Politique

L'opposition avait invité les Gabonais et les Gabonaises à être très attentifs aux faits et gestes de leur président convalescent, qui allait présider le 59e anniversaire de l'indépendance. Toujours affecté par les séquelles d'un AVC survenu en octobre 2018, alors qu'il était en Sommet en Arabie Saoudite, le président du Gabon, Ali Bongo Ondimba, a, fortement, limité ses sorties publiques depuis son retour, fin mars, au pays. La fête du 17 août à laquelle il était tenu de présider donnait l'occasion à l'opposition de montrer l'incapacité du président à diriger le pays : « On allait voir ce qu'on allait voir », clamait-elle. Effectivement, les Gabonais et les Gabonaises ont vu ce qu'ils devaient voir, à savoir, un président de la République apte à assurer les hautes charges de l'Etat.

Le procès de l’ex-chef d’Etat, Omar el-Bechir, accusé de corruption s’ouvre, au Soudan, samedi, 17 août, alors que le Conseil militaire et les chefs de file de la contestation sont parvenus à un accord historique qui doit être rendu public ce même jour. Une journée pleine de symbole, donc, pour les Soudanais qui, au moment, où démarre ce jugement (synonyme de la volonté de commencer le calcul du solde du bilan de leur ancien président), les dirigeants de la contestation et l'armée annoncent avoir trouvé les personnes qui vont gérer la transition avant les élections générales prévues dans trois ans.

Le jeune président français est passé maître dans l'organisation des petits événements dans les grands. Le 11 juillet, il a, officiellement, invité le président du Ghana, Nana Akufo Addo, pour parler coopération bilatérale entre les deux pays, mais, surtout, pour dialoguer en direct avec la diaspora africaine et des ultra-marins. Mais, au fond, le déjeuner en tête à tête qu'il avait organisé en son honneur, devait permettre aux deux hommes d'Etat de parler de la création de la monnaie ECO en remplacement du F CFA, en zone CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale). Le président du Ghana et son homologue du Niger, Mahamadou Issoufou, sont les deux chefs d'Etat mandatés par la CEDEAO pour mener ce processus de la mise en place de l'ECO, à terme, courant 2020. Cette invitation de Nana Akufo Addo, à l'Elysée, avait été précédée de quelques jours, par un passage du président ivoirien, Alassane Ouattara.
Ce jeudi, 15 août, un autre tête à tête entre Alassane Ouattara et Emmanuel Macron leur permettra de remettre ce sujet sur la table, le président ivoirien, grand fervent du maintien du F CFA, « une excellente monnaie (selon lui) qui donne entièrement satisfaction à nos économies », n'ayant pas abdiqué malgré la décision des chefs d'Etat de la CEDEAO réunis, le 29 juin, à Abuja, au Nigeria, de lancer la monnaie de la CEDEAO (l'ECO) en 2020.

Qu'on ne compte pas sur Nicolas Tiangaye pour enrober ses phrases afin qu'elles fassent moins mal à Faustin Archange Touadéra, le président de la République. C'est clair que l'ancien premier ministre et célèbre avocat de profession, Nicolas Tiangaye, est en colère. De l'immobilisme de Touadéra. De la démagogie de Touadéra. De l'inconstance de Touadéra. De la navigation à vue de la politique de Touadéra. Des mensonges de Touadéra, etc. Là où les autres ténors de l'opposition préfèrent rester sans voix, lui, l'ancien premier ministre de 2013 à 2014 après avoir présidé pendant 13 ans la célèbre Ligue centrafricaine des droits de l'homme, met les pieds dans le plat, se faisant applaudir dans Bangui (jusqu'au kilomètre 5) et dans l'intérieur du pays. Car on dirait que le gouvernement a cessé depuis début 2019 de travailler pour le bien-être de tous les Centrafricains, et ne prépare que la réélection du président, Faustin Archange Touadéra. La colère de Me Nicolas Tiangaye réveillera-t-elle tous ceux qui dorment, aujourd'hui, dans l'opposition comme si le pouvoir leur administrait, chaque matin, une bonne dose de camomille pour les rendre, totalement, amorphes, passifs et inoffensifs, tout le long de la journée ?

La justice gabonaise va examiner, le 26 août 2019, en appel, la demande déposée par une dizaine d'opposants d'une expertise médicale du président, Ali Bongo Ondimba, pour estimer s'il est apte ou non à exercer ses fonctions de président de la République chef de l'Etat. Après avoir été victime, il y a 10 mois d'un AVC, en Arabie Saoudite, il a repris ses activités à la tête de l'Etat, mais, pas au rythme qui était le sien avant la survenue de la maladie, d'où la raison de la polémique qui a, progressivement, été amplifiée au fur et à mesure que des chefs d'Etat étrangers, venaient lui rendre visite, mais, sortaient, seuls, sans lui, pour rencontrer la presse, une fois le tête à tête terminé. Pour les partisans du chef de l'Etat, l'opposition qui n'a pu accéder au pouvoir par la voie des urnes, tente d'utiliser la voie judiciaire, à défaut de celle des armes : un coup d'état manqué avait failli changer le cours de l'histoire du Gabon le 7 janvier 2019 alors que le président suivait sa convalescence au Maroc.

Alors que la République démocratique du Congo (RDC) attend le premier gouvernement de l'ère Félix-Antoine Tshisekedi, depuis sept mois qu'il a pris ses fonctions, à la tête de l'Etat, une ONG américaine dénonce les pratiques de détentions illégales qui semblent se perpétuer sous le nouveau pouvoir. C'est comme si, dans ce domaine, la RDC n'avait pas changé de cap.

Intervenant ce samedi, 10 août 2019, sur les ondes de Mosaïque Fm, le vice-président de l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE), Farouk Bouasker, a affirmé, que 60 dossiers de candidatures au scrutin présidentiel ont été rejetés, indiquant que les deux tiers des candidats ont, déjà, quitté la course à l’élection présidentielle anticipée parce qu’ils n’ont pas eu le nombre de parrainages nécessaires ou n'ont pas déposé la caution.

Le poste laissé par l'ancien président, Béji Caïd Essebsi, connaît un grand succès au regard du nombre de prétendants à sa succession. 98 dossiers de candidatures ont été déposés auprès de l'Instance chargée des élections (ISIE), ce qui est un record en Afrique. Le premier tour du scrutin aura lieu en date du 15 septembre prochain.

ll y a le pardon inconditionnel qui consiste, pour la victime, à laisser tomber une offense ou une faute sans poser de conditions, sans attendre que telle ou telle exigence ait été honorée au préalable. Ce type de pardon, les croyants le qualifient de divin, parce que, selon eux, seul Dieu est en mesure de l’accorder, lui qui est comparable au père qui fait tuer le veau gras pour le retour de l’enfant qui était parti avant que ce dernier ne fasse son mea culpa (Luc 15, 23-24).

Les Librevillois sont en danger, les ordures ménagères s'accumulant sur les trottoirs depuis plusieurs jours à cause de la grève lancée par les sociétés chargées de les ramasser. Comme c'est souvent le cas, il s'agit d'une affaire où les uns et les autres se renvoient la balle, après que ces derniers aient consommé les surplus de ladite surfacturation. L'affaire est d'autant plus embarrassante qu'elle n'épargnerait pas certains anciens collaborateurs du Palais du Bord de Mer dont quelques-uns ne sont d'ailleurs plus au pays.

Fatou Bensouda en a-t-elle marre d'échouer à la CPI (Cour pénale internationale) ? Comme son prédécesseur, l'Argentin, Luis Moreno Ocampo, elle va prendre la poudre d'escampette, en 2021, pour rejoindre soit sa Gambie natale, soit, une autre instance internationale, pour récompense des services rendus. En fait, chaque chose ayant une fin, elle doit quitter la CPI pour faire autre chose et laisser la place à quelqu'un d'autre. S'il est, encore, trop tôt pour faire son bilan à la CPI, on peut, tout de même, d'ores et déjà, affirmer son acharnement sur les seuls dossiers africains alors que dans d'autres régions du monde, elle aurait pu, aussi, s'intéresser à des criminels tout aussi importants, ce qu'elle n'a jamais fait.

Laurent Gbagbo vient de discuter à Bruxelles (Belgique) avec Konan Bédié qui, en plus de l’avoir combattu et renversé avec la complicité de Nicolas Sarkozy et de Dramane Ouattara, le traita de tyran, puis, se réjouit de sa déportation et de son incarcération à La Haye. Si l’on en croit les rumeurs, il n’est pas impossible que l’ancien président accueille, dans les jours ou semaines à venir, Soro Kigbafori qui ne se priva pas, en Côte d’Ivoire comme à l’étranger, de l’accuser d’être un mauvais perdant et d’avoir exterminé des nordistes, des musulmans et des ressortissants de la CEDEAO. 

Décidément, le président des Etats-Unis, Donald Trump, est un homme qui parle beaucoup, qui croit menacer tout le monde, qui pense diriger la terre entière selon sa seule petite volonté depuis la Maison Blanche, mais, qui réussit, rarement, à imposer ce qu'il veut. On l'a vu en Syrie, en Corée du Nord, et même en Iran où les résultats de sa politique sont plus que mitigés. A Téhéran, le pouvoir des Mollahs est, tellement, habitué à ses rhétoriques verbales au point qu'il n'hésite plus à dire parlant de lui : le chien aboie la caravane passe.

Eu égard à l'évidence de fait du prince qu'est ce procès (qui a rendu inéligible Lionel Zinsou pendant cinq ans, ndlr), je m'étais exprimé le 20 juillet 2019 dans un bref qu'on peut lire à la fin de ce texte ; le terme inéligibilité - pétard mouillé dans le marigot de vanités des crocodiles infatués - m'a fait pouffe ; je me demande même si ces alligators ont quelques mérites. Zinsou est mis hors course de la présidentielle de 2021, après Sébastien Ajavon, sorti troisième à l'élection présidentielle de 2016. Conséquence : Talon veut s'octroyer un deuxième mandat en 2021 sans adversaires de taille.

L'universitaire et militante féministe ougandaise, Stella Nyanzi, a dévoilé ses seins et crié des obscénités, vendredi, 2 août, lorsqu'un juge l'a condamnée à 18 mois de prison pour harcèlement du président, Yoweri Museveni, l'ex-guérillero, qui, après avoir été libérateur de son pays, est devenu le grand oppresseur du peuple ougandais. La preuve : il va jusqu'à autoriser l'emprisonnement des femmes qui osent lui dire qu'il fait fausse route.

L'opposant béninois, Lionel Zinsou, arrivé second à la dernière élection présidentielle, a été condamné, vendredi, 2 août, à Cotonou, à cinq ans d'inéligibilité et six mois d'emprisonnement avec sursis pour usage de faux documents, a-t-on appris de source judiciaire. Lionel Zinsou, ancien premier ministre qui vit en France, a été condamné «à cinq ans d'inéligibilité pour toutes les élections à venir en République du Bénin, à six mois d'emprisonnement assorti de sursis», a déclaré une source du tribunal de Cotonou qui l'a jugé. Autrement dit, il ne pourra pas participer à l'élection présidentielle d'avril 2021, pas plus que Sébastien Ajavon, qui était sorti troisième à la présidentielle de 2016, avant d'appeler à voter Patrice Talon. En guise de récompense, l'actuel président du Bénin lui a collé une affaire de drogue qui l'a contraint à fuir le Bénin et à résider en France d'où il suit le piteux spectacle démocratique qui y a cours. Conséquence : Ayant éliminé les candidats sortis deuxième et troisième de la dernière présidentielle, après avoir pris soin de pousser d'autres opposants à l'exil, Patrice Talon prépare d'ores et déjà sa réélection comme tout bon dictateur des tropiques dont il n'avait pas l'air quand il se présentait au suffrage des Béninois en 2016. Il a jeté son masque, faisant reculer la démocratie béninoise de cinquante ans en arrière. Pour preuve : il a exclu des dernières élections législatives, les principaux partis d'opposition dirigés par les anciens présidents Nicéphore Soglo et Yayi Boni, allant jusqu'à mettre ce dernier en résidence surveillée pendant deux mois, malgré le tollé général suscité dans le pays et dans la sous-région.

Hamza Ben Laden, l'un des fils d'Oussama Ben Laden, présenté comme son héritier à la tête d'Al-Qaïda, est mort et les Etats-Unis ont contribué à l'opération visant à l'éliminer, selon des informations de mercredi, 31 juillet, données par le New York Times et la Chaîne NBC.

Le président du Mozambique, Filipe Nyusi, a signé, ce jeudi, 1er août, avec la Renamo, un accord de paix mettant, définitivement, fin au conflit opposant le pouvoir à l'ex-rébellion devenue principal parti d'opposition.

Le procès du président soudanais destitué, Omar el-Béchir, s'ouvrira, le 17 août, à Khartoum, l'ancien chef de l’Etat inculpé de corruption n'ayant pas comparu, ce mercredi, 31 août, à sa première audience. Toute l'Afrique des chefs d'Etat retient son souffle au moment où un ancien des leurs, tombé en disgrâce, est appelé à rendre des comptes. Ce qui peut arriver, ailleurs, en Afrique, à n'importe qui.

Faustin Archange Touadéra, le chef de l'Etat centrafricain, a-t-il décidé, enfin, de changer de fusil d'épaule ? Après avoir fait le pari de recruter, massivement, les rebelles dans les instances du pouvoir d'Etat pour des résultats plus que mitigés, il a été mis face à la réalité de ses choix avec la sauvage attaque de Paoua où ses « nouveaux amis » au pouvoir, ont massacré une quarantaine de civils totalement apolitiques, qui ne demandaient qu'à vaquer à leurs occupations quotidiennes. Face au tollé international que suscite son inaction face aux groupes rebelles qui continuent d'écumer le pays qu'ils occupent à près de 80%, il vient de (mollement) réagir en décidant de traduire quelques assassins de Paoua devant la Cour pénale spéciale (CPS), créée pour juger les auteurs de violations graves des droits humains en Centrafrique. Mieux vaut tard que jamais : cette annonce a été faite, mardi, 30 juillet, par le procureur général de la Cour d'appel de Bangui, Eric Didier Tambo.