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SOMMET DE LUANDA : La magistrale leçon de chose du président Joseph Kabila aux dictateurs africains

L'Angola dont le président, Joao Lourenço, assiste, rarement, aux Sommets organisés dans d'autres pays, a invité, au moins, cinq chefs d'Etat, à Luanda, pour discuter d'un ordre du jour qui avait trait à la République démocratique du Congo (RDC), au Soudan du Sud, entre autres. Sur les cinq chefs d'Etat attendus, au moins, seuls le Gabonais, Ali Bongo Ondimba et le Congolais, Denis Sassou-Nguesso, ont effectué le déplacement de Luanda. Les principaux concernés, à savoir, le RDCongolais, Joseph Kabila, et le Soudanais du Sud, Salva Kiir, ont brillé par leur absence, tout comme, les deux parrains de la sous-région, l'Ougandais, Yoweri Museveni et le Rwandais, Paul Kagame, qui préside, actuellement, l'Union africaine (UA) dont le président, le Tchadien, Moussa Faki Mahamat, s'est fait représenter par son conseiller, le Mauritanien, Ould Lebatt. Non seulement, l'utilité de ce Sommet était à démontrer, mais, le président, Joseph Kabila, qui a accepté de quitter le pouvoir sans modifier la constitution, comme certains de ses voisins, a eu raison de ne pas venir se faire applaudir par les fossoyeurs de la démocratie africaine.

Comme il fallait partir de Luanda après avoir dit quelque chose, les pays présents à ce Mini-Sommet régional ont félicité, dans une Déclaration commune, mardi, 14 août, le président, Joseph Kabila, pour avoir "respecté la Constitution" en ne se représentant pas à la présidentielle du 23 décembre dans son pays. Mais chose curieuse, parmi les présidents ayant félicité Joseph Kabila, figure, le dictateur, Denis Sassou-Nguesso, qui avait, justement, essayé de convaincre Joseph Kabila de faire comme lui, en se maintenant au pouvoir, malgré la limitation à deux mandats que venait de terminer Kabila. Ce dernier a bien essayé de suivre son conseil sauf qu'il avait plus fort que lui en face. En effet, ne pouvant affronter l'énorme pression de la communauté internationale, des Américains (dont l'ambassadrice aux Nations-Unies Nikki Haley s'est déplacée spécialement à Kinshasa pour demander à Kabila de quitter le pouvoir comme le lui intimait la constitution), et de son opposition nationale que soutient l'église catholique, Joseph Kabila a dû plier l'échine au grand désarroi de son mentor Sassou. Notons cependant que le président du Congo-Brazzaville a réussi sur deux autres tableaux : d'une part, ses conseils au président burundais, Pierre Nkurunziza, ont bien payé puisqu'il a conservé son pouvoir, bien qu'isolé à Bujumbura qu'il quitte, rarement, et d'autre part, Paul Kagame, qui malgré les contestations nationales et internationales, a réussi à modifier la constitution, pour rester au pouvoir, et n'hésite pas à brandir l'argument du génocide chaque fois qu'il est accusé de piétiner les droits de l'homme au Rwanda et d'enfermer ses opposants.

"Les chefs d'Etat ont salué le fait que le président Joseph Kabila a honoré sa parole de respecter scrupuleusement la Constitution au terme de son second mandat. C'est la preuve de sa détermination à placer l'intérêt du peuple de RDC au-dessus de toute autre chose", ont écrit les chefs d'Etat.

Ceux-ci ont également salué "la signature de l'accord de paix" au Soudan du Sud et "encouragent toutes les parties à s'investir dans son application pour arriver à la paix désirée et à la réconciliation nationale".

Etaient présents au Sommet les présidents, Ali Bongo Ondimba (Gabon), Denis Sassou-Nguesso (Congo-Brazzaville) et Joao Lourenço (Angola), ainsi que, les ministres des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo (Rwanda), et Leonard She Okitundu (RDC) (notre photo). Parrain du Soudan du Sud, l'Ouganda n'a envoyé aucun représentant de haut niveau, tout comme le Soudan du Sud.

Conclusion : le tout nouveau président angolais, Joao Lourenço, doit continuer son apprentissage à la tête de l'Angola, lui qui avait manqué, deux semaines, auparavant, le Sommet sur le terrorisme et l'extrémisme violent que la CEDEAO et la CEEAC, avaient organisé, le 30 juillet, à Lomé.

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