Politique

Chargé de l'exécution de coups bas sous le régime de Compaoré, le général, Gilbert Diendéré, depuis la perte du pouvoir par son mentor, n'assume plus rien. Devenu orphelin après la fuite de Blaise Compaoré en Côte d'Ivoire, il a tout fait pour l'aider à revenir au pouvoir sans succès, y compris, par des moyens anti-démocratiques, objet de sa comparution, ce lundi, 26 novembre, devant le tribunal militaire de Ouagadougou. Mais, avec toute la lâcheté qui le caractérise depuis la dissolution du RSP (Régiment de sécurité présidentielle) dont il était le chef, régiment qui faisait la pluie et le beau temps, il a nié avoir été le cerveau de la tentative de coup d'état de 2015. A-t-il convaincu le tribunal ?

L'ancien président zimbabwéen, Robert Mugabe, âgé de 94 ans, est soigné, depuis deux mois, à Singapour, et ne peut plus marcher, a affirmé ce samedi, 24 novembre, son successeur, Emmerson Mnangagwa. Ce dernier s'exprimait, lors d'un meeting de son parti, la Zanu-PF, au pouvoir depuis l'indépendance en 1980. Très affaibli politiquement à cause des reproches qu'on lui fait de n'avoir pas réussi à relancer l'économie, le nouveau président de la République divulgue, là, un secret médical sans l'autorisation du corps médical soignant son prédécesseur. C'est comme s'il utilisait les arguments de bas de la ceinture pour se tirer d'affaire.

C'est la clinique royale de Rabat qui, finalement, accueillera le chef de l'Etat du Gabon, Ali Bongo Ondimba, pour la deuxième partie de son traitement qui sera, beaucoup plus, axée sur la rééducation, le malade ayant récupéré presque tous ses sens. Les Gabonais peuvent remercier la clinique King Faysal de Riyad car le « distingué camarade » du PDG partait pour l'éternité. Maintenant, ils sont sûrs et certains que dans quelques semaines ou mois, il leur reviendra en chair et en os, pour ré-occuper son fauteuil présidentiel au Palais du Bord de Mer.

Voilà la question qui commence à tarauder l'esprit de certains bien-pensants au Nigeria. Car il faut se rendre à l'évidence de l'échec patent du général, Muhammadu Buhari, face à ce qui fut l'une de ses deux principales priorités de campagne en 2015 : l'éradication de la secte Boko Haram. Presque cinq années, plus tard, Boko Haram est aussi fort que lors de son accession au pouvoir, sinon, plus fort encore, ce qui constitue un manquement grave pour l'ancien général très respecté des forces armées nigérianes qu'il est. A moins de trois mois du premier tour de l'élection présidentielle, on voit mal comment il pourra inverser une tendance qu'il n'a pas fait bouger pendant toute la durée de son mandat.

Martin Fayulu, le candidat de la coalition de l'opposition rdcongolaise, est arrivé, à Kinshasa, pour livrer la bataille de la libération du Congo. Officiellement, il lance sa campagne, vendredi, 23 décembre, avec le soutien des poids lourds de l'opposition dont Jean-Pierre Bemba et le gouverneur, Moïse Katumbi, mais sans, Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe, eux aussi, candidats à la même élection.

Quand quelque chose est bien, il faut le dire. On connaissait Madame Kolinda Grabar-Kitarovic comme la présidente de la Croatie et première supportrice de la sympathique équipe croate de football, vice-championne du monde. On l'avait vue braver la pluie, après la finale du Mondial France-Croatie, pour remonter le moral des footballeurs croates qui venaient d'être corrigés par les Bleus : 1 contre 4. Elue présidente de Croatie, en 2015, elle a, en seulement, 3 ans, gagné le respect du monde entier. Pourquoi ?

Quoi de plus banal ! Il s'agit - certainement - de l'accélération de l'apprentissage du métier de président de la République. Au moins, en Guinée équatoriale, on fait les choses en y mettant les formes. On ne s'improvise pas président de la République. On se prépare à l'être comme un prince dans un royaume apprend à devenir roi. Teodorin Obiang Nguema Mangue, vice-président de la Guinée équatoriale et fils du président, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, a pour, la première fois, présidé, mardi, 20 novembre, un Conseil des ministres. L'événement mérite qu'on s'y attarde parce qu'il a fait l'objet de beaucoup de commentaires.

Le candidat du président sortant de la RDCongo Joseph Kabila, Emmanuel Ramazani Shadary, a promis, lundi, 19 novembre, 86 milliards de dollars pour le développement du pays sur cinq ans, en présentant son programme pour l'élection présidentielle prévue le 23 décembre. Du renforcement de l'autorité de l'Etat à la lutte contre la corruption et le détournement des deniers publics, tout y va.

Deux événements importants ont eu lieu en peu de temps dans la Corne de l’Afrique : la réconciliation entre l’Ethiopie et l’Erythrée, en juillet dernier, et, la levée de l’embargo sur les armes, décidée par le Conseil de sécurité de l’ONU le 11 novembre 2018.

Le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, a lancé, officiellement, la campagne électorale en vue de l'élection présidentielle, où il est candidat à sa propre succession et entend poursuivre sa lutte contre la corruption et contre la secte terroriste Boko Haram.

Donald Trump est un chef d'Etat pour le moins imprévisible et inclassable. Il est difficile de savoir par où le prendre. En France et en Allemagne, deux pays moteurs de l'Union européenne, le cas Trump commence à être étudié dans les universités. Au niveau du sommet des Etats aussi : pour preuve, Angela Merkel et Emmanuel Macron vont s'organiser en front uni face à Donald Trump et aux populismes, malgré de persistants désaccords entre eux sur le fond.

On n'a pas besoin d'avoir une licence en droit de l'Université de Butare (Rwanda) pour savoir que Paul Kagame est un général de l'ex-APR (Armée patriotique rwandaise) qui aime la violence. Ce sont ses hommes qui tirèrent sur le Falcon 50 à bord duquel avaient pris place les présidents du Rwanda, Juvénal Habyarimana, et du Burundi, Cyprien Ntaryamira, ainsi que, leurs collaborateurs, un acte qui déclencha des tueries massives en guise de riposte, et qui finalement, se transforma en génocide faisant au bas mot 800.000 morts selon un décompte onusien. C'est parce qu'il est un homme violent qu'il organisa une véritable chasse à l'homme hutu dans les deux Kivu au lendemain de son accession au pouvoir dans les années 2000. C'est parce qu'il est un homme violent qu'il voulut régler son compte à Laurent Désiré Kabila juste parce que ce dernier refusa de gérer la « très grande » République démocratique du Congo (RDC) sous la haute supervision du « tout petit Rwanda » (paroles de Kabila mises entre guillemets). C'est parce qu'il est un homme violent qu'il organise, de temps en temps, l'assassinat de ses anciens partisans, dans les pays étrangers comme l'Afrique du Sud, où ils obtiennent l'asile politique. C'est parce qu'il est un homme violent qu'il ne tolère pas la liberté d'expression et de la presse au Rwanda. C'est parce qu'il est un homme violent qu'il s'autorise des victoires à la présidentielle avec des taux qui rivalisent avec ceux de Leonid Brejnev du temps de la grande Union Soviétique. C'est parce qu'il est un homme violent qu'il a foutu en prison de sympathiques opposants comme Victoire Ingabire et consorts pour qu'ils n'apportent pas un autre son de cloche au débat politique national envahi par la seule parole unique, le seul discours unique et le seul parti unique du général-président. On pourra allonger ces griefs pour montrer que Paul Kagame aurait été un excellent dirigeant rwandais avant les années 90, quand le multipartisme n'avait pas encore cours en Afrique. Aujourd'hui, il est l'exemple à ne pas suivre sur un continent qui entend prendre son destin en main. D'abord, par la démocratie et le respect des droits de la personne humaine.

Le chien aboie la caravane passe, peut-on dire du « dialogue » qui caractérise la relation entre le « leader bien aimé » nord-coréen, Kim Jong-un, et le belliqueux président américain, Donald Trump. Pour preuve, le dirigeant nord-coréen a supervisé l'essai d'une "nouvelle arme tactique ultramoderne", a annoncé ce vendredi,16 novembre, l'agence officielle nord-coréenne d'information, une mesure qui est perçue par les analystes comme un message politique plus qu'une grave provocation. Mais, même si c'était perçu à Washington comme une provocation, Pyongyang n'a, nullement, peur d'assumer.

Alors que chacun de nous espérait qu’il tiendrait le coup jusqu’à la libération de Laurent Gbagbo pour faire la passation de service avec lui, voici qu’Aboudrahamane Sangaré nous quitta, le 3 novembre 2018. Ce jour-là et les autres qui suivirent furent vécus ici et là comme une catastrophe, tant nous étions assommés, dévastés, anéantis. Nous pleurâmes et pleurâmes alors, versant quantité de larmes. Cette subite disparition nous apparaissait comme une injustice, nous mettait en colère, et nul ne savait où trouver la force de porter la croix de cette autre cruelle épreuve, après le départ inattendu de Raymond Abouo N’Dori et de Marcel Gossio. Nous en étions réduits à nous demander pourquoi le sort nous frappait et nous malmenait de cette façon, sept ans après le renversement et la déportation de Laurent Gbagbo par les forces impérialistes. Bref, sans crier gare et avant de remettre les clés du « Temple » à son alter ego, Sangaré s’en alla mais, il restera de lui ce qu’il a semé et ce qu’il a partagé aux mendiants de la liberté et de la justice. Ce qu’il a semé et partagé, en d’autres, en nous, germera. Mais qu’a-t-il semé et partagé ? Quel est le message essentiel qu’il nous laisse et que nous avons l’obligation de faire fructifier ?

Tendu et visiblement amer depuis le revers des républicains lors des élections législatives, le président américain, Donald Trump, envisage - dans une certaine confusion - un nouveau remaniement de son équipe qui prend des allures de psychodrame. C'est une véritable jouissance de savoir que le belliqueux président américain entre dans une réelle zone turbulence.

Le dictateur est (vraiment) à la manœuvre. Son fort, en général, c'est de savoir anticiper, c'est de sentir des opportunités et agir en conséquence avant tout le monde. Profite-t-il de l'état de santé précaire de son jeune homologue du Gabon, Ali Bongo Ondimba, pour tenter de lui régler (définitivement) son compte ? Toujours est-il que le bal des opposants et ennemis du président gabonais qu'il a organisé, ces derniers jours, à Paris, en marge de son séjour pour le Centenaire de l'Armistice, montre qu'il a un (odieux) plan dans la tête, lui qui ne fait rien pour rien.

Les Etats-Unis ont réaffirmé mardi, 13 novembre, qu'ils étaient prêts à retirer le Soudan de la liste des Etats soutenant le terrorisme. Pourtant, doublement, inculpé par la Cour pénale internationale (CPI), le président du Soudan, le général, Omar el-Béchir, est resté égal à lui-même. Pourquoi les Etats-Unis sont-ils obligés de changer de fusil d'épaule ? Pour certains observateurs, l'Iran détient quelques clés de réponse. Mais aussi le Soudan du Sud.

La honte ! La terrible déception ! La très grande désillusion ! Chacun qualifiera cela comme il l'entend. Toujours est-il que l'unité tant saluée ces dernières semaines n'a même pas tenu 24 heures : deux poids lourds de l'opposition congolaise ont annoncé dès lundi, 12 novembre, qu'ils se retiraient de l'accord qu'ils avaient signé la veille pour désigner un candidat unique de l'opposition à l'élection présidentielle prévue le 23 décembre en République démocratique du Congo (RDC). On n'a pas besoin d'être le marabout de Sassou-Nguesso pour savoir que Joseph Kabila a sablé le champagne, maintenant qu'il commence, vraiment, à être rassuré de la possible réalisation de son plan de maintien (via son candidat) au pouvoir. Du coup, la retraite anticipée de sa charge de prêtre du cardinal, Laurent Mosengwo, il y a, quelques jours, prend toute son importance. Afriqueeducation.com avait alors titré : « Présidentielle en RDC : Le cardinal Laurent Mosengwo en embuscade » (2 novembre 2018 à 12h38), s'attirant quelques foudres de fidèles catholiques rdcongolais.

Le gouvernement français qui compte plus de 20.000 ressortissants français au Gabon a prévu, par le biais de son consulat local, des mesures spéciales au cas où le Gabon sombrerait dans les troubles dus à la santé du président, Ali Bongo Ondimba. Cela dit, l'hypothèse d'une instabilité s'éloigne de plus en plus. Le pays tend - plutôt - vers la normalisation.

Ce n'était pas une mauvaise idée de faire rencontrer les chefs d'Etat et de gouvernement du monde autour d'une cérémonie qui rappelle la cruauté de la guerre 1914-1918. Le centenaire de la fin de la première guerre mondiale, le 11novembre 1918, est un rassemblement qui ne doit, cependant, pas rester celui d'un jour, mais celui qui symbolise la seule chose qui vaille, la paix.