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TERRORISME : Le Qatar démasqué et mis à nu par Donald Trump

Voilà pourquoi on doit dire : « Merci Monsieur Donald Trump ». Car quel Africain digne de ce nom n'a-t-il pas mal vécu, dans sa chair, la déstabilisation de la Libye, avec l'odieux assassinat, en 2011, de son président, le colonel, Mu'ammar al Kadhafi ? Certes, c'est avec raison qu'on accuse l'ancien président français, Nicolas Sarkozy, dont l'activisme débordant, dans cette déstabilisation, avait permis aux Britanniques, aux Américains, à l'OTAN, et à d'autres, de s'associer à cette entreprise criminelle, malgré le ho là de l'Union africaine, qui avait opposé une fin de non recevoir catégorique à cette option des Occidentaux. Mais ce qu'on oublie, c'est que Sarkozy, au nom de ses grandes amitiés avec l'émir du Qatar, c'est-à-dire, le père de celui qui est aujourd'hui en place (voir notre photo montrant l'ancien émir du Qatar, Al-Thani et Madame lors d'une réception donnée par le couple Sarkozy en juin 2009 à l'Elysée), était, lui-même, travaillé au corps par Doha. En effet, c'est bien le Qatar qui avait, directement, financé une partie de cette intervention. C'est bien le Qatar qui avait envoyé un corps expéditionnaire de 5.000 soldats pour soutenir les rebelles locaux qui combattaient Kadhafi. C'est bien le Qatar qui alimente les organisations djihadistes comme le MUJAO, ANSAR DINE et, aujourd'hui, BOKO HARAM qui a fait allégeance à l'Etat islamique, il y a deux ans. Il y aurait beaucoup de choses à dire et à faire si cet émirat microscopique (près de 12.000 km²) dont l'influence est inversement proportionnelle à sa taille sur la carte géographique, n'était pas, paradoxalement, sous la protection des Américains.

Les critiques formulées à son endroit pour soutien au terrorisme, ne sont un secret pour personne. Mais le Qatar sait les faire taire en donnant de gros contrats à des pays occidentaux pour faire marcher leur machine économique pendant que lui-même fait marcher sa machine du terrorisme. C'est le partenariat gagnant-gagnant cher aux Chinois : on ferme les yeux jusqu'au prochain massacre fomenté par des djihadistes qu'on condamne, par la suite, du bout des lèvres dans des capitales occidentales. De cette hypocrisie, purement, occidentale, Trump, apparemment, ne veut plus. Quelle bonne décision s'il restait, durablement, ferme !

L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, l'Egypte, Bahreïn et le nouveau pouvoir du Yémen, ont rompu, ce lundi, 5 juin, avec le Qatar, accusé de "soutien au terrorisme", et pris un train de mesures visant à l'isoler :

- Rupture immédiate des relations diplomatiques avec le Qatar, ordonnant à leurs diplomates de quitter Doha dans les 48 heures. En 2014, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et Barhein, avaient rappelé leurs ambassadeurs à Doha pour protester contre le soutien du Qatar aux Frères musulmans dont l'un des grands leaders dans le monde n'est autre que le président turc, Recep Tayyip Erdogan ;

- Fermeture des espaces aériens des cinq pays aux vols de la compagnie aérienne du Qatar, suspension des liaisons aériennes et maritimes avec ce pays dans les 24 heures. Les compagnies Etihad, Fly Emirates, Egyptair et Fly Dubai des Emirats arabes unis, ont suspendu les vols sur Doha à partir de mardi matin. Qatar Airways a, pour sa part, suspendu ses liaisons avec l'Arabie saoudite, dont la compagnie nationale, Saudia, a pris une mesure similaire.

- Fermeture de la frontière terrestre de l'Arabie saoudite avec le Qatar, ce qui bloque les importations de biens par voie terrestre du Qatar à travers l'Arabie saoudite.

- Interdiction pour les ressortissants des cinq pays de se rendre au Qatar.

Il a été demandé aux ressortissants du Qatar, visiteurs ou résidents permanents dans les cinq pays, de partir dans un délai de 14 jours. Cette mesure contredit un accord sur la libre circulation au sein du Conseil de coopération du Golfe (CCG : Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman, Qatar).

Seuls les pèlerins du Qatar peuvent se rendre sur les lieux saints musulmans en Arabie saoudite.

Ces mesures tombent comme un couperet deux semaines après le Sommet de Donald Trump avec les pays arabes et musulmans tenu à Riyad. Le président américain a été très clair avec ses interlocuteurs en leur demandant de condamner le terrorisme et tous les pays qui le soutiennent, à commencer, par le régime des Mollah en Iran, ennemi numéro un de Washington dans la région. Or Téhéran et Doha entretiennent de très fortes relations et parlent le même langage terroriste et idéologique. Les ennemis de mes amis étant mes ennemis, il n'y avait pas de raison que l'exception qatarie continue de confirmer la règle au nom des gazodollars.

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