SAO TOME ET PRINCIPE : La Commission électorale annule le premier tour de la présidentielle

Cette décision ouvre la voie à un second tour entre Evaristo Carvalho (notre photo), candidat du premier ministre, Patrice Trovoada, et son challengeur direct, le président sortant, Manuel Pinto da Costa (indépendant), ont indiqué la Cen (Commission électorale nationale) et le Tribunal constitutionnel.

C'est une première en 25 ans de démocratie dans ce pays d'à peine 200.000 habitants : la Cen a démenti les résultats qu'elle avait annoncés dans la nuit de dimanche à lundi après le vote, et qui donnaient gagnant Evaristo Carvalho avec 50,1%.

C'est un coup de tonnerre, en Afrique centrale, région africaine, totalement, hermétique aux changements démocratiques et à l'alternance au pouvoir, à cinq semaines de la très périlleuse élection présidentielle gabonaise, où les institutions chargées de l'organiser, à savoir, la Cenap (Commission électorale nationale autonome et permanente) et la Cour constitutionnelle, jouent au tango, en refusant d'appliquer la loi et en avantageant, grossièrement, au vu et au su des Gabonais et de la communauté internationale, le candidat du pouvoir, Bongo Ondimba Ali, qui, en l'espace de sept ans, a réussi l'exploit de produire cinq actes de naissance différents. Une situation potentiellement explosive qui risque de précipiter la guerre au Gabon.

Pour revenir à Sao Tomé et Principe, M. Carvalho avait, au départ, obtenu 34.629 voix, devançant le président sortant, Manuel Pinto da Costa (24,8%, 17.121 voix) et Maria das Neves (24,1%, 16.638).
La Cen évoque une "modification de ces résultats provisoires", en raison des procès-verbaux des bureaux de vote de la diaspora (Portugal, Angola, Gabon, Guinée équatoriale) et d'un vote différé mercredi dans la localité de Maria Luisa.

"Aucun candidat n'a réussi à obtenir plus de la moitié des voix valablement exprimés", ce qui ouvre "l'hypothèse d'un second tour", poursuit la Cen, qui s'en remet au Tribunal constitutionnel pour les résultats définitifs.

Le Tribunal constitutionnel évoque, également, un second tour entre MM. Carvalho et Pinto da Costa, sans préciser de date.

"Que vergonha !" (quelle honte !), ont réagi plusieurs internautes sur le site du journal numérique Telanon.info, principale source d'informations dans l'archipel, demandant la démission du président de la Cen.

La victoire de M. Carvalho avait été contestée par Manuel Pinto da Costa et Maria das Neves, soutenue par l'historique Mouvement pour la libération de Sao Tomé et Principe (MLSTP), avec un recours conjoint devant le Tribunal constitutionnel.

MM. Trovoada, vainqueur des législatives, en 2014, et Carvalho avaient célébré, dès lundi soir, leur victoire devant des milliers de personnes. Leurs adversaires dénonçaient, déjà, une concentration des pouvoirs entre les mains de leur parti, l'Action démocratique indépendante (Adi, Centre-Droit).

Investi d'un mandat de cinq ans, le président arbitre mais ne gouverne pas dans cette ancienne colonie portugaise, laissant la réalité du pouvoir au chef du gouvernement.

Le développement est l'enjeu majeur de ce petit archipel qui dépend à 90% de l'aide internationale.

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