PRESIDENTIELLE RDCONGOLAISE : Le président Joseph Kabila jette le trouble dans les esprits

S'agit-il du principe qui consiste à dire : « J'y suis j'y reste » ? Le président rdcongolais, Joseph Kabila, restera le chef de la Majorité présidentielle en cas de victoire de sa coalition politique aux élections du 23 décembre 2018. Telle est, en substance, la déclaration, ce lundi, 28 mai, du porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, alors qu'une partie de l'opposition accuse le chef de l'Etat de vouloir rester au pouvoir.

"Il est le chef de la Majorité présidentielle. Lorsque nous irons aux élections, il sera le chef de la Majorité présidentielle. Et puisque nous avons l'intention de gagner, après les élections, Joseph Kabila sera le chef de la Majorité présidentielle", a déclaré Lambert Mende en conférence de presse.

"Il n'y a rien d'anti-constitutionnel à cela", a-t-il insisté.

Joseph Kabila aurait dû quitter le pouvoir après la fin de son deuxième et dernier mandat, le 20 décembre 2016, selon la constitution qui autorise le président à rester en poste jusqu'à l'installation d'un successeur élu.

Non organisées fin 2016, prévues fin 2017, les élections ont été reportées au 23 décembre 2018. Les dates du calendrier électoral sont, pour l'instant, respectées.

Mais, à l'approche du dépôt des candidatures (25 juillet-8 août), certains propos de hauts dignitaires de la Majorité présidentielle, sèment le trouble.

"Kabila est et restera président" a déclaré, début mai, le secrétaire permanent du PPRD au pouvoir, Emmanuel Ramazani Shadary. "Notre candidat Joseph Kabila", proclamaient, récemment, des affiches placardées par des proches du PPRD.

Les réseaux sociaux bruissent de la thèse d'un juriste selon laquelle le président Kabila, élu en 2006, n'a fait qu'un mandat de cinq ans selon l'actuelle constitution en raison de sa révision partielle en 2011 qui a, selon lui, ramené le compteur à zéro. Une lecture qui n'est pas sans rappeler celle qui vient de permettre au président du Burundi, Pierre Nkurunziza, d'organiser un référendum qui lui donne la possibilité de s'incruster au pouvoir, après avoir forcé un troisième mandat que lui interdisaient les Accords d'Arusha et la constitution de l'époque (notre photo montrant un entretien cordial entre le Burundais Pierre Nkurunziza et le RDCongolais Joseph Kabila).

"Je ne sais même pas si cela vaut la peine de débattre de la question", a, cependant, déclaré le porte-parole du gouvernement interrogé sur l'hypothèse d'un troisième mandat. "Je n'ai pas été informé d'un projet de réformer la constitution de la RDC. Tout se passe en RDC conformément à la constitution de la RDC".

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