRIENNE DE 2020 : Alassane Ouattara « Jette le masque » !

Ce lundi, 7 août 2017, la Côte d'Ivoire fête le 57e anniversaire de son accession à l'indépendance. Une occasion unique qui aurait pu unir tous les Ivoiriens, sous l'autorité de leur président, Alassane Ouattara, mais, qui, malheureusement, permet, au contraire, de constater le fossé qui sépare la direction actuelle du pouvoir des autres adhérents du RHDP, sans même parler de l'opposition. Une image le montre à suffisance : la présence du président, Henri Konan Bédié, à Daoukro, son village natal, où il a réuni, ces dernières heures, ses parents et cadres du PDCI, pour faire le point de la situation politique en Côte d'Ivoire et les raisons de ses trois derniers mois passés en France. Dans une Côte d'Ivoire réconciliée où la ruse présidentielle n'était pas érigée en comportement d'Etat, le successeur de Félix Houphouët-Boigny aurait dû, être à côté de son jeune frère, dans la tribune présidentielle. Que non ! Bédié a choisi de s'excentrer sur ses terres, à Daoukro, où il compte prendre des forces spirituelles dont il aura besoin pour livrer la bataille face à son éternel ennemi politique : Alassane Ouattara.

Le président du PDCI a été bien inspiré de quitter Abidjan avant le discours (assassin) prononcé par Alassane Ouattara, ce 6 août, à la RTI, à l'occasion du 57e anniversaire de l'indépendance de la Côte d'Ivoire. D'autant plus que le président, dans ce discours écrit et lu de bout en bout, n'a rien improvisé. Depuis un certain temps, il s'emploie à dégager de sa voie tous les empêcheurs de tourner en rond, capables de fausser sa stratégie. Afriqueeducation.com rend, fidèlement, compte de ses multiples et différentes manœuvres, depuis plusieurs mois.

C'est ainsi qu'avant de larguer sa « bombe » (car c'en est une) du 6 août, le président avait, auparavant, pris bien soin d'affaiblir ses alliés du RHDP. Il a, d'abord, commencé par vider du gouvernement (il n'y a pas un autre terme), les présidents de l'UDPCI et du MFA, qui étaient considérés comme ses alliés historiques. Il a, par la suite, signé le limogeage de certains postes de gestion et d'administration d'Etat, de plusieurs partisans politiques du président, Henri Konan Bédié, et du président de l'Assemblée nationale, Guillaume Soro, son nouvel ennemi politique. L'ancienne ministre de la Communication, par exemple, en a fait les frais, le président ayant pris pour prétexte sa défaite aux législatives dans une des communes les plus difficiles d'Abidjan, pour l'envoyer paître. Au grand désarroi de son mentor Soro. Aujourd'hui, c'est le chef du protocole du président de l'Assemblée, qui est sous la menace d'une arrestation (qui va avoir lieu bientôt). Dans son discours, le président a annoncé que la justice passera dans toutes ces affaires.

Pour couronner le tout, le président, Alassane Ouattara, a attribué le poste de ministre de la Défense à un proche du RDR, l'Intérieur et la Sécurité restant toujours entre les mains du RDR, au moment où le budget échouait dans les mains du premier ministre, proche parmi les plus proches du chef de l'Etat. Il faut préciser que depuis 2011, dans un savant partage de postes entre le PDCI et le RDR, le ministère de la Défense est, toujours, revenu à un cadre du PDCI tandis que l'Intérieur et la Sécurité sont dirigés par un cadre du RDR. Désormais, tout se concentrera (y compris le budget) dans les mains du seul RDR. Question : le RHDP existe-t-il encore ?

Les nominations qui ont cours ces derniers temps en Côte d'Ivoire sont tout simplement scandaleuses car suprêmement ethniques. Dans la très grande majorité des cas, ce sont les cadres du RDR qui en bénéficient.

Maintenant que la boucle est bouclée par le dernier remaniement, le président a pu passer à la phase active de son plan, à savoir, le refus de l'alternance du candidat du RHDP qui aurait pu, logiquement, valider la candidature d'un cadre du PDCI. La réponse d'Alassane Ouattara, à ce rappel (qui n'est que normal) d'Henri Konan Bédié est sans équivoque : « Pour la prochaine élection présidentielle, je dois dire que 'Tous pourront se porter candidats' selon notre loi fondamentale ». En termes clairs, le PDCI doit se préparer à la compétition, au même titre que le RDR, l'UDPCI, le MFA, et les partis d'opposition. Aucun arrangement ne pourra être possible (avec le RDR) avant le deuxième tour. Bédié doit maudire ses dieux depuis le discours d'hier de Ouattara...

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