Politique

Le général, Muhammadu Buhari, après 4 ans au pouvoir aura beaucoup déçu. C'est le moins qu'on puisse dire. Ses réponses apportées à la corruption et à la secte terroriste Boko Haram n'ont pas été à la hauteur des attentes. Au sein du parti au pouvoir, le Congrès des progressistes (APC), la candidature de Muhammadu Buhari est loin de faire l'unanimité. Il lui a même été conseillé de ne pas se représenter, ce à quoi il a opposé ne fin de non recevoir. Cette situation pousse certains membres de ce parti à le quitter, pour soutenir, éventuellement, d'autres candidats. Alors, questions : se trouve-t-il menacé ou cette hémorragie n'aura aucune incidence sur sa volonté de se succéder à lui-même ?

A chaque grande ville, son tour pour le OUI. Ce mardi, 24 juillet, les partisans du Oui au référendum se sont retrouvés aux côtés du président, Azali Assoumani, à Ntsoudjini, avec le même enthousiasme, la même ferveur.

L'ancien vice-président de la RDCongo, Jean-Pierre Bemba, va faire son retour à Kinshasa, le 1er août, a annoncé, lundi, 23 juillet, son parti, qui l'a, déjà, investi candidat à la présidentielle du 23 décembre, après son acquittement par la Cour pénale internationale (CPI). Sa candidature bouleverse, totalement, l'échiquier politique national au sein de l'opposition où sa participation à la future présidentielle n'était pas du tout actée. Le problème, maintenant, est de savoir comment le camp de Joseph Kabila, de son côté, analyse un tel retour qui ajoute à la complication de la donne politique nationale.

La sortie du gouvernement tchadien après la publication du rapport d'Amnesty International, est un des plus grands moments de la dictature d'Idriss Déby Itno. Car elle n'est en rien différente des réactions des pires régimes dictatoriaux d'Europe de l'Est ou d'Amérique latine du temps. Alors que l'ONG internationale se borne à rappeler les faits sur le régime tchadien qui, eux, ne sont pas contestés, le pouvoir de Déby, lui, s'en prend au rédacteur des dits commentaires en lui donnant une connotation réactionnaire. C'est comme si le régime de Déby s'attendait à ce qu'on lui adresse un satisfecit alors que sa calamiteuse gestion du pays, a entraîné la faillite de l'Etat.

A côté d'un grand homme chemine toujours une grande femme. Même quand elle reste dans l'ombre, l'éclat des actions de son mari fait penser à son existence. Tel est le cas de la première dame des Comores, Ambari Azali, compagnonne de (très) longue route du président Azali Assoumani. Pour le référendum du 30 juillet dont l'enjeu est considérable comme afriqueeducation.com essaie de le montrer depuis quelques jours (lire aussi l'interview du président Azali Assoumani dans le numéro 466-467 d'Afrique Education), elle a refusé de laisser son illustre époux aller seul au charbon. En digne épouse qui partage les bons et les moments difficiles de son Homme d'Etat, elle a chaussé les bottes pour descendre dans l'arène. C'était à Anjouan, ce dimanche, 22 juillet, aux côtés de plusieurs de ses sœurs qui partagent le même idéal démocratique dont la distinguée Fatima Saïd Ali.

Les meetings se suivent et se ressemblent. Cette fois, à Bambao Mtsanga Anjouan, le mot de bienvenue revenait au maire de cette localité. Sans hésitation, le premier magistrat de la localité a déclaré que pour la première fois aux Comores, le texte fondamental (constitution) consacre les droits de la femme et des enfants comme inaliénables. Voilà pourquoi il appelle tout le monde, et la femme plus particulièrement, à voter, massivement, le OUI, le 30 juillet, qu'il pleuve ou qu'il fasse soleil. C'est un rendez-vous à ne pas manquer. D'autres dignitaires ont, aussi, pris la parole dont le chef de l'Etat, initiateur du référendum, lui-même.

Le président, Azali Assoumani, a profité de l'investiture du Bureau régional de la Chambre d'agriculture, à Moheli, pour appeler à continuer dans la culture de l'autosuffisance alimentaire. Le développement de la culture de la vanille fait partie des priorités du gouvernement au regard de sa valeur nutritive pour les populations et des devises qu'elle peut procurer par sa vente à l'exportation. Dans la sous-région de l'Océan Indien, Madagascar s'illustre à l'international par sa culture de la vanille, l'une des plus prisées du monde. Le président, Azali Assoumani, ne demande, donc, pas à ses frères et sœurs agriculteurs d'inventer le fil à couper le beurre, mais, à suivre, juste, le bon exemple qui est donné par le voisin malgache. Pour ce qui concerne la lutte contre le braconnage et les vols dans les champs, il en fait son affaire.

C'est aux côtés des vice-présidents, Sarouma et Moustadroine, et du gouverneur de l'île que le président, Azali Assoumani, a tenu un meeting du OUI au référendum à Wanani, dans la région de Djandro Moheli. Des vérités ont été dites pour édifier les militants encore indécis ou qui faisaient l'objet de manipulation.

Ce numéro 466-467 de juillet-août 2018 sera chez les marchands de journaux à partir du samedi, 21 juillet. Il vous propose une longue interview du président des Comores, Azali Assoumani, sur les raisons du référendum pour modifier la constitution qu'il organisera le 30 juillet. D'autre part, la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) et la CEEAC (Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale) se retrouveront, aussi, en Sommet, le 30 juillet, à Lomé, pour parler de la lutte contre le terrorisme, sous les auspices des présidents togolais, Faure Gnassingbé et gabonais, Ali Bongo Ondimba. Dans une interview à lire dans le présent numéro, le chef de la diplomatie togolaise, le professeur, Robert Dussey, situe les enjeux de cet important Sommet. A trouver aussi dans ce numéro 466-467 beaucoup d'autres articles dont voici le sommaire ci-dessous.

Nvouni Bambao, le lieu où s'est tenu le meeting de mercredi, 18 juillet, n'est pas n'importe où. C'est la plus grande région du pays d'où est originaire le président. La mobilisation était donc assurée.

Pour beaucoup d'Ivoiriens, Alassane Ouattara caresse, secrètement, l'espoir d'un troisième mandat à la tête de la Côte d'Ivoire. La (nouvelle) constitution le lui permet mais il avait, déjà, dit, très officiellement, qu'il était en train d'effectuer son deuxième et dernier mandat. Cela dit, il y a ce qu'on déclare en public et ce qu'on pense en privé avec sa femme. Seuls les comportements permettent de faire des supputations. Pour éviter tout piège, le PDCI a, clairement, manifesté son désaccord pour la création, dans l'urgence, du "parti unifié" (RHDP) expliquant qu'il n'y avait pas le feu à la maison. Parallèlement, il a demandé que le RDR accepte le principe d'une candidature unique du PDCI à la prochaine présidentielle de 2020, question de lui renvoyer l'ascenseur, lui qui avait soutenu l'actuel président en 2010 et 2015. Alassane Ouattara et le RDR ont refusé cette proposition de leur allié et souhaité qu'il y ait plutôt des primaires. Le PDCI a pris acte. La rupture semble donc consommée, et l'entente entre les deux leaders (Ouattara et Bédié) n'est plus au beau fixe. On se rend bien compte que la haine que se vouent les deux hommes d'Etat depuis la mort de Félix Houphouët-Boigny, en 1993, n'a, jamais, disparu, même si, ces dernières années, Henri Konan Bédié avait su (accepter) comment avaler les couleuvres de Ouattara sans que cela cause trop de tort au PDCI. La limite de cette stratégie s'étale aujourd'hui au grand jour et à nouveau, les couteaux risquent de sortir des gandourahs.

Des universitaires congolais ont lancé et signé, ce samedi, 14 juillet, à Kinshasa, un manifeste, qui met en garde contre un troisième mandat présidentiel de Joseph Kabila en République démocratique du Congo (RDCongo), à dix jours du début de dépôt des candidatures à ce scrutin. Joseph Kabila est surveillé comme du lait sur le feu, non seulement, par l'opposition et la société civile rdcongolaises, mais aussi, par la communauté internationale, à commencer par Washington depuis la visite de l'ambassadrice des Etats-Unis auprès des Nations-Unies, Nikki Haley, au président rdcongolais, à Kinshasa, fin octobre 2017. Désormais, les universitaires s'ajoutent à cette longue liste de corporations et de personnalités qui insistent auprès du chef de l'Etat pour qu'il respecte la constitution, en quittant le pouvoir en décembre prochain.

Les événements commencent à se bousculer dans le couple Ethiopie/Erythrée. La semaine dernière, c'est le premier ministre éthiopien, Abih Ahmed, qui s'invitait chez son frère ennemi, Issaias Afworki. Depuis ce samedi, 14 juillet, c'est le président érythréen, Issaias Afworki, qui effectue une visite historique en Ethiopie pour cimenter la normalisation entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique qui ont mis fin à vingt ans d'état de guerre il y a quelques jours à peine.

Tous les chemins mènent à Rome, a-t-on coutume de dire, pour expliquer qu'il existe plusieurs manières d'atteindre un but. En est-il de même pour ce qui est la paix en Centrafrique ? Le pays (ou si l'on veut être précis ce non-pays de la CEMAC) avec ses indignes fils qui l'ont rendu invivable, aidé par l'incompétence de ses dirigeants d'aujourd'hui et d'hier, va-t-il faire retourner Boganda dans sa tombe par un exploit inédit ? Toujours est-il que, sans doute, piqués par un sentiment de honte et par d'incessants remords pour leurs horreurs passés qui ne grandissent nullement les « généraux » d'opérette qu'ils disent, tous, être, ils viennent de jurer, depuis Kampala où ils étaient réunis avec les représentants du pouvoir, d'aller à la réconciliation. Omniprésent, François Bozizé qui passe pour être le protégé de Yoweri Museveni ne pouvait pas manquer à l'appel.
« Réconciliation », mot utilisé par les rebelles, est galvaudé par les Centrafricains. Ce mot n'exprime rien pour avoir placé, actuellement, 14 départements sur 16 sous leur contrôle, réussissant un chantage sans nom sur une MINUSCA dont la présence se justifie de moins en moins au regard de sa légendaire inefficacité sur le terrain.

Ce qui n'était seulement qu'une rumeur, est-il en train de se confirmer ? Le 3e mandat d'Alassane Ouattara comme président de la République n'est plus un sujet tabou. Bien sûr que l'intéressé l'a, toujours, démenti : « C'est mon dernier mandat », a souvent déclaré le président quand la question lui est posée. Mais, reste qu'il n'est pas seul, et ne fait pas ce qu'il veut, tout seul. Il doit composer avec un entourage très exigeant qui n'entend pas perdre, aussi facilement, ses privilèges. En effet, les hiérarques du RDR (Rassemblement des républicains, le parti présidentiel), se sont, tous, embourgeoisés. Vont-ils laisser le gâteau à leurs ennemis-amis du PDCI-RDA (Parti démocratique de Côte d'Ivoire – Rassemblement démocratique africain) du président, Henri Konan Bédié, lui aussi, pris dans un étau par ses propres cadres du parti ? La Côte d'Ivoire risque de proposer, dans les mois à venir, un spectacle ahurissant au regard des appétits du pouvoir des uns et des autres. Alassane Ouattara pourrait aller au 3e mandat (à pas forcés) pour préserver l'unité des Houphouétistes ou ce qu'il en restera, tandis qu'Henri Konan Bédié qui aspire aussi à revenir au pouvoir (ou à y placer quelqu'un de très proche) fera tout de son côté pour que le PDCI retrouve le pouvoir qu'il avait perdu en décembre 1999. C'est plus qu'une question d'honneur pour lui.

La campagne n'est pas, encore, officiellement, lancée. Mais, du côté de la majorité comme de l'opposition, on s'organise sans attendre. Ce mardi, 10 juillet, après-midi, la mouvance présidentielle a procédé à l'ouverture du Quartier Général de Mbadjini Est, à une soixantaine de kilomètres de Moroni, la capitale. On a pu voir des accents de la campagne présidentielle de 2016 : la chaleur, la ferveur, l'enthousiasme chez les électeurs qui, visiblement, ont envie d'en découdre le 30 juillet prochain, pour donner à leur champion, Imam Azali Assoumani, les institutions dont il veut doter les Comores, afin que l'émergence en 2030 ne soit pas un simple slogan.

L'élection présidentielle a été fixée au 7 octobre au Cameroun. Le président, Paul Biya, a publié, lundi, 9 juillet, le décret qui met tout le Cameroun en mouvement et que tout le pays attendait. Maintenant, chaque Camerounais qui estime avoir l'ego suffisant pour diriger son pays va s'activer pour conquérir le Palais d'Etoudi sachant, pertinemment, que son locataire actuel aurait toutes les chances de se succéder à lui-même, s'il répondait (comme c'est très probable) à l'appel des militants de son parti, le RDPC, et des partis affiliés. Il ne devrait, donc, avoir aucun suspense quant à savoir qui sera l'heureux élu ? Par contre, la vraie inconnue, c'est l'après-présidentielle : que fera Paul Biya (une fois reconfirmé à son poste) dont beaucoup pensent (à tort ?) que ce sera le dernier mandat ? L'intéressé, lui, n'en dit mot. C'est à ce niveau qu'on observe une véritable « guerre » entre des rivaux, parfois, d'un même camp. Le Cameroun c'est le Cameroun n'est-ce pas ?

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, est considéré comme une véritable « horreur » au sein de l'Union européenne (UE). Mais, contrairement, à ce qu'une telle appréciation négative peut transparaître dans la réalité, c'est plutôt un bon point pour lui car les dirigeants européens qualifient de bons les seuls dirigeants qui jouent leur jeu, qui sont leur pion. En effet, ne sont bien vus dans les capitales européennes que les dirigeants du tiers-monde qui ne leur disent pas Non. Ce qui n'est en rien le cas du président turc qui sait, exactement, où sont ses intérêts et ceux de la Turquie. Le président, Recep Tayyip Erdogan, qui prête serment ce lundi, 9 juillet, pour un nouveau mandat de cinq ans, sera doté de pouvoirs, considérablement, renforcés aux termes d'une réforme constitutionnelle adoptée par référendum en avril 2017.

Le premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, s'est rendu, dimanche, 8 juillet, à Asmara, pour une rencontre historique avec le président érythréen, Issaias Afwerki, destinée à mettre un terme à des années d'hostilité entre les voisins de la Corne de l'Afrique.

Contre toute attente, le président du Niger, Mahamadou Ousmane, avait plié devant le président français, Emmanuel Macron, en acceptant, au grand mécontentement des Nigériens et des Africains, l'installation des « hot spots » sur le sol du Niger gérés par les services français de l'OFPRA. Il s'agit de lieux de sélection des bons candidats à l'immigration qui conviennent aux critères de la France, pour devenir, soit, des réfugiés politiques, soit, des immigrés au profil recherché par l'économie française. Des Mamoudou Gassama en somme ! Mahamadou Issoufou n'avait pas été seul à accepter cette chose inacceptable. Le président tchadien, Idriss Déby Itno, aussi, avait dit « Oui Chef » à Emmanuel Macron, sans demander l'avis de personne dans son pays. Les deux présidents ont été salués par la France pour leur ...courage. Mais, en Afrique, les critiques les plus acerbes, voire, même des insultes s'abattirent sur les deux présidents accusés de brader la souveraineté de leur pays. Aujourd'hui, on sait que le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, et même, la Libye, à qui des centres d'internement (plus ou moins similaires) des immigrés sont proposés comme lieux de transit, sur leur sol, avant de regagner l'Europe ont répondu « Non » en choeur. Un « Non » salué par les Africains et même par les Nations-Unies, qui ne cautionnent pas l'implantation de ce genre de camp de « concentration » des temps modernes. Aujourd'hui, pour des raisons qui lui sont propres, Mahamadou Issoufou, semble entreprendre une marche en arrière. Mieux vaut tard que jamais.