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TUNISIE : Les djihadistes frappent la sécurité présidentielle

Au moins, 14 agents ont été tués, mardi, 24 novembre, dans un attentat contre un bus de la sécurité présidentielle, dans le centre de Tunis, qui frappe un pays, déjà, endeuillé par des attaques djihadistes majeures cette année.

"L'explosion est acte terroriste. Il y a 14 martyrs et 11 blessés", a déclaré Walid Louguini, le porte-parole du ministère de l'Intérieur.

Selon un autre responsable du ministère, tous les morts sont des agents de la sécurité présidentielle. Ce bilan est, encore, provisoire, a indiqué, de son côté, la présidence de la République dans un communiqué.
L'explosion s'est produite, en fin d'après-midi, près de l'avenue Mohamed-V, une des principales artères de la capitale.

"Je confirme l’explosion à bord d’un bus de la sécurité présidentielle. C'est un attentat", a dit Moez Sinaoui, le porte-parole de la présidence de la République.

Une journaliste de l'AFP a pu voir un bus, en partie, calciné près de l'avenue Mohamed-V, à proximité d'un croisement, qui a été bouclé. De nombreuses ambulances, les pompiers et les forces de l'ordre se trouvaient sur les lieux, où régnait une tension extrême. Plusieurs personnes étaient aussi en pleurs.

"La plupart des agents qui se trouvaient dans le bus sont morts", a déclaré une source de sécurité sur place. Le ministère de l'Intérieur n'était pas en mesure de préciser combien de personnes, au total, se trouvaient à bord du véhicule.

Un employé de banque du secteur a affirmé avoir entendu "une forte explosion" et "vu le bus en feu". Le premier ministre, Habib Essid, et le ministre de l'Intérieur, Najem Gharsalli, se sont rendus sur les lieux.
Le président, Béji Caïd Essebsi, a annulé une visite d'Etat prévue, à partir de mercredi, en Suisse, et devait prendre la parole, en soirée, a confirmé son porte-parole.

La sécurité a été renforcée sur l'avenue Habib Bourguiba, située à proximité du lieu de l'explosion, où se trouve, notamment, le ministère de l'Intérieur.

Ce nouvel attentat intervient, en plein festival international de cinéma --les Journées cinématographiques de Carthage (JCC)-- dans le centre de la capitale.
Son directeur, Ibrahim Letaïef, a exprimé le souhait des organisateurs de poursuivre l'événement mercredi. "C'est la seule manière de répondre à ces actes barbares", a-t-il dit.

La Tunisie fait face, depuis sa révolution, en janvier 2011, à un essor de la mouvance djihadiste, responsable de la mort de plusieurs dizaines de militaires et de policiers.

Cette année, deux attentats revendiqués par le groupe Etat islamique (EI ou Daesh), ont tué 59 touristes étrangers et un policier au musée du Bardo à Tunis, en mars, et dans un hôtel près de Sousse en juin.
Le ministère de l'Intérieur annonce, régulièrement, des arrestations de djihadistes présumés. Sept femmes accusées de faire la propagande de Daesh ont, ainsi, été, récemment, arrêtées, tandis que les autorités ont annoncé avoir arrêté une vingtaine de personnes, qui planifiaient, selon elles, des attaques contre des hôtels et des "bâtiments sécuritaires".

Il y a dix jours, un jeune berger a été décapité par des djihadistes sur le Mont Mghilla, dans le Centre-Ouest de la Tunisie. Un groupe a revendiqué son meurtre au nom de Daesh, l'accusant d'avoir accepté de collaborer avec les forces de l'ordre pour les renseigner sur les mouvements des djihadistes dans les montagnes.

Les autorités ont, elles, assuré que le jeune berger n'avait "rien à voir" avec les forces et qu'il avait été tué pour avoir refusé de remettre ses bêtes aux djihadistes.

Une opération militaire a été lancée dans le Mont Mghilla à la suite de cet assassinat, entraînant la mort d'au moins un soldat et quatre djihadistes présumés, d'après les autorités.

La Tunisie compte des milliers de ressortissants combattant, actuellement, dans les rangs de groupes extrémistes, en Irak, en Syrie et en Libye.
Les autorités disent, notamment, pâtir de la situation en Libye voisine, où le chaos a permis l'émergence de Daesh. Elles ont entrepris la construction d'un mur frontalier d'environ 200 km, afin, notamment, de lutter contre la contrebande d'armes.

Ce contexte sécuritaire pèse, lourdement, sur l'économie de la jeune démocratie tunisienne, qui peine à redémarrer depuis la révolution.

Avec AFP

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