Politique

Trente soldats maliens ont été tués, lundi, 18 novembre, dans une attaque attribuée aux djihadistes dans l’Est du Mali, à proximité de la frontière nigérienne, a-t-on appris, mardi, de source sécuritaire malienne, alors que l’armée avait jusqu’ici fait état d’un bilan de (seulement) 24 militaires tués.

L'ancienne première dame du Sénégal, Colette Senghor, épouse de l'ancien président et chantre de la Négritude, Léopold Sédar Senghor, est décédée, lundi, 18 novembre, à l'âge de 93 ans, à Verson, dans le Calvados (France), a annoncé la municipalité normande. Très effacée, comme le fut, à l'époque, sa consoeur, Germaine Ahidjo, ancienne première dame du Cameroun, mais aussi, Thérèse Houphouët-Boigny, ancienne première dame de Côte d'Ivoire, Colette Senghor n'en influençait pas moins l'action politique de son mari, à la tête de l'Etat. Si, aujourd'hui, l'oeuvre politique et littéraire de Léopold Sédar Senghor, est saluée par certaines élites africaines, et relativement, moins critiquée par d'autres forts en thème du continent, c'est, justement, parce que derrière ce grand homme, se dissimulait une grande dame, qui savait lui donner de bons conseils pour arrondir ses angles quand il le fallait.

L'opposition congolaise se plaint, depuis plusieurs années, que les Nations-Unies préfèrent envoyer, comme leur représentant en Afrique centrale, des anciens ministres (au chômage) originaires de l'Afrique de l'Ouest assez perméables à la corruption. Des exemples ne manquent pas : l'ancien ministre sénégalais, Abdoulaye Bathily, était à l'oeuvre en Afrique centrale quand le président du Congo, Denis Sassou-Nguesso, a modifié sa constitution, en octobre 2015, pour s'octroyer une présidence à vie, au lieu de prendre sa retraite politique. Sans qu'il ne tire la sonnette d'alarme, Abdoulaye Bathily est, fortement, accusé par l'opposition d'avoir facilité la démarche de Sassou et ignoré sa désapprobation. L'opposition congolaise avait, fortement, dénoncé cette attitude, ce qui a d'ailleurs fait monter la suspicion quand son mandat terminé, Abdoulaye Bathily a été remplacé par un autre ressortissant de l'Afrique de l'Ouest, à savoir, l'ancien ministre des Affaires étrangères de Guinée, François Lonsény Fall. Inutile de dire que l'opposition congolaise qu'il rencontre dans le cadre du futur dialogue politique que compte organiser Denis Sassou-Nguesso, ne lui fait absolument pas confiance. Mais, comme s'il suivait un agenda caché, le représentant des Nations-Unies n'en a cure. A le voir fonctionner, c'est comme si l'opposition n'existait pas.

A quoi servent les embrassades des musulmans avec à la clé une récitation des sourates du Saint Coran, qui marquent l'amitié et la solidarité, si celles-ci restent de vaines pratiques sans effet réel ? Après un exil de trois ans entre Paris et Cotonou, l'ancien premier ministre du Niger, Hama Amadou, est rentré, à Niamey, pour s'incliner sur la tombe de sa mère, récemment, décédée. Sous le coup d'une peine d'emprisonnement qui reste huit mois à courir, il a été très bien accueilli par la direction de son parti politique ainsi que les militants de celui-ci. Les ministres du gouvernement sont, aussi, venus lui faire part de leurs condoléances dont le puissant ministre de l'Intérieur et futur candidat du PNDS, le parti au pouvoir, à la prochaine élection présidentielle, Mohamed Bazoum. Dimanche, 17 novembre, c'est la première dame du Niger, Malika Issoufou, en compagnie de l'épouse du premier ministre, qui s'est rendue au domicile de Hama Amadou pour lui présenter ses condoléances les plus attristées après le décès de sa mère. Alors que les deux épouses des deux plus hautes personnalités de l'exécutif s'entretenaient avec l'ancien premier ministre, le téléphone de la première dame a sonné. Au bout du fil, c'était son mari, le président de la République, qui a demandé à parler à son frère Hama à qui il tenait à faire part, lui aussi, de ses condoléances. Le vivre-ensemble à la nigérienne est en train de faire des merveilles. D'où la question de savoir si on ne se dirige pas, rapidement, vers une grâce présidentielle, une prérogative du président de la République, qui s'exerce de façon discrétionnaire ?

Le dictateur tchadien, Idriss Déby Itno, a entrepris une campagne d'auto-glorification des bienfaits de ses trente ans à la tête du Tchad. Alors que les Tchadiens et les Tchadiennes considèrent sa survenue au pouvoir comme une véritable malédiction, la pire des choses qui soit arrivée à leur pays un 4 décembre 1990, Déby Itno bombe le torse en leur crachant au visage : « sans moi c'est le déluge ». Et pourtant, cet individu a, complètement, ruiné son pays, du reste, devenu producteur et exportateur de pétrole depuis une dizaine d'années. Comme s'il n'attendait qu'un tel événement pour s'enrichir, il a confié tous les postes juteux ayant trait à l'exploitation pétrolière à ses seules famille et belle-famille de la première dame, à savoir, sa quinzième épouse, Hinda Déby Itno.
L'article qui suit contenu dans le numéro 481 d'octobre d'Afrique Education (encore en vente chez les marchands de journaux ou à la rédaction) montre comment il a transformé le Tchad en "société anonyme", en sultanat, en véritable royaume où tout (ou presque) lui appartient, alors que les salaires connaissent plusieurs mois de retard chez certaines catégories d'agents de l'Etat. A la lecture de cet article, on comprendra pourquoi les syndicalistes tchadiens affirment que leur pays connaîtra un semblant de prospérité après et seulement après le départ du pouvoir de ce dictateur. Mais c'est pour quand ce départ ? Mystère et boule de gomme !

A 48 heures de l'ouverture de la campagne présidentielle du 12 décembre, les Algériens sont à nouveau descendus massivement dans la rue, vendredi, 15 novembre, pour dire non à un scrutin destiné selon eux à régénérer un « système » dont ils veulent se débarrasser. Après avoir dégagé ceux qui bloquaient son bon fonctionnement, à commencer par le président, Abdelaziz Bouteflika, lui-même, les manifestants vont, dans les jours qui suivent, s'en prendre au général, Gaïd Salah, le vrai homme fort du pays. S'il ne dégage pas de son poste avant la tenue de l'élection présidentielle, celle-ci sera, fortement, perturbée, si jamais, elle a lieu. En effet, l'objectif des manifestants est d'empêcher la tenue de l'élection.

« Je les tiens tous, j'ai leurs dossiers... Julien Nkoghe Bekale a détourné des milliards quand il était au pétrole, Ali Onanga a piqué l'argent de la Banque islamique de développement, Anicet Mboumbou Miyakou avait volé l'argent à Gabon Télécom. Pacôme Moubelet, Régis Immongault et Bilié-By-Nzé traînent d'énormes casseroles. Quant à Mborantsuo, elle est plongée jusqu'au cou dans l'histoire du marché sans appel d'offres offert à son beau-frère pour la construction du siège de la Cour constitutionnelle... Ce sont tous des voleurs ». Voilà comment Brice Laccruche Alihanga, l'ancien directeur de cabinet du président, Ali Bongo Ondimba (ABO), pensait tenir en respect, certains collaborateurs stratégiques du chef de l'Etat. Au même moment, il organisait un pillage systématique des deniers de l'Etat. Les enquêtes diligentées depuis son limogeage, le 7 novembre, commencent à donner une idée de l'ampleur des dégâts.

Les manifestations se suivent et se ressemblent dans la Guinée du « professeur » Condé. Trois Guinéens ont été tués par balle lors des heurts survenus, jeudi, 14 novembre, à Conakry, après la dispersion par les forces de sécurité d'une nouvelle manifestation d'opposants au président, selon un bilan mis à jour vendredi auprès de l'opposition et de l'hôpital. Sauf évolution de dernière minute, le pouvoir, lui, se cantonne, toujours, à son bilan d'un mort.

L'ancien patron du quotidien, l'Union, Ngoyo Moussavou, vient d'accorder une longue interview à l'hebdomadaire de l'opposition, l'Aube. Un fait est sûr et certain : son passage au sénat comme président du Groupe PDG l'a rendu sage, mais, pas moins tranchant : il n'est pas différent du journaliste qu'il fut à la direction du quotidien quasi-gouvernemental. Partisan d'Ali Bongo Ondimba (ABO) dont il défend le bilan, à fond, il l'a montré par une certaine forme d'agressivité à l'endroit du journaliste venu l'interviewer, oubliant parfois que ce dernier appartient à l'opposition, et qu'il est loin de penser comme lui.

Dans une proportion non négligeable, les chefs d'Etat africains ne sont pas perçus comme des dirigeants libres et indépendants aux yeux de beaucoup d'Africains. A l'heure des réseaux sociaux et d'internet où il est assez difficile d'occulter un fait, on sait ce que font les uns et les autres. Président du Tchad, Idriss Déby Itno est considéré à afriqueeducation.com comme un « dictateur », qui opprime son peuple et dilapide les richesses de son pays. Mais, afriqueeducation.com le perçoit, aussi, comme l'un des rares présidents africains, qui crache les vérités sur les Occidentaux sans porter de gants quand il en a la possibilité.

Locataire de l'Elysée depuis mai 2017, Emmanuel Macron tient sa réunion internationale : Le Forum de Paris pour la Paix est organisé, tous les ans. Du moins, le temps de son séjour à l'Elysée. Du 12 au 13 novembre 2019, il en est à la tenue de sa deuxième édition, en attendant la troisième en 2020 et la quatrième en 2021. La cinquième ? Il faudra qu'il se fasse réélire en mai 2022, sinon, son successeur pourra, purement et simplement, confiner ce Forum dans le registre des oubliettes. Car, même s'il est convoqué par le président d'une puissance mondiale, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations-Unies, le Forum de Paris pour la Paix doit, absolument, montrer son utilité pour perdurer, et convaincre, que les participants invités ne viennent pas à Paris pour faire du tourisme.

Sans crier gare, le président de la République a mis fin aux fonctions de son très controversé directeur de Cabinet, Brice Laccruche Alihange (BLA), qui ne va pas se retrouver dans la nature : il devient ministre chargé du Suivi de la Stratégie des investissements humains et des Objectifs de développement durable, dans le gouvernement du premier ministre, Julien Nkoghe Bekale. Pour le remplacer, Ali Bongo Ondimba (ABO), contre toute attente, est parti piocher Théophile Ogandaga de la société Olam où il occupait les fonctions de directeur général-adjoint. Le choix du nouveau dircab donne une marge de manœuvre au premier ministre, mais, vise, surtout, à apporter la sérénité au Palais du Bord de Mer où le président reprend, progressivement, les choses en main.

Lorsque je pris connaissance du décès, à presque 90 ans, d’Albert Tévoédjrè, je repensai, tout d’abord, à son engagement au sein de la puissante Fédération des étudiants d’Afrique noire en France (FEANF), qui se battait pour la décolonisation du continent africain. Tévoédjrè joua un important rôle dans ce mouvement. Par exemple, c’est sous sa présidence que la FEANF organisa, en 1954, à Toulouse, les journées dites anticolonialistes. Ces journées, qui rencontrèrent un franc succès auprès des participants, n’avaient pas d’autre but que de faire comprendre à la France qu’il était temps qu’elle se retire de ses colonies et qu’elle laisse les Africains se prendre en charge.

Incarcéré depuis avril 2018 pour corruption, l'ancien président, Luiz Inacio Lula da Silva dit Lula, a dormi, chez lui, à la maison, cette nuit, après sa libération ordonnée par la justice.

L'ex-président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, incarcéré depuis plus d'un an et demi pour corruption, pourrait sortir, prochainement, de prison à la faveur d'un arrêt rendu, jeudi, 7 novembre, soir, par la Cour suprême.

La Cour pénale internationale (CPI) a condamné ce jeudi, 7 novembre, l'ex-chef de guerre congolais, Bosco Ntaganda, à une peine de 30 ans de prison pour des crimes de guerre et contre l'humanité. C'est la peine la plus lourde jamais prononcée par la juridiction basée à La Haye.

Aveu d'échec ! On l'avait, déjà, constaté avec la difficulté de mettre sur pied le G5 Sahel (qui peine à rassembler les financements), mais aussi, avec des attaques répétées et cruelles des djihadistes dans les pays du Sahel où se trouvent d'importantes forces françaises, en l'occurrence, Barkhane. Il fallait juste le reconnaître publiquement, ce que vient de faire la ministre française des Armées, Florence Parly, qui a dit ce mardi, 5 novembre, au président, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), la volonté de Paris de renforcer le soutien aux forces maliennes grâce à ses alliés européens, dans le difficile combat contre les djihadistes. C'est vrai que les djihadistes qui déstabilisent le Sahel viennent, en majorité, de la Libye à la suite de l'assassinat de Kadhafi. Mais, il est intolérable que 69 ans après les indépendances, le Mali ne dispose pas, encore, d'une armée digne de ce nom. IBK est (quand même) en place depuis 2013. On n'a pas vu ce qu'il a fait pour doter son pays d'une armée solide capable de défendre les frontières du Mali. Son réflexe quand il y a un massacre perpétré par des djihadistes, c'est de regarder du côté d'Emmanuel Macron. Son Père Noël ? C'est vrai que le jeune président est comptable de cette situation (via la responsabilité de son prédécesseur Nicolas Sarkozy, l'homme par qui tout ce désordre est arrivé) mais, le président français n'est nullement responsable du choix du président malien de ne pas bâtir une bonne armée capable de combattre les djihadistes.

L'élection présidentielle en France, c'est en 2022. Encore loin ? Que non ! D'autant qu'il paraît que c'est maintenant qu'elle se gagne. Il paraît, aussi, que le futur président que choisiront les Français, sera celui-là qui les aura convaincus le plus sur les questions de migrations, non pas, parce que l'immigration est la principale préoccupation des Français (le chômage et les questions de sécurité viennent en pole position dans les sondages), mais, parce que ce sujet très défendu à droite et à l'extrême-droite, est celui qui ferait plancher la balance lors de l'élection présidentielle prochaine. Du coup, tout le monde s'y est mis (à droite) et le gouvernement dont le grand-chef, Emmanuel Macron, rêve de croiser le fer une nouvelle fois, au deuxième tour, Marine Le Pen, pour gagner l'élection en dormant (presque) s'y est, aussi, mis. D'où le durcissement des lois sur l'immigration et l'instauration des quotas. Mais, juste un rappel : les Africains ne viennent pas, dans leur grande majorité, en France parce qu'ils en ont envie, mais, parce qu'ils fuient la misère, la pauvreté, et l'absence de perspectives dans leur pays, toutes choses créées par l'étau coercitif que les dirigeants successifs de l'Etat français, exercent sur ceux d'Afrique francophone. On appelle cela, la Françafrique, dont les Africains demandent la fin, mais, que l'actuel président, surnommé, en France, « le président des TRES riches », a décidé de perpétuer afin de satisfaire ses amis du CAC 40, de Wall Street et de la City. D'où la question de savoir si on peut lutter, efficacement, contre l'immigration en France sans mettre fin à la Françafrique ? La droite et l'extrême-droite devraient se pencher sur cette question.

Le président russe, Vladimir Poutine, a essayé de répondre à cette question que se posaient 43 chefs d'Etat et de gouvernement réunis, à Sotchi, les 23 et 24 octobre. Le numéro 482 de novembre d'Afrique Education chez les marchands de journaux depuis mardi, 5 novembre, donne, de son côté, en profondeur, les tenants et les aboutissants de cette coopération naissante. Le magazine met l'accent sur ce que Poutine n'a pas dit à ses invités, à Sotchi.

Le moins que l’on puisse affirmer est que Nathalie Yamb n’y est pas allée avec le dos de la cuillère lors de sa prise de parole à Sotchi (Russie), le 24 octobre 2019. Tantôt demandant la fin du F CFA, qui ne garantit pas d’autre stabilité que celle “de la mauvaise gouvernance, de la pauvreté et de la corruption”, tantôt stigmatisant “les accords de défense bidon qui ne servent qu’à permettre le pillage de nos ressources, l’entretien de rébellions, l’entraînement de terroristes et le maintien de dictateurs à la tête de nos Etats”, tantôt, décrivant la France comme un pays “qui avance sans bouger, en portant des masques et qui considère toujours le continent africain comme sa propriété”, la conseillère exécutive de Mamadou Koulibaly n’a pas eu de mots assez durs pour attaquer la politique française en Afrique.