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RWANDA : 19 chefs d'Etat à l'investiture de Paul Kagame

Paul Kagame n'a plus peur des qu'en dira-t-on. Voilà un candidat à une élection présidentielle multipartite qui a obtenu 99% des voix, ce que même Leonid Brejnev avec son parti communiste de l'Union soviétique, de l'époque, peinait à obtenir même en se présentant seul à l'élection. Bravo Kagame, qui a invité 19 chefs d'Etat pour l'applaudir au stade de Kigali.

Perdant une occasion pour se taire, il s'en est pris aux critiques, qui dénoncent l'absence de liberté d'expression dans son pays.

"Chaque pays africain doit faire face aux efforts destinés à nous faire vivre en des termes fixés par d'autres", a-t-il déclaré. "Ils demandent que nous remplacions des systèmes qui fonctionnent bien pour nous par des dogmes dans lesquels leurs propres peuples perdent rapidement foi."

Parmi les chefs d’Etat présents à cette cérémonie d'investiture, se trouvait le président soudanais, Omar el-Béchir, visé par deux mandats d'arrêt internationaux émis par la Cour pénale internationale (CPI) en 2009 et 2010 pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis dans la province soudanaise du Darfour. Omar el-Béchir est, néanmoins, soutenu par la grande majorité des populations africaines qui n'approuvent pas le parti pris systématique (anti-africain) de la CPI.

Le Rwanda n'est, cependant, pas signataire du Statut de Rome, traité fondateur de la CPI, et n'est à ce titre pas contraint de mettre en application les mandats d'arrêts.

Les présidents burundais, Pierre Nkurunziza, (qui entretient de très mauvaises relations avec Kagame) et congolais, Joseph Kabila (qui essaie de s'accrocher au pouvoir malgré la fin de son mandat en décembre dernier), étaient, eux, absents.

M. Kagame avait recueilli 98,79% des voix, loin devant l'indépendant, Philippe Mpayimana (0,73%), et Frank Habineza (0,48%), leader du Parti démocratique vert, le seul parti d'opposition autorisé au Rwanda.

Paul Kagame est l'homme fort du Rwanda depuis que le FPR a renversé, en juillet 1994, le gouvernement extrémiste hutu ayant déclenché un génocide, qui a fait 800.000 morts entre avril et juillet 1994, essentiellement, parmi la minorité tutsi.

Paul Kagame est crédité du spectaculaire développement, principalement, économique, d'un pays exsangue au sortir du génocide. Mais, il est, aussi, accusé de bafouer la liberté d'expression et de réprimer toute opposition.

Après le changement de statut qui l'a permis de se présenter à cette élection, Paul Kagame, du haut de ses 59 ans, peut, déjà, être considéré comme un chef d'Etat africain, candidat à la mort au pouvoir (notre photo de son investiture avec à ses côtés, le 18 août, la première dame Jeannette Kagame).

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