PRESIDENTIELLE MALIENNE : Le soutien d'Antonio Guterres à IBK

Et si IBK (Ibrahim Boubacar Keita), le président sortant, malgré son fâcheux bilan, était, encore, le meilleur atout malien dans la crise actuelle ? En cinq ans, on ne peut, vraiment, pas dire que le président-candidat à sa succession, ait eu des circonstances atténuantes. Il a, lui-même, montré des insuffisances en nommant cinq premiers ministres en cinq ans de mandat. Autant dire qu'il ne sait pas, exactement, où il va. Pourtant, même s'il est considéré comme n'étant pas la personne qu'il faut pour résoudre la crise, la France pense que le président IBK sera réélu. Les Nations-Unies, quant à elles, le soutiennent, sinon, le secrétaire général, Antonio Guterres, aurait attendu que la présidentielle prévue fin juillet, se tienne, avant de courir rencontrer ses casques bleus de la MINUSMA. Et si la journée internationale des Casques bleus n'était qu'un prétexte ?

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, est arrivé, mardi, 29 mai, à Bamako, pour passer la Journée internationale des Casques bleus aux côtés de la Mission de l'ONU au Mali, la plus périlleuse des opérations actuelles des Nations-Unies.

Accueilli au pavillon présidentiel de l'aéroport par le président malien, lui-même, Antonio Guterres s'est, ensuite, rendu à la base de la MINUSMA, pour une cérémonie d'hommage aux Casques bleus tombés en 2017 (notre photo où les deux amis ne cachent pas le joie de se retrouver ensemble).

"C'est un honneur pour moi de passer la Journée des casques bleus avec les hommes et femmes courageux qui servent dans notre mission au Mali, la plus meurtrière pour nous l'année dernière. A leurs risques et périls, ils sauvent des vies au service de la paix", a-t-il déclaré peu après son arrivée dans la capitale malienne.

"Pour la quatrième année consécutive, la mission de maintien de la paix au Mali a subi en 2017 la plus grande perte en vies humaines, avec 21 Casques bleus et sept civils tués", avait indiqué la semaine dernière l'ONU.

Déployée en 2013, la MINUSMA, qui compte, environ, 12.500 militaires et policiers, est, actuellement, la mission de maintien de la paix de l'ONU la plus coûteuse en vies humaines.

Elle a perdu plus de 160 Casques bleus, dont 102 dans des actes hostiles, soit, plus de la moitié des soldats de l'ONU tués sur cette période dans le monde.

Antonio Guterres est accompagné, dans cette visite de deux jours, à Bamako, et en province, par ses secrétaires généraux-adjoints aux opérations de maintien de la paix et au soutien logistique, respectivement, Jean-Pierre Lacroix et Atul Khare, ainsi que, par la directrice de l'UNICEF, Henrietta Fore.

Lors de cette "visite de solidarité", qui intervient pendant le mois de Ramadan, le secrétaire général observera, lui-même, le jeûne, selon l'ONU.

Le Nord du Mali était tombé, en mars-avril 2012, sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda, en grande partie, chassés ou dispersés par une intervention militaire lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, qui se poursuit actuellement.

Mais, des zones entières échappent au contrôle des forces maliennes, françaises et de l'ONU, régulièrement, visées par des attaques meurtrières, malgré la signature en mai-juin 2015 d'un accord de paix, censé isoler, définitivement, les djihadistes.

Depuis 2015, ces attaques se sont étendues dans le Centre et le Sud du Mali et le phénomène déborde sur les pays voisins, en particulier, le Burkina Faso et le Niger.

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