PRESIDENTIELLE SENEGALAISE : Karim Wade candidat du PDS empêché de faire acte de candidature

L'ancien président du Sénégal, Abdoulaye Wade, est dans tous ses états, depuis que la direction générale des élections (qui dépend du ministère de l'Intérieur) a refusé l'inscription du nom du candidat du PDS à la présidentielle, Karim Wade (fils d'Abdoulaye Wade), sur les listes électorales, ce qui est synonyme de rejet pur et simple de sa candidature, au regard de la législation en vigueur. Au PDS, on soupçonne un coup fourré du président, Macky Sall, qui redoutait un affrontement électoral avec le fils de l'ancien président. Mais, on ne l'entend pas de cette oreille. Les avocats proches d'Abdoulaye Wade, sous la direction de son ancien chef de la diplomatie, Me Madické Niang, organisent la riposte qui va être à la fois judiciaire et politique. La présidentielle sénégalaise prévue en février 2019, risque de commencer plusieurs mois avant l'heure.

Karim Wade, qui vit en exil au Qatar, voit, ainsi, son rêve présidentiel menacé. Et le refus de la direction générale des élections fait grand bruit au Sénégal. De son côté, l’instance électorale explique sa décision par la simple application de l’article L31 du code électoral. Article selon lequel toute personne ayant fait l’objet d’une peine d’emprisonnement de cinq ans ou plus, ne peut, en aucun cas, s’inscrire sur une liste électorale.

Pour rappel, c’est en mars 2015 que Karim Wade (qui aura 50 ans le 1er septembre prochain) se voyait condamné par la Cour de répression à six ans d’emprisonnement ferme. La sentence, doublée d’une amende d’au moins 200 millions d’euros, avait fait jaser des millions de Sénégalais. Le fils de l’ancien président était accusé d’enrichissement illicite. Finalement, la grâce accordée en juin 2016 par le président, Macky Sall, a permis à Karim Wade de quitter la prison.

Le PDS se met en ordre de bataille. Le parti ne va pas se laisser faire et c'est le genre de bataille qu'Abdoulaye Wade malgré ses 92 ans affectionne. Le PDS aura quinze jours pour contester cette décision. La démarche peut se faire au consul du Koweït, là même où Karim Wade a déposé sa candidature pour s’inscrire sur la liste électorale. La bataille judiciaire se fera sous la direction de Me Madické Niang, avocat bien connu au Sénégal, proche d'Abdoulaye Wade, et qui avait occupé le poste de ministre des Affaires étrangères jusqu'à la défaite de ce dernier à la présidentielle de mars 2012.

Cela dit, le dernier mot reviendra à la Cour suprême, qui décidera si oui ou non l’unique candidat du PDS pourra être présidentiable. En cas de refus de la plus haute instance judiciaire du Sénégal, il ne restera plus que l’amnistie à Karim Wade. Du moins, c’est ce que pensent certains observateurs de la scène politique sénégalaise.

Dans ce cas de figure, le fils d’Abdoulaye Wade pourrait recouvrer ses droits civiques et retourner dans la course au fauteuil suprême. Autrement dit, la candidature de Karim Wade repose sur le bon vouloir de l'actuel président du Sénégal, Macky Sall, qui pour l'heure, n'a pas, encore, réagi.

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