PRESIDENTIELLE MALIENNE : IBK crée la zizanie au sein du parti ADEMA

Qui a dit qu'Ibrahim Boubacar Keita (IBK) était terminé ? Il a, certes, eu un mandat très très difficile. Le fait qu'il ait nommé 5 premiers ministres en 5 ans, le prouve aisément. Mais, il n'entend pas abdiquer, pour autant, et la multiplicité de candidatures, au premier tour, joue, forcément, en sa faveur. C'est pourquoi la position du parti ADEMA, parti qui compte dans l'échiquier politique malien, et qui a, déjà, eu à gérer le pouvoir, était à suivre : ce parti allait-il désigner un candidat en son sein ou pas ? Sans demander son avis, le choix de ses hiérarques semblait se porter sur l'ancien président de transition, Dioncounda Traoré, jusqu'à ce qu'il décline l'offre. Résultat, l'ADEMA, orpheline de candidat, offre, maintenant, un spectacle de division avec trois tendances en son sein : une première tendance qui va soutenir IBK (qui ne demande pas mieux), une deuxième tendance qui apportera son appui au candidat de l'opposition, Soumaïla Cissé, et une troisième tendance, qui choisit de ne pas choisir. Du moins, pour le moment.

L'ADEMA a, en fait, décidé "d'un soutien négocié dès le premier tour à la candidature du président Ibrahim Boubacar Keita", selon un document issu de cette rencontre. Le président malien, 73 ans, a été investi, le 6 mai, candidat à la présidentielle du 29 juillet par une coalition de près de 70 partis, bien qu'il n'ait pas, encore, officiellement, confirmé sa candidature. Cependant, celle-ci ne fait l'objet d'aucun doute.

Des militants, devant l'immeuble qui a abrité la réunion de l'Adéma, samedi, 19 mai, ont scandé des slogans hostiles à la décision de le soutenir, dès le premier tour.

"La crise s'installe au sein du parti. Les caciques de l'Adéma viennent d'adopter sans vote une résolution de soutien à la candidature du président malien Ibrahim Boubacar Keita dès le premier tour (sur notre photo IBK avec Dioncounda Traoré). C'est inadmissible", a déclaré à la presse, Boubacar Ba, membre fondateur du parti.

"Comment peut-on ne pas voter et dire qu'on soutient dès le premier tour Ibrahim Boubacar Keita", a déclaré à la presse Moussa Maïga, un délégué venu du Nord du pays ?

"La direction du parti s'est vendue au président-candidat", a déclaré à la presse Ali Kanté, également, délégué. Un autre, sifflet à la bouche, a dénoncé "le coup d'Etat à l'intérieur du parti".

Pour Boubacar Diallo, un militant, "le parti est divisé en, au moins, trois blocs : le petit groupe qui veut soutenir la candidature d'IBK, ceux qui veulent une candidature à l'interne, et ceux qui veulent soutenir un candidat de l'opposition, notamment, son chef Soumaïla Cissé".

L'ADEMA est l'ancien parti du président Keita qui en a démissionné pour créér le RPM. Elle compte quatre ministres et représente la troisième force à l'Assemblée nationale, derrière le RPM et l'Union pour la République et la démocratie (URD) de Soumaila Cissé", principal opposant ayant déclaré sa candidature.

Une douzaine de candidats se sont, déjà, déclarés pour la présidentielle du 29 juillet. Parmi eux, figurent un ex-premier ministre d'IBK, Moussa Mara, un de ses anciens ministres, Mohamed Ali Bathily, le maire de Sikasso (Sud), Kalifa Sanogo, le richissime homme d'affaires, Aliou Boubacar Diallo, l'ancien ministre et militaire, Moussa Sinko Coulibaly, ainsi que, deux hauts fonctionnaires internationaux, Modibo Koné et Hamadoun Touré.

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