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SOUDAN : La CPI continue de traquer le président Omar el-Béchir sans résultat

L'Union africaine (UA) a, toujours, été claire sur le sujet : la CPI (Cour pénale internationale) a son utilité en tant que juridiction internationale, mais, elle reste très sectaire dans le choix des personnes à inculper et en ce qui concerne l'enrôlement des affaires. Depuis la création de ce tribunal, il n'y a que les Africains qui y défilent. Sont-ils les seuls malfaiteurs de la terre ? Du coup, le consensus n'a pas été difficile à se dégager à l'UA pour soutenir le président soudanais Omar el-Béchir. Ce soutien a même été étendu au niveau de la Ligue arabe et de l'OCI (Organisation de la conférence islamique) où on n'est pas loin de penser qu'au niveau de la CPI, on pratique une politique du deux poids deux mesures.

La Cour pénale internationale (CPI) a estimé, lundi, 11 décembre, que la Jordanie avait "manqué à ses obligations" en n'arrêtant pas sur son sol, en mars, le président soudanais, Omar el-Béchir, poursuivi pour génocide au Darfour (Sur notre photo, le président soudanais est accueilli par le roi jordanien lors de son arrivée à Amman pour le 28e Sommet de la Ligue des Etats arabes en mars 2017).

La Cour "a décidé de référer cette non-coopération de la Jordanie devant l'Assemblée des Etats Parties au Statut de Rome (AEP)", traité fondateur de la CPI, "et au Conseil de sécurité des Nations-Unies", a-t-elle annoncé lundi dans un communiqué.

Jamais inquiété jusqu'à présent, Omar el-Béchir est visé par deux mandats d'arrêt internationaux émis par la CPI en 2009 et 2010 pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis au Darfour, province de l'Ouest du Soudan en proie depuis 2003 à une guerre civile, qui a fait 330.000 morts, selon l'ONU.

Le 29 mars, Omar el-Béchir avait assisté, librement, au Sommet de la Ligue arabe en Jordanie, Etat partie à la CPI, malgré les appels des défenseurs des droits de l'Homme à l'interpeller. Il continue de voyager dans certains pays sans être inquiété.

Fondée en 2002, la Cour ne dispose pas de force de police propre pour arrêter les suspects qu'elle recherche et repose, ainsi, sur les Etats pour l'exécution des mandats d'arrêt internationaux qu'elle publie.

En juillet, la CPI avait jugé que l'Afrique du Sud avait manqué à ses obligations en n'arrêtant pas M. Béchir à la mi-juin 2015 et en le laissant rentrer chez lui après sa participation à un sommet de l'Union africaine (UA) à Johannesburg.

Cependant, les juges avaient refusé de renvoyer l'affaire ni devant l'AEP, ni devant le Conseil de sécurité de l'ONU, qui avait saisi en 2005 la CPI au sujet de la situation au Darfour.

A la lecture du jugement, un des juges, l'Italien, Cuno Tarfusser, avait considéré cela "regrettable", critiquant vivement les Nations-Unies, qui n'ont pas pris de mesures concernant six autres cas de renvoi dans l'affaire Béchir.

La CPI avait, déjà, renvoyé, l'an dernier, le Tchad, Djibouti et l'Ouganda devant l'ONU pour ne pas avoir arrêté Omar el-Béchir sur leur territoire. Sans qu'aucune mesure ne soit prise jusqu'ici à leur encontre.

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