TCHAD : Déby décrète l'état d'urgence dans l'Est après des violences dues à sa mal-gouvernance

Idriss Déby Itno, comme disent les Bantou, est né avant la honte. Après avoir, longtemps, joué au pyromane, il joue, aujourd'hui, au sapeur pompier, maintenant que le pays brûle à l'Est. En effet, il a déclaré, dimanche, 18 août, l'état d'urgence dans deux provinces de l'Est du pays et réclamé le désarmement des civils après des affrontements meurtriers entre communautés, qui ont fait des dizaines de morts ce mois août. Pourtant, il est accusé d'être le principal responsable de cette situation.

L'état d'urgence est déclaré pour trois mois dans les provinces du Sila et du Ouaddaï, à la frontière entre le Tchad et le Soudan. Des affrontements entre cultivateurs et éleveurs y ont fait plus de 50 morts, depuis le 9 août. Ce chiffre (sans doute minoré) est celui de la présidence qui ne dresse pas de bilan plus précis, question de ne pas fragiliser encore plus le pouvoir d'Idriss Déby Itno.

Depuis plusieurs dizaines d'années, la province du Ouaddaï, zone de transhumance, est en proie à des conflits entre éleveurs nomades arabes et cultivateurs autochtones ouaddaïens.

"Dès maintenant, nous allons déployer des forces militaires qui vont assurer la sécurité de la population dans la zone", a assuré dimanche le président Déby, en déplacement dans le Sila pour cette annonce. "Dès que je quitte la province de Sila, il faut désarmer tous les civils de la zone qui ont des armes entre les mains", a-t-il ordonné.

Depuis le début de l'année, ces violences intercommunautaires (attisées par Déby lui-même pour des raisons de consolidation de son pouvoir à N'Djamena) se sont multipliées et ont gagné d'autres régions du Tchad.

Selon certaines sources, c'est lui qui aurait distribué ces armes dont il demande aujourd'hui le ramassage.

Ajouter un commentaire

Les plus populaires