SOMMET DE L'UNION AFRICAINE DE KIGALI : Omar el Béchir est le « bienvenu » dit Kagamé

Aux côtés des « libérateurs » de l'Afrique comme l'Ougandais, Yoweri Museveni, le Sud-Africain, Jacob Zuma, le Zimbabwéen, Robert Mugabé, l'Equato-Guinéen, Teodoro Obiang Nguéma Mbasogo, le Kenyan, Uhuru Kenyatta, le Rwandais, Paul Kagame, est, aussi, partisan d'une rupture totale de la relation qui lie la CPI (Cour pénale internationale) et les pays africains signataires du Statut de Rome, celui-là même qui régit la CPI. La rupture avec la CPI est un sujet à l'ordre du jour du 27e Sommet des chefs d'Etat. Ce serait, donc, marquant que le président, Omar el Béchir, du Soudan, participe, lui-même, aux travaux au moment où ce sujet fera l'objet de débats entre chefs d'Etat. En tout cas, Paul Kagamé lui a adressé une invitation en bonne et due forme et tenu à préciser qu'il ne sera jamais inquiété, s'il venait au Rwanda. Voilà qui est clair et qui va faire dresser la crinière de la procureur de la CPI, Fatou Bensouda.

Le Rwanda n'a pas ratifié le Statut de Rome, traité fondateur de la CPI, et n'a donc "aucune obligation", ni "aucun droit" d'arrêter le président Béchir, a affirmé, de son côté, la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, lors d'un point presse, à Kigali, en marge des réunions préparatoires au Sommet.

Elle a qualifié de "distraction" la demande adressée, il y a "deux jours" (mardi 12 juillet), à son gouvernement, par la CPI, lui demandant de l'aider à arrêter M. Béchir (sur notre photo avec le président congolais Denis Sassou Nguesso, un autre client potentiel de la CPI).

"Le Rwanda est l'hôte des dirigeants africains invités par l'Union africaine", a déclaré la ministre. "Sans équivoque, quiconque invité par l'Union africaine et qui sera, là, à Kigali, sera bienvenu et sera sous la protection de ce pays".

Deux mandats d'arrêt ont été lancés par la CPI contre le président soudanais, en 2009, pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité et, en 2010, pour génocide, les deux en lien avec le Darfour, région de l'Ouest en proie aux violences depuis 2003. Plus de 300.000 personnes sont mortes dans ce conflit selon l'ONU.

Il continue, toutefois, de voyager dans de nombreux pays, dont certains sont signataires du Statut de Rome. En juin 2015, le gouvernement sud-africain n'avait pas arrêté le président Béchir alors qu'il participait, dans ce pays, à un Sommet de l'UA, provoquant une vive polémique. Mais, par la suite, Zuma a eu fort à faire avec la (très indépendante) justice sud-africaine. Il n'est plus prêt de récidiver.

Selon Louise Mushikiwabo (dont le président Paul Kagamé est, aussi, un potentiel client de la CPI à cause du missile sol air qui pulvérisa le Falcon 50 à bord duquel se trouvaient les présidents rwandais et burundais, acte qui déclencha le génocide de 1994), la question d'un éventuel retrait des pays africains membres de la CPI est au menu des discussions du 27e Sommet de l'UA. L'organisation accuse la Cour de viser, injustement, ses dirigeants car l'écrasante majorité de ses enquêtes concerne des pays africains.

Il faut, cependant, ajouter que la majorité des crimes contre l'humanité, crimes de guerre et autres faits imprescriptibles se déroulent en Afrique. Et que les Africains qui croupissent à la CPI ne peuvent pas dire qu'ils sont là alors qu'ils n'ont rien fait. Le problème ne devrait donc pas être déplacé. D'autre part, l'UA, pour être crédible, devrait disposer d'une justice de rechange en Afrique si elle récuse la CPI, sinon, ce serait encourager l'impunité, ce qui est intolérable. Autant dire que le débat est plein d'intérêt mais, en attendant que l'UA apporte des solutions crédibles à cette question, la CPI reste un mal nécessaire.

"Beaucoup de pays pensent que la CPI devient très politisée", soutient la ministre. C'est vrai, mais sauf à être le roi Salomon, la justice l'a toujours été, de tous les temps.

Mardi, 12 juillet, la CPI avait jugé que l'Ouganda et Djibouti, tous deux, membres de la CPI, avaient manqué à leur obligation d'arrêter Omar el-Béchir alors qu'il était présent sur leur territoire, et avait, donc, décidé d'en référer à l'ONU (Conseil de sécurité) pour "défaut d'exécution".

Commentaires

BOUANDZOBO PELE (non vérifié)
Je pense que si les dirigeants africain veulent sortir de la C.P.I il faut aussi penser a creer une organe africain

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