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RDCONGO : Le candidat du pouvoir Ramazany Shadary explique comment il a été lâché par Joseph Kabila

Ramazany Shadary n'est pas bavard de nature. Ancien ministre de l'Intérieur, homme des dossiers, il sait garder un secret. Mais, en tant qu'être humain, il peut être exaspéré. Et il l'a été. Lors de cette élection présidentielle à laquelle il avait été désigné par le chef de l'Etat comme le candidat du pouvoir, il s'est senti trahi par son patron, celui-là là même qui l'avait convaincu d'aller au feu (les deux hommes sur notre photo). Sans état d'âme, il lâche, à son tour, Joseph Kabila, en expliquant pourquoi.

C'est Shadary qui parle : « Je n'avais pas l'idée de devenir dauphin, je pensais que ça serait  Matata (Poyo) parce que c'est lui qui avait un bon profil.  (Mais) à  2 heures de la clôture des dossiers, Monsieur Kabila m'appelle pour  que je parte déposer mon dossier, j'étais content, il m'a assuré que je serais son successeur tout en me donnant 2 Jets privés et 2 millions de dollars pour ma campagne. Je suis allé battre campagne avec incertitude parce que partout où j'allais, on ne jurait que sur le nom de Martin Fayulu. J'ai proposé de me désister en faveur de Fayulu pour l'intérêt du Congo. (Mais) il a refusé tout en me disant qu'il avait causé avec Corneil Nangaa (le président de la CENI, ndlr) sur moi. C'est pourquoi le jour du vote, j'ai assuré l'opinion nationale que je serai chef de l'Etat tout en ignorant que je traitais avec un diable. Il (Joseph Kabila) a changé d'humeur envers moi 3 jours après le vote. Il a invité Félix Tshisekedi à Kingakati, mais, ce dernier avait refusé. C'est pourquoi il a fait appel à (Vital) Kamerhe. Ce dernier lui a dit de ne s'en faire. Puis, Monsieur Kabila s'est rendu, seul, à Limeté, mais, je ne sais pas de quoi ils ont parlé. Je l'ai appelé pour lui demander comment évoluaient les choses. Il m'a répondu : 'Emmanuel, sois fort, c'est la politique. J'ai pleuré et ai été déçu par ces propos de l'homme qui disait m'aimer'.

Je demande à Félix (Tshisekedi) d'être sage et d'éviter les flatteurs, je connais le FCC, je demande à Fayulu de se maîtriser car on est en train de préparer un poison pour lui. Ma déception est grande. Je suis totalement déçu mais ce n'est pas la fin du monde ».

C'est ce jeudi, 24 janvier, que le président élu, Félix Tshisekedi, prête serment devant la Cour constitutionnelle, au Palais de la présidence de la République, pour prendre les commandes du pays.

Commentaires

Ku Ibiti (non vérifié)
Eh bien dis-donc!! Quel scoop!!

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