Politique

Human Rights Watch (HRW) ne passe pas par quatre chemins pour dire que les Imbonerakure sont une organisation criminelle au cœur du pouvoir.

A cause du refus du président sortant, Yahya Jammeh, de quitter le pouvoir, le président élu, Adama Barrow, a dû, avec le soutien des autorités du Sénégal, « prêter serment », à l'ambassade de Gambie, à Dakar. Ce serment est pour la forme, un autre devant être organisé, à Banjul, devant les chefs d'Etat invités et les autorités gambiennes compétentes (Cour suprême, autorités politiques, militaires, religieuses et civiles), après le départ (d'une façon ou d'une autre) de Yahya Jammeh du pouvoir.

Le dictateur a horreur d'être contrarié. Il n'aime pas non plus la contradiction. Se sachant très impopulaire, il se maintient, au pouvoir, par la (seule) force des armes. Parce qu'il redoute, fortement, l'avenir qui ne lui sourit plus, il s'est mis à mettre, un par un, en prison, tous ses grands opposants qu'il redoute. C'est le cas de Paulin Makaya, de Jean Marie Michel Mokoko et depuis quelques jours, d'André Okombi Salissa. Ces deux derniers opposants l'ont battu à la présidentielle de mars 2016 avant qu'il n'inverse les résultats en sa faveur. Mais, même s'il a transformé Brazzaville en une prison à ciel ouvert, Sassou-Nguesso ne fait plus peur à personne. C'est, au contraire, lui qui a, désormais, peur des Congolais qui entendent prendre leurs responsabilités, à l'instar de Claudine Munari, qui agit à la tête de l'opposition unie.

L'investiture d'Adama Barrow n'aura pas lieu ce 19 janvier, comme prévu. Le président sortant, Yahya Jammeh, a mis ses menaces à exécution en s'octroyant une prorogation de son mandat de trois mois. Cette investiture n'aura pas lieu, non plus, à Dakar. Après l'échec des négociations de la dernière chance menées par le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, place à la force militaire. L'armée de l'air nigériane a, déjà, envoyé 200 hommes et des avions au Sénégal, dans le cadre du mandat régional ouest-africain conféré à Abuja, pour faire appliquer, en Gambie, la victoire du président élu, Adama Barrow, face au sortant Yahya Jammeh. L'épreuve de force se met en place.

L'explosion d'une voiture piégée a fait, au moins, 30 morts, dans un camp militaire de l'ONU à Gao. Il s'agit d'une attaque au véhicule piégé, selon certains observateurs sur place. Le camp visé abrite des troupes gouvernementales, ainsi que, les membres de divers groupes armés.

Yahya Jammeh sera, bientôt, un homme seul. Quatre nouveaux ministres du président gambien ont quitté le gouvernement, déjà, touché par une série de départs depuis son refus de céder le pouvoir à son successeur élu, Adama Barrow, le 19 janvier.

Au moins, 50 personnes, dont six humanitaires de la Croix-Rouge locale, ont été tuées lorsqu'un avion de l'armée de l'air nigériane a bombardé, par erreur, un camp de déplacés dans le Nord-Est du Nigeria.

Des militaires mutins tirent en l'air et patrouillent dans Yamoussoukro, la capitale politique de la Côte d'Ivoire, rackettant les habitants, ont affirmé plusieurs témoins, ce mardi. Ils occupent la préfecture des 1er et 2e arrondissements de cette ville. Contrairement à ce qui avait été déclaré, la situation n'est pas sous contrôle. Aux dernières nouvelles, la Garde républicaine a attaqué les mutins. Déjà au moins un mort, ce qui a provoqué d'autres mutineries à Man, Dimbroko, Bouaké et Daloa.

Le parquet militaire a requis, lundi, 16 janvier, cinq à vingt ans de prison ferme contre les 27 soldats membres de l'ex-régiment de sécurité présidentielle (RSP), l'ex-garde prétorienne du président déchu, Blaise Compaoré, accusés d'avoir voulu libérer leurs collègues emprisonnés après le putsch raté en septembre 2015.

Le président de la Cour suprême gambienne, Emmanuel Fagbenle, s'est récusé, lundi, 16 janvier, de l'examen du recours porté devant cette juridiction par le chef de l'Etat, Yahya Jammeh, contre l'investiture de son successeur élu Adama Barrow, prévue le 19 janvier. Par ailleurs, alors qu'il se trouve au Sénégal où il a élu domicile jusqu'à son investiture, Adama Barrow a perdu un de ses cinq fils, hier, à Banjul, décédé de morsures de chiens. Il était âgé de 8 ans.

Le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, qui a, déjà, à plusieurs reprises, annoncé qu'il sera, encore, à la tête du pays à 100 ans (92 ans actuellement), n'a pas apprécié qu'un pasteur annonce sa mort en 2017. Il a ordonné son arrestation.

La présidence burundaise a, officiellement, demandé à ses ministres des Affaires étrangères et de la Défense, d'entamer la procédure de retrait des troupes burundaises déployées, en Somalie, dans le cadre de la force de l'Union africaine (Amisom), en raison d'un conflit sur les salaires des soldats.

Les chefs d'Etat membres de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) ont entrepris un bras de fer avec leur homologue de Gambie, Yahya Jammeh, battu, logiquement, à l'élection présidentielle de décembre dernier. Alors que, malgré sa défaite, il a décidé de rester en place tant que la Cour suprême qu'il a saisie ne confirme pas la victoire d'Adama Barrow, la CEDEAO, elle, annonce l'investiture de ce dernier, le 19 janvier. Et par mesure de sécurité, la présidente en exercice de la CEDEAO, Ellen Johnson Sirleaf, a annoncé que Barrow résidera, désormais, à Dakar, jusqu'à son investiture, sous la bienveillante protection du Sénégalais, Macky Sall.

"On nous dit que c'est fini mais combien de temps avant que ça ne recommence ?": Sita Soro, commerçante au marché de Bouaké, résume les craintes de beaucoup d’Ivoiriens après une nouvelle mutinerie de militaires, qui pèse sur l'avenir d'un pays redevenu une locomotive régionale. La rébellion conduite par Guillaume Soro, en 2002, n'a pas, encore, livré tous ses secrets. Loin s'en faut.

Le président, Sassou Nguesso, en tant que président du Comité de haut niveau de l'Union africaine (UA) sur la Libye, convoquera un Sommet sur la Libye, le 25 janvier, à Brazzaville, soit, la veille du Sommet de l'UA, à Addis Abeba. Il compte tenir cette rencontre internationale dans un pays qu'il maintient en état d'urgence, notamment, au Pool (région de Brazzaville) où il a déployé plus de 10.000 militaires pour y déloger le pasteur Ntoumi accusé de lui tenir tête. Dans une dictature où il n'y a aucune contestation possible, le pasteur Ntoumi est considéré par les Congolais comme un héros. Au vu et au su de tous, le dictateur met, un à un, tous ceux qui peuvent lui apporter contradiction aux arrêts. Après Paulin Makaya (dont l'emprisonnement l'a empêché de se présenter à la présidentielle de mars 2016 et Jean-Marie Michel Mokoko et beaucoup d'autres, il vient, coup sur coup, en moins d'une semaine, d'arrêter le député, André Okombi Salissa (AOS), ancien candidat à la présidentielle, alors qu'il bénéficie de l'immunité parlementaire. Depuis cinq jours, AOS est embastillé à la DGST (police politique), menotté (notre photo), comme un vulgaire délinquant, alors que son écharpe tricolore lui confère des prérogatives que seule la loi peut enlever. Depuis hier, c'est notre confrère, patron de Thalassa, Ghys Fortuné Dombé, qui croupit dans les geôles de la même DGST. Juste parce qu'il a déclaré que des individus comme le général, Jean François Ndengué, directeur général de la police, après avoir atteint la limite d'âge, ne devraient plus émarger dans la fonction publique comme agents de l'Etat. Conclusion : Sassou est au-dessus de la loi quand il n'est pas lui-même la loi. Il a dépassé les Congolais, mais aussi, le monde entier.
Il y a quelques semaines, Afrique Education avait réussi à joindre AOS de son refuge à Brazzaville. Il nous avait accordé une interview (parue dans le numéro 447 d'Afrique Education) qui avait fait perdre le sommeil au dictateur. Cette interview (à lire ci-après) a permis de sauver la vie à Okombi. Car le dictateur avait organisé son assassinat. Purement et simplement. Maintenant, AOS est sous sa « protection » directe. Si quelque chose lui arrive, on saura à qui demander les comptes. C'est-à-dire à Sassou-Nguesso himself.

Le Sommet France-Afrique de Bamako a permis aux chefs d'Etat et de gouvernement présents d'examiner la situation qui prévaut, actuellement, en Gambie. Invité à participer à cette rencontre, Adama Barrow a pu être présenté à l'Afrique comme chef d'Etat élu de Gambie. Il en sera, de même, fin janvier, à Addis Abeba, au Sommet de l'Union africaine, si d'ici là, Yahya Jammeh n'a pas quitté le pouvoir. Pour le déloger du Palais, les chefs d'Etat réunis à Bamako pensent qu'il ne sera pas nécessaire de recourir à un « bain de sang ». C'est du moins ce que pense le Malien, Ibrahim Boubacar Keita.

Fini le temps où le Sommet France-Afrique (aujourd'hui Afrique-France) se tenait pendant deux jours et, était, couru, car symbolisant de grandes retrouvailles entre Paris et les capitales francophones d'Afrique. Comme la grenouille qui cherchait à ressembler à l'éléphant, la France s'est mise, sans concertation, à élargir ce Sommet aux pays anglophones et lusophones, lui enlevant, du coup, toute sa substance. Son originalité. Il y eut même des remous à ce changement de cap venant, notamment, de Libreville. Le virage a été effectué. Mais pour quelle utilité ? Ce samedi, 14 janvier, jour d'ouverture de la CAN au Gabon, plus de vingt chefs d'Etat et de gouvernement vont se retrouver, pour quelques heures de travaux. A part la sécurité qui est devenue un thème de société, ce sera du déjà vu et entendu.

Au moment où se tient le Sommet France-Afrique, à Bamako, le professeur, Jean-Claude Djereke, se demande pourquoi l'école des Blancs a failli dans la transformation de l'homme africain alors qu'il est devenu le principal facteur de blocage dans la transformation de la société.

Français et Africains se retrouvent, aujourd'hui et demain, à Bamako, pour un Sommet France-Afrique, devenu, aujourd'hui, jeu de mots oblige, Sommet Afrique-France, pour des enjeux qui dépassent, de loin, la qualité et la compétence du pays partenaire qui se retrouvera en face des pays africains.

Jacob Zuma, empêtré dans de nombreux scandales financiers, pourrait quitter le pouvoir par la petite porte, avant terme, en 2019. Mais, même s'il va jusqu'au bout de son mandat, il risque de souffrir si son successeur n'est pas une personne sûre, susceptible de lui assurer une certaine protection vis-à-vis des instances judiciaires et politiques nationales. Son ex-femme, Nkosazana Dlamini-Zuma, qu'il avait placée à la tête de l'Union africaine, et qui est de retour, au pays, pour briguer la présidence de l'ANC, et donc, du pouvoir, peut-elle être un bouclier utile pour Jacob ?