Politique

Chaque pays fait la politique de ses moyens et en fonction de ses (seuls) intérêts. Le premier ministre tunisien, Youssef Chahed, l'a rappelé à son homologue allemande, Angela Merkel, qui lui reproche de faire perso en ne coopérant pas suffisamment, avec ses partenaires occidentaux, pour faire face au terrorisme.

Les mots ne pourraient pas bien qualifier la déception du nouveau secrétaire général des Nations-Unies, Antonio Guterres, après l'affront que vient de lui faire subir Donald Trump, en mettant le veto des Etats-Unis à la nomination du Palestinien, Salam Fayyad, comme envoyé spécial des Nations-Unies en Libye.

Le deuxième mandat du président, Alassane Ouattara, devient un calvaire. Accordé, officiellement, pour terminer ses chantiers commencés en 2011, ce mandat devient un sac de nœuds difficile à dénouer. Machine à accéder au pouvoir, le RHDP est, pratiquement, en train de voler en éclats. Il ne tient plus qu'à un fil. Au sein du RDR, les héritiers du président aiguisent les couteaux, sous les gandourah. Le PDCI, de son côté, refuse de plus en plus d'être l'éternelle remorque du parti du chef de l'Etat, le RDR. Si Henri Konan Bédié garde, encore, le calme, ses lieutenants proches ou lointains, eux, donnent de la voix. C'est dans ce contexte que les anciens rebelles, reconvertis dans l'armée, ainsi que, les militaires réguliers, ont décidé de se faire entendre. La presse de l'opposition, bien naturellement, s'en donne à cœur joie, ce qui est de bonne guerre. Le pouvoir est énervé. Mais n'est-ce pas la règle du jeu ? On croyait pourtant le président de la République libéral : il fait une erreur en ordonnant (par procureur interposé) l'arrestation des journalistes de l'opposition. Pour si peu ? C'est franchement pitoyable.

On ne sait pas si Donald Trump va insuffler une politique, carrément, anti-arabe dans le monde. La façon dont il vient de bloquer la nomination du successeur de Martin Kobler, comme émissaire des Nations-Unies en Libye, peut le laisser penser. En effet, Palestinien et ancien premier ministre, Salam Fayyad a été récusé par Washington. Une décision qui crée un certain émoi aux Nations-Unies.

Les législateurs rwandais ont adopté, mercredi, 8 février, la loi établissant le kiswahili comme une langue officielle en plus de l'anglais, du français et du kinyarwanda. Le kinyarwanda (ou le kirundi au Burundi) est la langue nationale parlée par 98% de Rwandais et de Burundais. L'adoption du swahili comme langue nationale (parlée dans toute la sous-région d'Afrique australe) est un pas vers l'intégration africaine.

Au moins, 20 combattants ont été tués dans des affrontements qui ont éclaté, samedi, dans une localité minière du centre du Centrafrique entre deux factions rivales de l'ex-rébellion séléka, selon des témoins qui fuyaient les combats.

La FIDH et la Ligue ITEKA condamnent avec la plus grande fermeté l'attaque du camp militaire de Mukoni par des hommes armés non-identifiés le 24 janvier et les opérations de représailles des autorités au sein de l'armée contre les soldats tutsi des ex-Forces armées burundaises (FAB).

Candidat de la droite et du centre, vainqueur incontesté des primaires devant Alain Juppé, François Fillon a été rattrapé par son passé d'homme du « système ». Après avoir fait la différence avec Alain Juppé et Nicolas Sarkozy en convoquant la morale pendant la campagne, il peine, aujourd'hui, à expliquer qu'il soit, aussi, transparent que le général de Gaulle qu'il aimait prendre comme référence dans ses attaques contre ses concurrents. S'il a réussi, momentanément, à maintenir les dirigeants de la droite et du centre (à l'exception notable de François Bayrou) derrière lui, on commence, cependant, à noter de grosses fissures dans le rang des militants. A la veille de son voyage à l'île de la Réunion, François Fillon n'est, vraiment, plus lui-même. Il est en train de tuer son camp : Il l'a empêché de recourir à un Plan B (Alain Juppé, François Baroin ou Xavier Bertrand) alors qu'il est dans l'impossibilité morale et intellectuelle de faire campagne pour gagner. Du coup, la traditionnelle machine à perdre de la droite est à nouveau en marche. Pour le bonheur de Marine Le Pen ou d'Emmanuel Macron ? On ne le sait encore.

Le tonitruant président américain, Donald Trump, plie, mais refuse, toujours, de rompre. Son appel a été rejeté à l'unanimité des trois juges de la Cour d'appel de San Francisco. Pas du tout démonté, le milliardaire pense, désormais, saisir la Cour suprême. Cette question est-elle devenue une affaire de vie ou de mort pour lui ? On commence à se le demander.

Après avoir étalé leur puissance de frappe en paralysant toutes les activités de la localité, les forces spéciales sont rentrées dans les casernes afin de permettre le déroulement des négociations par rapport à leurs revendications. L'heure est grave en Côte d'Ivoire où le président, Alassane Ouattara, est en train de récolter ce qu'il a semé : l'arrivée au pouvoir par tous les moyens y compris militaires.

Voilà un chef d'Etat, démocratiquement, élu par les électeurs du Burkina Faso, qui, est aux affaires, armé de meilleures intentions du monde. Il a composé un gouvernement de jeunes ministres, qui prennent leur marque, au fur et à mesure, dans un contexte sous-régional et international, particulièrement, difficile. Il a besoin de ne pas être déstabilisé, pour le bien de tous.

Pourquoi tous les dossiers traités actuellement, à la CPI (Cour pénale internationale), concernent les ressortissants africains ? Alors que cette institution aurait aussi beaucoup à faire au Moyen-Orient, dans les anciens pays de l'Est, en Asie et dans beaucoup de pays occidentaux où on pense diriger le monde en fonction de leurs seuls intérêts.

Un groupe d'experts des droits humains des Nations-Unies a condamné, aujourd'hui, la récente interdiction et la suspension provisoire d'un certain nombre d'organisations de la société civile au Burundi et a mis en garde contre «l'effet obstructif, restrictif et stigmatisant de la législation récente sur les ONG, dans un contexte de répression croissante des défenseurs des droits humains ».

Il y aura bien un procès dans l'Affaire Bygmalion. Le juge, Serge Tournaire, a ordonné le renvoi en correctionnelle de Nicolas Sarkozy et de treize autres protagonistes, a-t-on appris, mardi, 7 février, dans l'enquête sur ses dépenses de campagne lors de la présidentielle de 2012, et les fausses factures de la société Bygmalion.

Chacun pour tous et tous pour chacun. Voilà la devise des Lions indomptables qui les a conduits au succès du 5 février.

Le président, Idriss Déby Itno, a annoncé, dimanche, 5 février, soir, un important remaniement ministériel au Tchad avec l'entrée au gouvernement de plusieurs nouvelles personnalités dont le cinéaste, Mahamat Saleh Haroun, et l'actuel ambassadeur du Tchad en France.

Alassane Ouattara ne va pas bien politiquement. Son système de gouvernance mis en place, en 2011, a montré ses limites : des mutineries viennent d'aboutir au limogeage du chef d'état major des armées et de plusieurs hauts gradés. Beaucoup de responsables militaires, venant de la rébellion qui l'avait installé au pouvoir, ont, par ailleurs, été nommés, preuve que l'avenir est incertain. C'est dans cette circonstance grave que l'armée française entame un (re)déploiement dans le pays, sous les yeux ébahis mais non étonnés des Ivoiriens. Ouattara est sur un siège éjectable. Il faut le protéger.

Les Etats-Unis réinstaurent les visas révoqués par le décret anti-immigration de Donald Trump. Le gouvernement américain a dû se plier à la décision de justice qui suspend ce décret polémique, qui interdisait les voyageurs venus d'une dizaine de pays de fouler le sol américain.

C'est comme au Congo-Brazzaville. On devient ami avec son opposant quand il est déjà mort. On devient humble devant sa famille biologique et politique, on finance les obsèques, on devient attendrissant, bref, on change de visage. Juste parce qu'il ne sera plus là pour déranger. A Kinshasa, Joseph Kabila a copié cette formule magique. Il a annoncé que l'Etat devrait prendre en charge l'organisation des obsèques d'Etienne Tshisekedi. Sauf que s'il était vivant, Tshisekedi aurait renvoyé le jeune président paître.

Etats de droit vraiment ? Beaucoup de pays africains s'affichent comme tels. Il s'agit de la partie visible de l'iceberg. Car, la réalité est dans la partie immergée : la dictature sinon la démocratie « façon façon ». Pour la première fois, le parlement européen a décidé de mettre les pieds dans le plat. A Strasbourg, les députés européens viennent de prendre une résolution pour dénoncer l'organisation de la présidentielle au Gabon, en août 2016, et le refus du pouvoir rdcongolais de respecter la loi fondamentale en organisant les élections dans les délais constitutionnels. C'est une première dans l'histoire franco-africaine de cette institution, même si cette initiative n'a que valeur symbolique. Pas de quoi fouetter la panthère et le léopard, qui ne vont rien s'interdire dans leur forêt équatoriale où ils sont les rois incontestés.