Politique

Contre toute attente, le président ougandais, l'ancien guérillero Yoweri Museveni, vient d'imposer une taxe exceptionnelle sur les réseaux sociaux en Ouganda, que Reporters sans frontières considère comme “une nouvelle barrière pour affaiblir la presse”. Et si c'était une façon de lutter contre la désinformation sur les réseaux sociaux où on trouve tout et son contraire, sans sanction ? Le débat est lancé.

Le ministre malgache de la Défense, Béni Xavier Rasolofonirina, a tapé du poing sur la table, jeudi, 31 mai, en menaçant de faire intervenir les forces de défense et de sécurité si le gouvernement et l'opposition ne trouvent pas, rapidement, une issue à la crise politique qui secoue le pays depuis plus d'un mois. En langage non policé, il s'agit de la prise du pouvoir par la force. Autrement dit, les militaires viendraient mettre de l'ordre dans les affaires de l'Etat que les politiques auraient mis sens dessus dessous. L'avertissement du ministre de la Défense est à prendre d'autant plus au sérieux que ce n'est pas la première fois que l'armée prend le pouvoir pour départager les civils en conflit.

L'invitation de Kim Jong-un à se rendre chez Vladimir Poutine ? C'est une pression supplémentaire qui va s'exercer sur le très instable président américain, Donald Trump. Le président républicain est tellement imprévisible qu'il serait capable d'annuler, une deuxième fois, le Sommet, qu'il envisage de tenir, le 12 juin, à Singapour, avec le président nord-coréen, le « leader bien aimé » Kim Jong-un. Mais, désormais, le chef russe est à l'embuscade. Face au cirque dont l'acteur principal n'est autre que le clown de la Maison Blanche, Vladimir Poutine, qui est crédité d'être l'homme le plus puissant du monde (selon les magazines américains), veut tirer la couverture à lui. Car à défaut d'être intelligent, Trump est, encore, moins bien rusé que Poutine. Ce qui est un double désavantage pour son camp et ses alliés. Et le président russe ne le sait que trop bien en invitant le jeune Coréen à effectuer une visite mémorable non pas dans un pays neutre (comme Singapour), mais au cœur du Kremlin, dans les prochaines semaines. Voilà, donc, consacrée l'ouverture de la Corée du Nord au niveau de deux membres principaux du Conseil de sécurité. Après le retour à la normale dans ses relations avec la Chine, Kim Jong-un va se faire un nouvel allié stratégique en la personne de Vladimir Poutine, gardien d'un arsenal nucléaire conséquent. Donald Trump n'a qu'à bien se tenir : le monde ne marchera, jamais, à son rythme.

Et si IBK (Ibrahim Boubacar Keita), le président sortant, malgré son fâcheux bilan, était, encore, le meilleur atout malien dans la crise actuelle ? En cinq ans, on ne peut, vraiment, pas dire que le président-candidat à sa succession, ait eu des circonstances atténuantes. Il a, lui-même, montré des insuffisances en nommant cinq premiers ministres en cinq ans de mandat. Autant dire qu'il ne sait pas, exactement, où il va. Pourtant, même s'il est considéré comme n'étant pas la personne qu'il faut pour résoudre la crise, la France pense que le président IBK sera réélu. Les Nations-Unies, quant à elles, le soutiennent, sinon, le secrétaire général, Antonio Guterres, aurait attendu que la présidentielle prévue fin juillet, se tienne, avant de courir rencontrer ses casques bleus de la MINUSMA. Et si la journée internationale des Casques bleus n'était qu'un prétexte ?

Les présidents français et angolais, Emmanuel Macron et Joao Lourenço, ont, tous deux, réaffirmé leur soutien aux accords qui prévoient la tenue d'élections en République démocratique du Congo (RDC) le 23 décembre, sans participation de l'actuel président Joseph Kabila. C'est, exactement, la même chose que demandent l'épiscopat rdcongolais, l'opposition et la société civile de ce pays, mais aussi, l'Union africaine et le Conseil de sécurité des Nations-Unies. Après avoir refusé de quitter le pouvoir au terme de son deuxième et dernier mandat qui prenait fin en décembre 2016, Joseph Kabila continue de jouer la montre en mettant les RDCongolais sur les nerfs dans un pays qui est considéré comme un baril de poudres dans la mesure où le moindre faux pas peut provoquer l'irréparable. Et si une telle situation survenait, Joseph Kabila se donnerait des raisons de rester au pouvoir et modifier la constitution, comme il le souhaite, secrètement, ainsi que, ses comparses avec lesquels il dirige le pays d'une main de fer.

S'agit-il du principe qui consiste à dire : « J'y suis j'y reste » ? Le président rdcongolais, Joseph Kabila, restera le chef de la Majorité présidentielle en cas de victoire de sa coalition politique aux élections du 23 décembre 2018. Telle est, en substance, la déclaration, ce lundi, 28 mai, du porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, alors qu'une partie de l'opposition accuse le chef de l'Etat de vouloir rester au pouvoir.

La Chine et le Burkina Faso ont annoncé, samedi, 26 mai, le rétablissement de leurs relations diplomatiques dans un communiqué conjoint signé par Wang Yi, conseiller d'Etat et ministre des Affaires étrangères de la Chine, et Alpha Barry, ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso. Un coup de poignard dans le dos de Taïwan. Cela dit, les pays n'ont pas d'amis, ils n'ont que les intérêts. Les projets de développement de la sous-région du Sahel financés par la Chine populaire, ne pouvaient intégrer le Burkina Faso à cause de sa proximité diplomatique avec la petite Chine, surnommée, la « petite sœur insolente ». Le Burkina Faso a pesé le pour et le contre, avant de choisir la Grande Chine même si du côté de Taïwan, on était prêt à faire beaucoup plus dans la coopération, après la visite, à Taipeh, du président, Roch Marc Christian Kaboré, avant la fin de cette année.

Mamoudou Gassama, le Malien qui a sauvé un enfant à Paris, va être naturalisé et intégrer le corps des sapeurs pompiers, annonce Emmanuel Macron, ce lundi, 28 mai. Le « sans papier » (appellation française pour distinguer certains Africains des autres qui ont des papiers) avait escaladé un immeuble parisien pour sauver un enfant suspendu dans le vide. Un acte de bravoure. Une véritable scène à la Rambo qui a émerveillé jusqu'à la France qui vote Front national, et que Emmanuel Macron a tenu à saluer. Honneur à lui !

Lomé accueille la 107ème Session du Conseil des Ministres ACP (Afrique Caraïbes et Pacifique) et la 43ème Session du Conseil des Ministres ACP-UE, en ce moment. Du 27 mai au 1er juin 2018, plus de 600 délégués venus de 79 pays des ACP dont (48 d’Afrique subsaharienne), (16 des Caraïbes), (15 du Pacifique) et 28 de l’UE, discutent de la forme et de la nature de leur coopération, après 2020.

Cette ONG, SOS Méditerranée, a des idées, diamétralement, opposées à celle du nouveau gouvernement italien issu de l'extrême-droite et dont l'objectif principal est de renvoyer, chez eux, 500.000 migrants, pendant les douze prochains mois. SOS Méditerranée a rappelé, samedi, 26 mai, aux autorités italiennes et européennes qu'il était essentiel de laisser aux ONG humanitaires patrouillant en Mer Méditerranée le droit de secourir les migrants, après avoir reçu l'ordre de quitter la zone. On assiste à un langage des sourds.

La 3e édition de la semaine de l’intégration africaine a été organisée, vendredi, 25 mai, par le ministère togolais des Affaires étrangères, de la Coopération et de l’Intégration. Objectif : renforcer l'harmonie,  la paix,  la solidarité,  la fraternité entre les peuples et servir de cadre pour la sensibilisation des communautés sœurs sur leurs droits et devoirs au Togo, pour une meilleure intégration des peuples africains. Une priorité nationale du président, Faure Gnassingbé, que met, rigoureusement, en œuvre, son chef de la diplomatie, le professeur, Robert Dussey, et l'ensemble du gouvernement togolais.

En sa qualité de président du Groupe Africain, au nom de leurs Excellences Madame et Messieurs les Ambassadeurs et Hauts Commissaires africains accrédités au Cameroun, en ce jour solennel du 25 mai 2018 dit « Journée de l'Afrique », le Centrafricain, Martial Beti-Marace, a été inspiré par le thème choisi, lors de cette 55e édition, à savoir : « Vaincre la Corruption : Une option viable de transformation de l’Afrique ».

L'épiscopat congolais a mis en garde, jeudi, 24 mai, contre des appels en faveur d'un troisième mandat du président, Joseph Kabila, en République démocratique du Congo (RDC), estimant que cette éventualité conduirait à l'"embrassement" de ce pays qui a connu deux guerres, ces deux dernières décennies. Il faut dire qu'il existe des jouisseurs dans l'équipe en place qui n'entendent pas laisser leurs privilèges et qui oeuvrent pour que l'élection présidentielle n'ait pas lieu fin décembre prochain et que la transition se poursuive. Ou que Joseph Kabila puisse, aussi, se présenter à cette élection.

Dans un spectaculaire retournement, Donald Trump a annulé, jeudi, 24 mai, le sommet historique prévu dans moins de trois semaines avec le leader nord-coréen, Kim Jong-un, dénonçant "la colère" et "l'hostilité" du régime de Pyongyang. Et si Trump avait cherché la petite bête pour lui permettre d'annuler ce Sommet pour lequel il n'avait nullement la maîtrise de ce qui allait en sortir ?

Le Burkina Faso a rompu ses relations diplomatiques avec Taïwan, qui apportait une aide importante au pays en échange de son soutien diplomatique, a annoncé, jeudi, 24 mai, le ministre des Affaires étrangères Alpha Barry. Après le Sénégal sous Abdoulaye Wade, en octobre 2005, le Burkina Faso dirigé par Roch Marc Christian Kaboré choisit la République populaire de Chine dont la condition pour coopérer avec elle est de cesser tout lien de partenariat avec la « petite sœur insolente ».

Mardi, 22 mai, l'ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun, Peter Henry Barlerin, a été convoqué par le chef de la diplomatie camerounaise, Lejeune Mbella Mbella. Dans un communiqué incendiaire diffusé la veille de la fête nationale du 20 mai, il s'était, grossièrement, ingéré dans les affaires intérieures du Cameroun, conseillant un dialogue entre les dirigeants camerounais et les sécessionnistes de l'Ambazonie. L'ambassadeur a, volontairement, ignoré l'obligation de réserve qui fait la force de la diplomatie de l'ombre, alors qu'il venait, quelques jours plus tôt, de se faire recevoir au Palais de l'Unité par Paul Biya. Plus grave, il est allé jusqu'à conseiller au chef de l'Etat camerounais de soigner l'héritage qu'il devait laisser au pays en pensant à Nelson Mandela (qui avait volontairement abandonné le pouvoir après un seul et unique mandat). D'où la question que se posent les Camerounais : Barlerin est-il venu déstabiliser le Cameroun ? Si tel est le cas, il aura réussi à souder les Camerounais de la majorité et de l'opposition autour de leur président car plus jaloux de leur souveraineté que les Camerounais, on ne connaît pas en Afrique. Après sa convocation chez le ministre des Affaires étrangères, il sera, désormais, suivi à l'oeil comme du lait sur le feu, les Camerounais étant convaincus qu'il ne leur veut pas du bien.

L'actuel président sud-africain n'a guère le choix. Dans le creux de la vague où Jacob Zuma a laissé l'ANC (Congrès national africain) avant de quitter le pouvoir contraint et forcé, il ne faut pas chercher de midi à quatorze heures pour appeler à l'union, seule et unique stratégie qui pourrait faire la force, et permettre la victoire à la présidentielle de 2019 de Cyril Ramaphosa. Ce dernier ne s'y est, d'ailleurs, pas trompé, en lançant, dès maintenant, l'offensive de charme en direction de toutes les organisations qui démultiplient, souvent, la puissance de l'ANC. La question est, cependant, de savoir si cette opération de charme sera couronnée de succès ?

Camarade Bob chassé par coup d'état militaire, les putschistes se dévoilent en montrant les appuis qu'ils ont bénéficié pour réussir leur opération. Sinon, pourquoi se précipiter à réintégrer les rangs du Commonwealth, un organisme qui avait exclu le Zimbabwe pour les raisons qu'on sait, et qui, au fond, comme la Francophonie pour les pays ayant l'usage du français en partage, n'apportent pas grand-chose aux peuples des pays concernés ?

Sans surprise, les Burundais ont, largement, approuvé, par référendum, une réforme de la Constitution qui va permettre au président, Pierre Nkurunziza, de rester en poste jusqu'en 2034, selon les résultats provisoires qui vont, sans aucun doute, être confirmés. En fait de 2034, il s'agit d'une présidence à vie qui ne dit pas son nom car Nkurunziza, le moment venu, pourra, à nouveau, changer la constitution pour proroger son bail à la tête de l'Etat. Le Burundi revêt, donc, aujourd'hui, les attributs d'un royaume. En effet, le « très populaire président africain du Burundi » a, définitivement, enterré les Accords d'Arusha, qui régissaient le vivre-ensemble entre Burundais. Qu'on ne s'étonne, donc, pas si le pays renouait avec son cycle d'instabilité passé. Car tel que c'est parti, seule la force des armes pourra régler le problème. Fini le dialogue si dialogue il y a réellement eu. L'opposition de ce pays doit se demander, légitimement, le sens à donner à l'expression « Communauté internationale », c'est-à-dire, Nations-Unies, Union africaine, Etats-Unis, France, Belgique, etc.

Quand on ne sait pas d'où on vient, on ne saura, jamais, où on va. Le 23 mai 1998, les Noirs de France avaient effectué une marche des descendants d'esclavage (mais aussi des Noirs venant d'Afrique), à Paris, qui avait, largement, contribué, trois ans, plus tard, à l'adoption de la « Loi Taubira », qui reconnaît la traite et l'esclavage comme crimes contre l'humanité. C'est la raison pour laquelle, le 23 mai 2018, soit, 20 ans après, l'association, SOS-Racisme, convie à un rassemblement, à partir de 14 heures, Place du Louvre (Paris 1), à l'angle de la rue de Rivoli. Venez nombreux commémorer les 20 ans de cette marche historique.