PRESIDENTIELLE RDCONGOLAISE : L'impossible coalition contre le candidat du pouvoir

Six responsables de l'opposition congolaise, dont deux candidats à la présidentielle, Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe, ont appelé, ensemble, mercredi, 12 septembre, le régime du président, Joseph Kabila, à respecter la loi électorale, sous peine d'entraîner le "chaos" dans le pays. Le calme observé par Kinshasa est déconcertant. Après avoir été pressé, par la communauté internationale, d'organiser la présidentielle, Joseph Kabila surnommé le « boulanger de Kinshasa » pour sa capacité à rouler ses adversaires dans la farine, déploie une stratégie qui laisse penser que le pouvoir va rester à son candidat, même si, numériquement, on peut penser que l'opposition est, largement, majoritaire dans le pays. Comment faire à ce que la majorité des populations qui soutiennent l'opposition se transforme en majorité électorale le jour du vote ? Réunis, à Bruxelles, mercredi, 12 septembre, les principaux candidats de l'opposition ne prennent pas le chemin de l'unité et du candidat unique, ce qui est à l'avantage du « boulanger de Kinshasa ».

L'appel a été lancé de Bruxelles par ces deux candidats, dans une déclaration commune, également, cosignée, devant la presse, par Jean-Pierre Bemba, Moïse Katumbi, Adolphe Muzito et Antipas Mbusa.

A l'approche de l'élection présidentielle du 23 décembre, tous réclament, notamment, le rejet de la machine à voter "imposée par la CENI (Commission électorale nationale indépendante) en violation de la loi électorale", ainsi que, le "nettoyage du fichier électoral" de tous les électeurs non identifiés par des empreintes digitales, soit environ, 10 millions de personnes, selon eux.

Les dirigeants de l'opposition exigent, aussi, "la participation effective des candidats exclus ou invalidés pour des raisons politiques", plaidant pour des élections "inclusives" et que la Mission de l'ONU au Congo (MONUSCO) puisse être associée à l'organisation logistique du scrutin.

Neuf "préalables" au total sont posés et "faute de (les) respecter, la CENI et le gouvernement seront tenus responsables du chaos et des conséquences auxquelles conduira l'organisation d'une parodie d'élection", avertit le texte distribué à la presse.

"Nous sommes en train de rappeler tout simplement au gouvernement, au pouvoir actuel et à la CENI de rester dans le cadre de ce qu'on a convenu", a, ensuite, déclaré Vital Kamerhe, qui fut président de l'Assemblée nationale de RDC entre 2007 et 2010.

Il a demandé le respect de l'accord de la Saint-Sylvestre (2016) "signé et accepté par tout le monde". "Faire autrement c'est une tentative de tricherie que nous dénonçons à haute voix".

Plusieurs dossiers de candidature à la présidentielle ont été rejetés, dont ceux de Jean-Pierre Bemba, l'ex-chef de guerre acquitté, en juin, par la Cour pénale internationale, et d'Adolphe Muzito, ancien premier ministre, issu du Parti lumumbiste unifié (PALU).

De son côté, Moïse Katumbi, ex-gouverneur du Katanga, qui vit en exil, a été empêché de rentrer dans son pays pour se porter candidat, alors qu'une coalition "Ensemble pour le changement" le soutient.

Sont recensés, au total, 21 dossiers de candidatures à la présidentielle. La liste définitive sera rendue publique, le 19 septembre, conformément, au calendrier électoral publié par la CENI.

Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, élu en 2006, et réélu dans la contestation en 2011, est écarté de la course à la présidentielle après avoir accompli ses deux mandats constitutionnels. C'est son ex-ministre de l'Intérieur, Emmanuel Ramazani Shadary, qui a été désigné comme "dauphin".

Selon certaines sources, Joseph Kabila, souhaiterait tout mettre en œuvre pour que son poulain gagne cette élection présidentielle. A cela, une raison simple : il aurait convenu avec lui de revenir au pouvoir dans cinq ans, comme l'a fait le président russe, Vladimir Poutine.

Il n'y a pas de raison que son plan ne connaisse pas un succès, l'union de l'opposition en vue du choix d'un candidat unique s'avérant, quasiment, impossible. A cause des ego surdimensionnés des uns et des autres. Kabila surfe dessus avec un certain succès.

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