PRIMAIRES SOCIALISTES : Les Congolais vont-ils avoir la tête de Manuel Valls ?

Compliquées. C'est bien le mot qui convient pour qualifier les chances de Manuel Valls de l'emporter au second tour de la primaire de la gauche. L'ex-chef du gouvernement de François Hollande n'a obtenu que la deuxième place, dimanche, 22 janvier, à l'issue du premier tour. Avec plus de 31% des suffrages, il devance certes (et élimine) Arnaud Montebourg, mais, arrive derrière Benoît Hamon et ses 36%. Devant ses partisans, Manuel Valls a tenté de faire bonne figure, se disant "heureux de [se] retrouver face à Benoît Hamon". Mais, à moins de créer une grosse surprise durant cette dernière semaine de campagne éclair, l'ancien premier ministre et ami de Denis Sassou-Nguesso (notre photo où les deux hommes s'embrassent à Paris en 2015), voit s'éloigner ses chances de remporter la primaire.

Parce que la dynamique est du côté de Benoît Hamon

Les soutiens de Benoît Hamon en sont persuadés : l'ancien ministre de l'Education a le vent en poupe. "Rien n'est gagné mais la dynamique est clairement de notre côté", soutient Régis Juanico, député de la Loire et porte-parole de Benoît Hamon. Même les proches de Montebourg le reconnaissent. "Il s'est passé quelque chose lors de 'L'Emission politique' de France 2, les gens l'ont découvert", explique, par exemple, le député, Laurent Baumel, un autre frontiste, qui admet que certaines idées de Hamon étaient plus novatrices. Le député des Yvelines a, notamment, frappé les esprits avec son idée de revenu universel. Celui qui se rêvait en "François Fillon de la primaire de gauche" pourrait, donc, réussir son pari, au détriment de Manuel Valls, accusé, notamment, par les Congolais de la diaspora d'avoir soutenu, Sassou-Nguesso, lors de la modification controversée de la constitution, qui lui avait permis, par la suite, de se représenter, en mars 2016, à l'élection présidentielle qu'il avait (haut la main) gagnée avec 60% des voix, alors que les organes de décompte de l'opposition, ne lui attribuaient que 8% des voix, soit, le 4e selon l'ordre des candidats en présence. Manuel Valls dont l'orchestre de sa femme est sponsorisé par le dictateur de Brazzaville (un comble), fait l'objet de contre-publicité (active) des Congolais de la diaspora, dans le métro et les RER, pendant les moments de grande affluence. Il est, visiblement, la cible des Congolais qui ont, d'ailleurs, demandé aux autres Africains de la diaspora détenteurs de la nationalité française de tout faire pour faire battre Manuel Valls pendant cette primaire socialiste.

Parce que le second tour risque de tourner au "tout sauf Valls"

"Le second tour risque de tourner en un référendum anti-Valls", observe encore Régis Juanico, soutien de Benoît Hamon. Depuis le début de la campagne, l’ancien premier ministre joue l’équilibriste entre la défense du bilan et la nécessité de porter un nouveau projet. "Le problème de Valls, c'est d'être un candidat de droite dans une primaire de gauche, et il porte un bilan dont personne ne veut", ironisait le camp Montebourg avant le premier tour.

La popularité de Manuel Valls reste, ainsi, pénalisée par son expérience à la tête du gouvernement, comme le prouve le hashtag #TSV, autrement dit "Tout sauf Valls", largement relayé sur les réseaux sociaux. 
Parce qu'il est difficile de se refaire une image en une semaine

Manuel Valls a, donc, bien du mal à se défaire du quinquennat Hollande. S'il a tenté d'infléchir son programme à gauche, les revirements de l'ex-premier ministre ont irrité les électeurs. Sa volonté de supprimer le 49.3, lui qui y a recouru à six reprises lors de son passage à Matignon, a, particulièrement, marqué les esprits. "Si Valls renie Valls, il tombe dans le pot commun et ça lui injecte un soupçon d'insincérité", affirmait un soutien de l'ex-premier ministre. 

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