SOUDAN : Plus de 35 morts dans la dispersion du sit-in à Khartoum

«Plus de 35» personnes sont mortes et «des centaines» ont été blessées dans la dispersion, lundi, 3 juin, sur ordre du Conseil militaire, du sit-in devant le QG de l'armée à Khartoum, a annoncé, le lendemain, mardi, 4 juin, le Comité central des médecins soudanais. Il s'agit du dernier bilan provisoire fourni par ce groupe de professionnels proche du mouvement de contestation, qui précise dans un communiqué que de nombreux blessés sont en «soins intensifs». Donc, possibilité d'enregistrer d'autres morts.

Débuté le 6 avril pour réclamer le départ du président, Omar el-Béchir, déchu cinq jours plus tard par l'armée, un rassemblement de milliers de manifestants s'était poursuivi dans le but d'exiger du Conseil militaire, qui a pris le pouvoir de le transférer aux civils. L'opération de dispersion de lundi a été, vivement, condamnée à l'étranger, notamment, par l'ONU, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Le Conseil militaire de transition a, lui, nié avoir dispersé «par la force» le sit-in.

En réaction, le mouvement de contestation a appelé la population à se rendre dans les rues, mardi, 4 juin, pour la «prière de l'absent» (prière funèbre musulmane) et pour «manifester pacifiquement». Tôt mardi, le Conseil militaire a dit «regretter» les événements, évoquant une «opération de nettoyage» menée près du sit-in par les forces de sécurité qui a dérapé. Il a promis une enquête.

Les généraux ont, dans le même temps, annoncé l'arrêt des négociations avec l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), qui représente les manifestants, et ont appelé à des élections dans un délai de «neuf mois maximum». L'appel a été rejeté par la contestation qui a dénoncé un «putsch» (notre photo montre les barrages érigés à Khartoum par les manifestants).

Visiblement, la situation est bloquée.

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