ZIMBABWE : La très putschiste armée nationale dit qu'elle sera « neutre » pendant les prochaines élections générales

Soit, cette armée prend les Zimbabwéens pour des moutons qui vont aller voter à la présidentielle et aux législatives de cette fin de mois, sans rien comprendre au pacte scellé par certains de ses chefs et le nouveau pouvoir, soit, elle se sent, tellement, décrédibilisée qu'elle cherche à (re)devenir cette armée adulée, qui permit à l'ex-Rhodésie du Sud de chasser du pouvoir le colon britannique et ses racistes fantoches comme Ian Smith. Rappel des faits : c'est l'armée qui, après avoir pris position dans le débat politique, a chassé à Robert Mugabe du pouvoir en lui faisant un coup d'état militaire. A titre de récompense, son chef d'état major, le général, Constantino Chiwenga, est devenu vice-président de la République. En effet, ce dernier avait réussi à chasser Mugabe du pouvoir sans tirer un coup de feu dans Harare. Pour les observateurs comme pour une partie de la ZANU-PF, le Zimbabwe compte, actuellement, une armée putschiste. Une étiquette que chercherait à enlever ses nouveaux chefs. Est-ce pour cela qu'elle prend les devants en criant sa neutralité lors des prochaines élections ? Ce n'est pas impossible.

L'armée zimbabwéenne a, catégoriquement, nié, mercredi, 4 juillet, de faire campagne pour le président, Emmerson Mnangagwa, et son parti au pouvoir, la ZANU-PF, en vue des élections générales du 30 juillet, ainsi que l'en accuse l'opposition : "Les Forces de défense du Zimbabwe ne jouent aucun rôle direct dans les élections à venir", a déclaré le porte-parole de l'état-major, le colonel, Overson Mugwisi, lors d'une rare conférence de presse, qui montre que l'armée sait que les Zimbabwéens la trouve partisane (notre photo montrant Emmerson Mnangagwa avec le général et ancien chef d'état major devenu vice-président de la République).

"Nous sommes surpris par de fausses informations qui affirment que les Forces de défense du Zimbabwe (ZDF) vont être utilisées par la ZANU-PF pour truquer les élections", a-t-il dit.
Plusieurs médias proches de l'opposition ont accusé l'armée d'avoir déployé ses soldats dans certaines régions rurales du pays pour faire pression sur les électeurs.

Les élections présidentielle et législatives du 30 juillet sont les premières depuis la démission forcée, en novembre, de Robert Mugabe, qui, pendant trente-sept ans, a dirigé le pays de main de maître.
"Notre rôle pour les élections est, essentiellement, d'aider la police à maintenir la loi et l'ordre avant, pendant et après des élections paisibles", a insisté le colonel Mugwisi, sans convaincre grand monde. Et d'ajouter : "La conduite des Forces de défense du Zimbabwe après les élections sera guidée par la seule Constitution", a-t-il ajouté.

Emmerson Mnangagwa, candidat officiel du parti au pouvoir, qui a échappé à un attentat à la grenade, lors d'un meeting, il y a quelques jours, sait qu'il n'est pas populaire dans le pays où il compte, énormément, d'ennemis à commencer par l'aile de la ZANU-PF restée fidèle à Camarade Bob et son épouse, Grace Mugabe. A-t-il peur que la loi du Talion, à savoir, « Oeil pour œil dent pour dent » ?

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