SOMMET DE NIAMEY SUR LE TERRORISME : Mahamadou Issoufou dénonce et responsabilise les déstabilisateurs de la Libye

Les cinq chefs d'Etat membres du G5 Sahel se sont réunis, dimanche, 15 décembre, à Niamey, pour faire part de leurs condoléances à leur homologue du Niger, Mahamadou Issoufou, au lendemain du massacre de 71 soldats nigériens de la garnison d'Inatès par les les djihadistes de l'Etat islamique, mais aussi, pour élaborer d'autres stratégies plus gagnantes contre ce phénomène qui semble prendre le dessus sur les moyens mis en œuvre pour le combattre (notre photo des chefs d'Etat du G5 Sahel sauf le président mauritanien).

Le président nigérien ne s'est pas fait prier pour dire ce qu'il pense de la crise djihadiste dans le Sahel. Il a appelé au renforcement des alliances,  ce qui suppose une plus grande et effective solidarité de la Communauté internationale qu’il a appelée à l’aide, mais, une Communauté internationale qui, pour le moment, se fait prier. Sans prendre les gants, le chef de l’Etat nigérien a accusé cette dernière, et singulièrement, la France qui est un de ses éminents membres, d'être responsable en grande partie de la situation sécuritaire au Sahel depuis son intervention unilatérale et désastreuse en Libye. Mahamadou Issoufou a appelé la France et cette Communauté internationale à assumer leurs responsabilités.

Le président Issoufou a salué  la décision de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) d’accorder une aide de 100 millions de dollars à trois pays membres du G5 Sahel (Mali, Burkina Faso et Niger), tout en plaidant auprès de la CEDEAO, pour qu’elle agisse, également, de même dans le financement du Programme d’intervention prioritaire du G5 Sahel.

Il faut rappeler que c'est l'ancien président français, Nicolas Sarkozy, qui était à l'origine du déclenchement de la guerre en Libye, en 2011. Parce que feu le frère guide, Mu'ammar al Kadhafi, s'était joué de lui après lui avoir promis des contrats de près de 10 milliards de dollars, l'ancien locataire de l'Elysée s'était décidé de lui faire payer ce mensonge, en organisant avec l'OTAN, son éviction du pouvoir. Cette éviction a provoqué un grand désordre en Libye dans la mesure où les djihadistes que Kadhafi confinait de force dans ses garnisons se sont retrouvés, dehors, du jour au lendemain. Avant d'élire domicile dans le Sahel, ils s'étaient largement servis dans les entrepôts libyens qui contenaient toutes sortes d'armes sophistiquées. Aujourd'hui, avec des connections d'autres djihadistes défaits en Syrie et en Irak, qui viennent se réfugier dans le Sahel où ils retrouvent des solidarités, la donne se complique au point où l'armée française semble, complètement, dépassée par les événements. Il faut, désormais, réfléchir autrement pour faire face à l'efficacité militaire des terroristes.

Emmanuel Macron (avec ses énormes difficultés intérieures en France) n'est plus la solution au Sahel. La Turquie serait intéressée mais au regard de ses relations incestueuses avec l'Etat islamique en Syrie et en Irak, ne peut être qualifiée pour apporter un quelconque concours aux pays du G5 Sahel. Elle ajouterait des problèmes au problème déjà existant.

Reste la Russie qui, pour l'heure, serait le pays le plus crédible dans une telle perspective. Celle-ci a déjà été approchée par le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré. Moscou réserve sa réponse sans doute parce que si elle acceptait d'apporter son aide, elle poserait ses propres conditions, qui ne sont pas évidentes en présence de la Force Barkhane sur place.

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