REFERENDUM EN COTE D'IVOIRE : Mission terminée pour Alassane Ouattara ?

Le président ivoirien, Alassane Ouattara, a qualifié, jeudi, 3 novembre, de "plébiscite" la victoire écrasante avec 93,42% des suffrages en faveur de la nouvelle Constitution lors du référendum de dimanche.
"42,42% de participation, 93,42% de oui (…), c'est vraiment un plébiscite", a-t-il déclaré en ouverture du conseil des ministres, estimant que "le taux de participation de 42% (était) un bon taux pour un référendum".
Alassane Ouattara n'a pas tort, le référendum pour la constitution, ne revêtant pas les mêmes enjeux que des élections présidentielle ou législatives. Sans forcer le trait, il faut, plutôt, mettre l'accent sur le pourcentage de 93,42% que sur celui de 42,42%.

L’opposition ivoirienne avait, de son côté, appelé au boycottage du scrutin. "Ce sont des chiffres manifestement truqués qui ne correspondent pas à la réalité. Nous avons tous été témoins du désert électoral (de dimanche)", a, notamment, estimé Pascal Affi N'Guessan, le président du principal parti d'opposition, le Front populaire ivoirien (FPI) fondé par l'ancien président, Laurent Gbagbo, actuellement, en prison à La Haye à cause, justement, de son refus de reconnaître sa défaite pendant la présidentielle de 2010.

La Côte d'Ivoire va, donc, entrer dans sa IIIe République, une fois les résultats du référendum validés par le Conseil constitutionnel (une formalité) et le texte promulgué par le président, ce qui devrait se faire dans les prochains jours.

Selon le pouvoir, la nouvelle Constitution, voulue par le président Ouattara, devait permettre de tourner la page d'une décennie de crise politico-militaire, notamment, en évacuant le concept d'"ivoirité", permettant de clarifier les conditions d'éligibilité du président.

Ses détracteurs avaient reproché à Alassane Ouattara, son origine burkinabè, et contesté son éligibilité (il n'avait pu se présenter que grâce à un décret). Ce concept d'"ivoirité" a miné la stabilité du pays pendant plus de dix ans.

Le projet prévoit, aussi, la création d'un poste de vice-président qui alimente les fantasmes. En outre, ce texte crée un Sénat, institutionnalise la Chambre des rois et chefs traditionnels et étend le domaine de compétence du Conseil économique et social à l'environnement. Bref, il essaie de partager le pouvoir à un plus grand nombre de dignitaires, qui, souvent, restent sans rien faire. La nouvelle constitution aura l'avantage de les occuper, de leur montrer qu'ils sont utiles à la Côte d'Ivoire.

Ultime critique avancée par ses détracteurs : la nouvelle constitution est libérale à tribord à l'image de son concepteur, Alassane Ouattara, au point qu'il permettrait à l'ancien président du Faso, Blaise Compaoré (sur notre photo avec Alassane Ouattara en 2013 à Yamoussoukro), en exil, en Côte d'Ivoire et qui venait d'acquérir la nationalité ivoirienne, par le biais de son épouse, Chantal, de briguer la présidentielle de la Côte d'Ivoire. Vrai ou faux ? Le Conseil constitutionnel devra, tôt ou tard, éclairer les Ivoiriens sur ce point.

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