XENOPHOBIE EN AFRIQUE DU SUD : Cyril Ramaphosa partagé entre l'utilisation de la force et le respect de la loi

Après une semaine de violences en Afrique du Sud, dirigées contre les étrangers, et qui s'est soldée par la mort de 12 personnes, pour le moment, le consul du Nigeria à Johannesburg a annoncé, lundi, 9 septembre, le rapatriement de quelque 600 compatriotes. En tout, plus de 100.000 Nigérians vivent dans le pays de Cyril Ramaphosa. Ce chiffre pourrait augmenter, les violences étant loin de cesser et les autorités sud-africaines (gouvernement et parti ANC) ne prenant pas, encore, le taureau par les cornes. Face à cette mollesse, voire, inaction, c'est la société civile qui essaie, avec ses moyens qui ne sont pas ceux de l'Etat, de faire entendre raison à des Sud-Africains, généralement, de la couche des défavorisés, qui pensent (à tort) que leur mauvais sort actuel est provoqué par l'afflux d'autres Africains dans leur pays.

"Ils sont environ 600 maintenant" à s'être présentés au consulat pour demander à être rapatriés au Nigeria, a indiqué le consul du Nigeria Godwin Adamu. "La compagnie aérienne Air Peace commencera l'évacuation mercredi, 11 septembre, avec les 320 premiers", a-t-il ajouté. "Et un autre avion sera affrété aussitôt après".  

La semaine dernière, le ministère nigérian des Affaires étrangères avait annoncé que le propriétaire de la compagnie aérienne privée Air Peace avait proposé d'envoyer un avion de sa flotte chercher les Nigérians "qui désirent rentrer au pays".

L'évacuation devait commencer vendredi mais les immigrés nigérians présents en Afrique du Sud devaient d'abord obtenir un certificat de voyage car beaucoup d'entre eux ne possèdent pas de document de voyage et la validité de leur passeport a expiré, avait déclaré vendredi, 6 septembre, le président d'Air Peace, Allen Onyema.

De nombreux commerces et de biens d'immigrés nigérians ont été saccagés et brûlés. Il en est de même au Nigeria où, par exemple, l'opérateur téléphonique, MTN, a dû fermer toutes ses agences dans le pays, après l'incendie de celle de Lagos. Les relations entre les deux pays sont au plus bas. Et donc vivement la rencontre prévue entre les deux chefs d'Etat dans quelques semaines, probablement, en octobre (notre photo).

Dans les chancelleries sud-africaines en Afrique, c'est motus et bouche cousue. C'est un sentiment de honte, de désolation et des regrets, qu'on constate chez les représentants de la diplomatie sud-africaine. On est loin des idéaux que prêchait Nelson Mandela.

Mais, sans se faire l'avocat du diable, l'Afrique du Sud est une démocratie pure et parfaite comme peut l'être une démocratie occidentale ; ses citoyens connaissent leurs droits et n'hésitent pas à les faire respecter, même devant un tribunal. Cela veut dire que le gouvernement, lui-même, ne peut pas se comporter de façon strictement autoritaire en usant de la seule force comme le feraient certains gouvernements d'Afrique où le président dispose d'une marge de manoeuvre qui lui permet de régler facilement ce genre de problème. En Afrique du Sud où le chef de l'Etat peut être déposé par une motion de défiance votée par le parlement, le gouvernement doit apprécier avant d'agir, dialoguer et convaincre.

Cela dit, la responsabilité du pouvoir sud-africain est entière et totale même s'il peut bénéficier de certaines circonstances atténuantes.

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