Politique

Olusegun Obasanjo n'en est pas à son coup d'essai. Membre du parti de Goodluck Jonathan, il avait préféré soutenir le candidat de l'opposition, Muhammadu Buhari, pendant la présidentielle de 2015. Tout le monde connaît le résultat. L'ancien président est en train de récidiver pour l'élection de février 2019. En effet, il a adoubé jeudi son ancien vice-président et principal candidat de l'opposition à la prochaine présidentielle, Atiku Abubakar, abandonnant Buhari. C'est un soutien de poids malgré quelques années de brouille entre les deux hommes, après avoir, définitivement, tourné le dos à l'actuel président.

On ne peut pas avoir enseigné le droit à plusieurs générations de Camerounais et bafouer soi-même ce droit. En annonçant sa victoire (« J’ai reçu mission de tirer le penalty, je l’ai tiré et je l’ai marqué ») avant la proclamation des résultats d’abord par Elecam (Elections Cameroun), ensuite, par le Conseil constitutionnel camerounais dont les décisions sont sans appel comme en France, Maurice Kamto piétine en effet les lois de son pays et se comporte, par la même occasion, comme un hors-la-loi.

Question à 10.000 F CFA (15 euros). Que veut la France en Centrafrique, pays où elle a retiré son armée, il y a deux ans, malgré les supplications de son nouveau président, Faustin Archange Touadera, alors que les rébellions battaient, encore, leur plein à l'intérieur du pays jusqu'aux faubourgs de Bangui ? La question étant peut-être mal posée, faudrait-il sans doute dire les choses autrement : en réalité que ne veut pas la France en Centrafrique, bien qu'elle ait pris la poudre d'escampette laissant ce pays se démerder dans ses graves difficultés ? Réponse, également, à 10.000 F CFA (15 euros) : que la Russie de Poutine s'y implante pour aucun prétexte, elle qui a commencé, grâce à un feu vert du Conseil de sécurité, à y fournir des armes avant de s'y installer : aujourd'hui, c'est la Russie qui (chose incroyable il y a un an) s'occupe de la sécurité personnelle du président, Faustin Archange Touadera. C'est une très mauvaise affaire pour Paris et on comprend qu'Emmanuel Macron ait mis en route sa cheffe des armées, Florence Parly, pour contrecarrer les plans de Moscou. Car la stratégie de la Russie ne se limite pas au seul Centrafrique. Elle s'inscrit dans un vaste plan où elle va marcher main dans la main (comme tous bons partenaires des BRICS) avec la Chine du camarade Xi Jinping.

L'ADI (Action indépendante démocratique), le parti au pouvoir, a frôlé la catastrophe. En effet, elle a perdu la majorité absolue à l'Assemblée nationale de Sao Tome et Principe, pendant les élections législatives et municipales organisées, dimanche, 7 octobre. Ce parti compte, maintenant, sur des alliances pour gouverner le pays.

Le premier tour de la présidentielle qui se tiendra au Nigeria en février 2019 opposera deux vieux routards de la politique issus du Nord du pays : le chef de l'Etat sortant, Muhammadu Buhari, 75 ans, sera face à l'ancien vice-président et riche homme d'affaires, Atiku Abubakar, 71 ans. Atiku Abubakar a une excellente carte à abattre : De 1999 à 2007, il avait été le vice-président du général-président, Olusegun Obasanjo. Ce dernier, qui fut l'un des anciens chefs d'Etat nigérian à avoir laissé une bonne image en quittant sa fonction, avait appelé à voter contre Goodluck Jonathan alors qu'ils appartenaient tous les deux au même parti politique. Il se rangea dans la catégorie des déçus de son régime qui appelèrent à voter le général, Muhammadu Buhari. Mais le triste bilan de l'actuel président l'a contraint, à nouveau, à réviser sa position. S'il apporte son soutien à son ancien vice-président, Atiku Abubakar, l'actuel président candidat à sa succession aura de gros soucis à se faire.

Plus de peur que de mal : ce matin du 8 octobre, les Camerounais ont raison de pousser un Ouf de soulagement. Car la peur est derrière eux. Les élections, de manière générale, se sont bien déroulées. Désormais, place aux résultats qui, disons-le tout net, ne réserveront aucune surprise car au Cameroun, comme ailleurs, en Afrique, le pouvoir en place n'organise pas les élections pour les perdre.

Président en exercice de l'Union africaine (UA) jusqu'en janvier 2019, le président du Rwanda, Paul Kagame, a profité de cette tribune inespérée pour propulser la candidature de sa ministre des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, au poste de secrétaire générale de l'OIF (Organisation internationale de la Francophonie), qu'elle brigue, dans quelques jours, à Erevan. Même si le bilan de la sortante, la Canadienne, Michaëlle Jean, est loin d'être défendable, Paul Kagame, malgré le soutien du Français, Emmanuel Macron, peut se faire des soucis. L'élection de sa ministre ne sera pas comme une lettre à la poste. Car non seulement les Canadiens ne lâchent pas leur candidate, mais, Kagame ne peut, réellement, bénéficier des suffrages de tous les pays francophones d'Afrique puisqu'il n'est nullement un modèle à suivre en Francophonie : il a installé l'anglais à la place du français comme langue d'enseignement dans le système scolaire rwandais (lui-même sait dire à peine « Bonjour » en français). D'autre part, il a rempli ses prisons d'opposants. Il suffit de le contredire pour se retrouver en cellule avec comme motif : « Révisionnisme ». Le génocide dont on peut se demander s'il n'en est pas le principal déclencheur à cause du missile sol air qui venait de l'endroit que contrôlaient ses troupes de l'APR, lequel missile pulvérisa le Falcon 50 à bord duquel avaient pris place les présidents rwandais Juvénal Habyarimana et burundais Cyprien Ntaryamira.

Décidément, la justice coréenne est intraitable vis-à-vis des anciens présidents de la République accusés de détournement de fonds publics. Après l'ex-présidente, Park Geun-hye, qui a écopé de 25 ans de prison, en août dernier, c'est au tour de l'ancien président, Lee Myung-bak, d'être condamné ce vendredi, 5 octobre, à 15 ans de prison pour corruption, ce qui donne une bien triste image des anciens chefs d'Etat sud-coréens.

Le système imposé par Alassane Ouattara avec le soutien de la France est en train de dévoyer, complètement, la Côte d'Ivoire. Cela dit, il existe, encore, quelques rares Ivoiriens qui résistent à cet état de fait en cherchant à oeuvrer dans le bon sens (salutaire) collectif.

Pour la toute première fois, les chefs d'Etat de la CEEAC (Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale) et de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) ont tenu un Sommet commun pour mettre sur la table la question du terrorisme islamique et du djihadisme, qui sévit dans cette partie du continent. Organisé, le 30 juillet, à Lomé, au Togo, ce Sommet a été co-présidé par Faure Gnassingbé en tant que président en exercice de la CEDEAO, et son homologue du Gabon, Ali Bongo Ondimba, président en exercice de la CEEAC.

La Guinée célèbre, ce mardi, 2 octobre, le 60e anniversaire de l'indépendance acquise de haute lutte au point d'en payer durement le prix. Le fameux « NON » du père de l'indépendance guinéenne, Ahmed Sékou Touré, au général de Gaulle, entraîna la marginalisation du pays, jusque dans les années 80. En organisant de grandioses festivités pour ce 60e anniversaire, le président, Alpha Condé, a voulu replacer les choses dans leur contexte : si Sékou Touré a été considéré par Paris comme un ennemi de la France pour avoir choisi une indépendance « totale » de son pays, il n'était pas l'ennemi de l'Afrique et des Africains, ou des autres pays occidentaux. Au contraire, son esprit panafricaniste devrait en inspirer plus d'un sur le continent.

Général à la retraite, Muhammadu Buhari a le courage de se représenter à l'élection présidentielle de février 2019. Alors que tout son bilan sonne faux : persistance de la corruption, résurgence de la secte Boko Haram dont il annonçait la disparition, absence de leadership du pays sur le plan continental, santé précaire du chef de l'Etat, etc. Bref, les 4 ans à la tête du Nigeria de Muhammadu Buhari n'ont vraiment pas convaincu les Nigérians, à commencer dans son propre camp où on compte des départs de poids lourds politiques, qui pour se présenter à la présidentielle, qui pour soutenir d'autres candidats à cette élection. Si Buhari veut avoir une quelconque chance de passer, il lui faut inverser, radicalement, la tendance, surtout, dans la lutte contre Boko Haram. Mais son armée en a-t-elle la capacité ? On peut en douter !

Le 7 octobre 2018, les Camerounais se rendront aux urnes pour élire un nouveau président ou pour reconduire M. Paul Biya arrivé au pouvoir le 6 novembre 1982. Six jours plus tard, ce sera au tour des Ivoiriens de prendre part aux municipales et régionales maintenues à la date fixée malgré le refus de Dramane Ouattara de les reporter et de faire droit à la demande de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples de réformer la Commission électorale que toute l’opposition juge à juste titre illégale et forclose.

Le président ghanéen, Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, est rentré, dimanche, 30 septembre, au Ghana. Mais, ce voyage aux Nations-Unies aurait pu lui coûter la vie. En effet, de retour, dans son pays, son Falcon présidentiel a bien failli se crasher dans l'espace aérien des Etats-Unis, si l'équipage ne s'était pas montré, particulièrement, compétent. Au final, plus de peur que de mal, mais, le président est passé proche de la correctionnelle.

En moins de deux ans, les pays ACP (Afrique Caraïbe et Pacifique) sont appelés à renouveler les conditions de leur coopération avec l'UE (Union européenne). En marge de la 73e session de l'Assemblée Générale des Nations-Unies, à New York, les deux parties se sont retrouvées, vendredi, 28 septembre, pour lancer, officiellement, le processus des négociations qui mènera à un nouvel accord.

A la 73e session ordinaire de l'Assemblée Générale des Nations-Unies, le Togo a mis l'accent sur la réforme des Nations-Unies, véritable serpent des mers que cette institution n'arrive guère à finaliser depuis de très longues années. Remplaçant le chef de l'Etat, Faure Gnassingbé, empêché, à la tribune de cette 73e session, le ministre togolais des Affaires étrangères, le professeur, Robert Dussey, paraphrasant Descartes pour qui l'évidence est ce qui ne trompe pas, a expliqué que ladite réforme est « moins un souhait qu'une nécessité logique ». En d'autres termes, « Le monde a évolué, de nouveaux problèmes et nouveaux acteurs ont émergé, la planète est aujourd'hui en souffrance, l'extrémisme violent et le terrorisme menacent le monde, de nouvelles formes de responsabilité sont apparues ». Voilà pourquoi, a-t-il soutenu, "les Nations-Unies doivent se mettre à jour dans leur organisation et dans leur fonctionnement, si elles veulent, efficacement, jouer leur rôle d'institution de service à la communauté humaine". Paraphrasant l'épistémologue, Thomas Kuhn, le professeur, Robert Dussey, a affirmé que l'heure est au changement de paradigme.

Epître aux caciques du PDCI. C'est un courrier que notre frère, le professeur, Jean-Claude Djereke, écrit aux responsables de ce parti septuagénaire, afin qu'ils sachent prendre leurs responsabilités historiques. Content que le PDCI a tenu tête à l'ogre (au pouvoir) en refusant d'intégrer le nouveau parti, RHDP, il est, totalement, déçu que le même PDCI n'ait pas été capable de boycotter les élections du 13 octobre alors qu'il est conscient qu'avec cette Commission électorale Pro-RDR (contrairement aux promesses de l'ogre de la réformer), il va tout droit à l'abattoir.

Les choses se compliquent pour les magistrats qui ont décidé d'incarcérer Jose Filomeno dos Santos pour détournements de fonds publics. Prisonnier pas comme les autres, ce fils de l'ancien président, José Eduardo dos Santos, incarcéré, lundi, 24 septembre, dans une prison de Luanda dans une affaire de détournement de fonds, a entamé une grève de la faim. Pour mettre la pression sur les juges, selon certaines sources.

L'idée est géniale. Exemple à suivre, Nelson Mandela inspirera les dirigeants du monde de passage aux Nations-Unies. Le Portugais, Antonio Guterres, son secrétaire général a, en effet, dévoilé, lundi, 24 septembre, une statue du grand homme qui montre que la reconnaissance post-mortem, revient à ceux qui le méritent de leur vivant. On est Grand Homme de son vivant de par ses actions, son œuvre. Un bien fait de son vivant ne s'oublie jamais.

De nombreuses voix ont rendu hommage, samedi, 22 septembre, à Bruno Diatta, chef du protocole de la présidence de la République ayant servi pendant ...41 ans sous les quatre présidents qu'a connu le pays. Bruno Diatta s'est éteint vendredi, après une vie très bien remplie.