RDCONGO : Pour Emmanuel Macron et Joao Lourenço, Joseph Kabila doit quitter le pouvoir fin décembre 2018

Les présidents français et angolais, Emmanuel Macron et Joao Lourenço, ont, tous deux, réaffirmé leur soutien aux accords qui prévoient la tenue d'élections en République démocratique du Congo (RDC) le 23 décembre, sans participation de l'actuel président Joseph Kabila. C'est, exactement, la même chose que demandent l'épiscopat rdcongolais, l'opposition et la société civile de ce pays, mais aussi, l'Union africaine et le Conseil de sécurité des Nations-Unies. Après avoir refusé de quitter le pouvoir au terme de son deuxième et dernier mandat qui prenait fin en décembre 2016, Joseph Kabila continue de jouer la montre en mettant les RDCongolais sur les nerfs dans un pays qui est considéré comme un baril de poudres dans la mesure où le moindre faux pas peut provoquer l'irréparable. Et si une telle situation survenait, Joseph Kabila se donnerait des raisons de rester au pouvoir et modifier la constitution, comme il le souhaite, secrètement, ainsi que, ses comparses avec lesquels il dirige le pays d'une main de fer.

"Nous partageons les mêmes préoccupations et les mêmes volontés. La France viendra en soutien des initiatives des pays de la région et de l'Union africaine qui est de faire appliquer les accords (de la Saint-Sylvestre 2017)", a déclaré le président français devant la presse.

"Seuls (ces accords) permettront une clarification de la situation politique, sans complaisance, dans le calme. Je voudrais que les réunions des prochaines semaines permettent d'aboutir à un résultat clair", a dit Emmanuel Macron.

"Les déclarations d'Emmanuel Macron ne sont pas anormales, les discussions entre les présidents (rwandais Paul) Kagame et Lourenço ne sont pas un secret", a commenté, de son côté, le président angolais, en allusion aux récentes demandes d'explications de Kinshasa.

"Le sujet que nous traitons n'est pas une conspiration mais le grand besoin de montrer au président Kabila qu'il doit respecter les accords. Je rencontrerai le président Kabila dans les prochains jours pour continuer à discuter avec lui jusqu'aux élections", a affirmé Joao Lourenço.

Ces accords "ont reçu la bénédiction de l'Eglise. Tout ce qui est béni doit être respecté", a ajouté le président, Joao Lourenço.

De plus, "les élections doivent avoir lieu dans un bon climat politique et être acceptées par la communauté internationale. Des élections, en enfer on peut les faire, demain même, mais si personne ne les reconnaît, on ne gagne rien", a-t-il averti.

"Pour le président Kabila c'est un conseil et pas une obligation. S'il n’accepte pas nos conseils, nous n'avons pas de moyen de faire pression sur lui d'une autre manière. Nous ne voulons pas qu'après le mois de décembre, on commence à dire que les élections se sont réalisées dans des conditions pas satisfaisantes", a ajouté M. Lourenço.

Lundi, 28 mai, la RDC a, publiquement, demandé des explications au président français, le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, dénonçant les "propos subliminaux et disons-le pleins d'ambiguïté tenus le 23 mai par le président français" en recevant le président rwandais, Paul Kagame.

"Les autorités congolaises sentent la pression car pour la première fois les pays de la région, les pays européens et américain qui comptent sont sur une position commune", a commenté l'Elysée (notre photo de la rencontre entre Emmanuel Macron et Joao Lourenço à l'Elysée lundi 28 mai).

Non organisées fin 2016, prévues fin 2017, les élections ont été reportées au 23 décembre 2018.

En RDC, le porte-parole du gouvernement a déclaré que Joseph Kabila resterait le chef de la majorité présidentielle en cas de victoire de sa coalition le 23 décembre. Une partie de l'opposition accuse le chef de l'Etat de vouloir rester au pouvoir. Joseph Kabila ne dit pas, explicitement, ce qu'il compte faire fin décembre 2018. Ce sont les autres qui parlent à sa place.

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