TUNISIE : Le président Essebsi ferme la frontière avec la Libye

La Tunisie a annoncé, mercredi, 25 novembre, la fermeture, pendant 15 jours, de sa frontière terrestre avec la Libye, pays livré au chaos, à la suite de l'attentat-suicide, qui a tué, mardi, 24 novembre, 14 agents de la garde présidentielle, en plein cœur de Tunis.

Le Conseil de la sécurité nationale, présidé par le chef de l'Etat, Béji Caïd Essebsi, a décidé "la fermeture de la frontière avec la Libye, pendant 15 jours, à partir de minuit, ce jour (mercredi), avec renforcement de la surveillance sur les frontières maritimes et dans les aéroports", selon un communiqué diffusé par la présidence.

Il a, également, été décidé d'"intensifier les opérations de blocage des sites (internet) en lien avec le terrorisme" et de "prendre des mesures urgentes concernant les personnes revenant des foyers de conflit dans le cadre de la loi antiterroriste", sans préciser lesquelles.

Des milliers de Tunisiens se trouvent, selon les autorités, en Irak, en Syrie et en Libye, notamment, dans les rangs de groupes extrémistes comme l'organisation Etat islamique (EI), qui a revendiqué l'attentat de mardi à Tunis. Les chiffres tablent sur plus de 3.000 Tunisiens capables de faire le djihad en Tunisie.

Pour faire face à ce danger, le Conseil de la sécurité nationale a, aussi, annoncé le recrutement de 3.000 agents supplémentaires au ministère de l'Intérieur et 3.000 autres dans l'armée en 2016. La Tunisie est aussi en train de construire une clôture de plus de 200 kilomètres sur sa frontière avec la Libye. Objectif : limiter les trafics et les infiltrations de djihadistes.

La Tunisie avait, déjà, été frappée, cette année, par deux attentats majeurs revendiqués par l'EI, qui ont fait 60 morts, au total, au musée du Bardo, à Tunis, en mars, et dans un hôtel près de Sousse, en juin.
Selon les autorités, leurs auteurs avaient été formés au maniement des armes, en Libye, où le chaos a permis l'émergence du groupe EI.

Le ministère de l'Intérieur a précisé, mercredi, que l'explosif utilisé pour l'attentat de mardi contre la sécurité présidentielle était du "Semtex, un produit, déjà, utilisé pour fabriquer des ceintures explosives saisies, en 2014, et apportées, illégalement, de Libye".

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