RDCONGO : L'épiscopat contre un troisième mandat de Joseph Kabila

L'épiscopat congolais a mis en garde, jeudi, 24 mai, contre des appels en faveur d'un troisième mandat du président, Joseph Kabila, en République démocratique du Congo (RDC), estimant que cette éventualité conduirait à l'"embrassement" de ce pays qui a connu deux guerres, ces deux dernières décennies. Il faut dire qu'il existe des jouisseurs dans l'équipe en place qui n'entendent pas laisser leurs privilèges et qui oeuvrent pour que l'élection présidentielle n'ait pas lieu fin décembre prochain et que la transition se poursuive. Ou que Joseph Kabila puisse, aussi, se présenter à cette élection.

"Ces propos, motivés par les intérêts de leurs auteurs et non du chef de l’Etat qui ne gagnera pas à être responsable de l’embrasement du pays, doivent être déconseillés", a déclaré le secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), l'abbé, Donatien Nshole, lors d'une conférence de presse à Kinshasa.

Ce genre de déclarations peuvent "déboucher sur des situations de violence préjudiciables pour la paix et la stabilité de la RDC et de toute la sous-région", a-t-il ajouté.

Des affiches, récemment, déployées par des partisans du parti au pouvoir à Kinshasa présentant Joseph Kabila comme "candidat", sont au cœur d'une polémique en RDC, où société civile et opposition dénoncent une "stratégie dangereuse" (notre photo).

"Notre candidat Joseph Kabila", peut-on lire sur une affiche signée par les Amis de Mova Sakanyi (Amos - PPRD), installée dans le marché Lalu, dans le quartier Binza Delvaux, dans l'Ouest de Kinshasa, sur une artère très fréquentée. Sur cette affiche figure une effigie du président Kabila en bouc blanc surplombant une foule.

Une autre affiche, placée juste à côté de celle du président, montre le ministre de l'Intérieur, Henri Mova Sakanyi, derrière un micro avec ce message : "L'homme de la situation difficile du pays, likofi ya Kabila" (coup de poing de Kabila, en lingala).

La CENCO juge "plus grave les déclarations de certains ténors de la Majorité présidentielle qui évoquent la possibilité d’un autre mandat" pour le président Kabila, a ajouté l'abbé Nshole.

Le deuxième et dernier mandat de Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, a pris fin en décembre 2016. La Constitution lui interdit de se représenter. La présidentielle censée élire son successeur est prévue pour le 23 décembre en même temps que les législatives nationales et provinciales.

Parlant des élections du 23 décembre, le porte-parole de la Majorité présidentielle, André-Alain Atundu, a soutenu que "le véritable enjeu, au-delà du renouvellement des animateurs des institutions, est la stabilité de l’Etat, le développement de notre économie et l'amélioration des conditions sociales de nos population".

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