RECONCILIATION AU TOGO  : Deux milliards de F CFA pour lancer la phase des réparations

La cérémonie a été présidée par le premier ministre, Komi Selom Klassou, représentant le chef de l'Etat, Faure Gnassingbé. Dans son intervention, il a réitéré la volonté du gouvernement togolais et son engagement à doter le HCRRUN (Haut-Commissariat à la réconciliation et au renforcement de l'unité nationale) des moyens nécessaires pour la réussite de sa mission.

Pour sa part, la présidente du HCRRUN, la magistrate, Awa Nana-Daboya (sur notre photo avec le président Faure Gnassingbé), a, d'abord, insisté sur le caractère symbolique des réparations qui vont être faites. Elle a appelé la population togolaise, en général, et les victimes, en particulier, à considérer le processus de justice transitionnelle dans lequel le pays s'est engagé et au nom duquel la CVJR (Commission Vérité Justice et Réconciliation) a élaboré le programme de réparation que le HCRRUN est appelé à mettre en œuvre.

« Suivant les normes de la justice transitionnelle, il existe cinq formes de réparation, à savoir, la restitution, l'indemnisation, la réadaptation, la satisfaction et les garanties de non-répétition », a indiqué Awa-Nana Daboya, en appelant les Togolais à ne pas fixer, seulement, le regard sur les indemnisations pécuniaires.

La présidente du HCRRUN a, par la suite, remercié le gouvernement togolais pour le montant des deux milliards de F CFA débloqués pour commencer les réparations, et a présenté les activités qui seront effectuées dans le cadre de cette première phase des réparations, ainsi que, l'ordre dans lequel les victimes seront prises en compte.

Les activités vont consister, dans un premier temps, à rencontrer les victimes et toute la population togolaise, dans chaque préfecture du pays, afin de les informer et d'échanger avec elle sur le processus. Il sera organisé, ensuite, en collaboration avec les confessions religieuses, des cérémonies de purification dans chaque préfecture avant l'étape des indemnisations, proprement, dites.

Cette première phase des indemnisations prendra, essentiellement, en compte une partie des victimes des violences politiques de 2005. Il s'agit, notamment, des victimes vulnérables nécessitant des prises en charge médicales et la catégorie des victimes dont le montant d'indemnisation est moins élevé. Ce sont, environ, 2.475 victimes sur les 7.057 identifiées pour cette période de 2005 et sur un total de près 22.415 victimes recensées par la CVJR sur toute la période de 1958 à 2005. En rappel, le coût total des réparations évaluées par la CVJR s'élève à 35 milliards de F CFA.
 

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