PRESIDENTIELLE MALIENNE : Soumaïla Cissé sera-t-il le Alpha Condé du Mali ?

Sauf cas de force majeure qui a défié toutes les lois de la physique, le chef de l'opposition, Soumaïla Cissé, le restera, pendant les cinq prochaines années. Car avec 18% obtenus au premier tour, il y a de fortes chances qu'il ne rattrape pas son retard comme Alpha Condé, lors du deuxième tour qui l'opposa, en Guinée, à Celou Dalein Diallo en 2010. Après avoir obtenu un peu plus de 20,67% au premier tour contre plus de 39,72% pour Celou Dalein Diallo, Alpha Condé réussit l'exploit de gagner le deuxième tour avec 52,52% alors que les deuxième et troisième candidats de cette élection avaient appelé à voter Celou Dalein Diallo.
L'histoire va-t-elle se répéter au Mali ? Que non ! Ibrahim Boubacar Keita (IBK pour les intimes) est (contrairement à Celou Dalein Diallo) le président sortant, qui gère la machine électorale et contrôle l'administration. Quand ses partisans annonçaient une victoire de leur candidat dès le premier tour, ils n'étaient pas loin de la vérité. Le deuxième tour, sauf retournement de situation, sera, largement, à son avantage. Ceux qui, en France, ne voulaient plus voir IBK au Palais de Koulouba, doivent revoir leurs petites fiches : ils se le « taperont » pendant un nouveau quinquennat bien rempli.

Cela dit, pas du tout découragé outre mesure, Soumaïla Cissé, a appelé, vendredi, 4 août, les candidats battus à former autour de lui un "large front démocratique" contre le président sortant Ibrahim Boubacar Keïta.

Crédité de 17,8%, contre 41,42% pour IBK, Soumaïla Cissé a dénoncé devant quelques centaines de militants réunis devant son QG en milieu de journées les résultats du premier tour du 29 juillet annoncés jeudi soir, qu'il a qualifiés de "ni sincères, ni crédibles".

"Ce sont les résultats de la fraude, d'un bourrage des urnes honteux en faveur du président de la République sortant, ce sont des résultats manipulés. Nous ne les accepterons pas !", a lancé l'ancien ministre des Finances, alors que débute la campagne pour le second tour du 12 août.

Soumaïla Cissé a lancé un appel aux 22 candidats éliminés pour qu'ils constituent autour de lui un "large front démocratique contre la fraude et pour l'alternance".

Estimant que "le camp du changement est désormais majoritaire", celui qui avait été largement battu en 2013 par Ibrahim Boubacar Keïta, a jugé, cette fois, la victoire "à portée de main" si l'opposition "se rassemble".

Il ne pourra pas compter sur les quelque 11.600 voix (0,36%) de la seule femme candidate, Djénéba N'Diaye, qui a annoncé son ralliement au président sortant.

Devant ses militants, Soumaïla Cissé a, aussi, soutenu la radio privée, Renouveau FM, fermée, jeudi, 2 août, par le gouverneur de Bamako en raison d'une virulente chronique de son animateur vedette, l'activiste contestataire, Ras Bath, l'un des principaux partisans du chef de file de l'opposition.

"L'ostracisme au niveau de l'ORTM (la télévision publique), vous le savez. Maintenant, c'est le secteur privé qui est touché. Cela montre ce que pourrait être un deuxième mandat. Que Dieu nous en garde", a-t-il dit.

Sera-t-il entendu par le père céleste ?

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