Politique

Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, au pouvoir depuis février, s'est engagé, mercredi, 14 mars, à "accélérer" la réforme agraire destinée à redistribuer des terres de la minorité blanche au profit de la majorité noire afin de "corriger les injustices". Anticipant une situation qui peut donner lieu à des conflits, comme au Zimbabwe sous Robert Mugabe, l'Australie se dit, d'ores et déjà, prête à donner des visas aux fermiers blancs sud-africains "persécutés" pour qu'ils y poursuivent leur activité.

Seuls les imbéciles ne changent pas d'avis. Accusée de corruption, la présidente mauricienne, Ameenah Gurib-Fakim, contestant les faits qui lui sont reprochés en lien avec un scandale financier, a annoncé, mercredi, 14 mars, qu'elle refusait de démissionner, contrairement, à ce qu'avait annoncé, la semaine passée, le premier ministre, Pravind Jugnauth, qui l'avait rencontrée à deux reprises, à ce sujet, en l'espace d'une semaine.

Depuis mi-février, le président, Alpha Condé, est confronté à des manifestations graves qui menacent les fondements de son régime politique. Alors que le système éducatif est menacé de connaître une année blanche, appellation non contrôlée qu'on avait tendance à oublier en Afrique depuis l'époque des conférences nationales, ce sont les élections locales qui jettent, aujourd'hui, la jeunesse dehors, cette jeunesse désoeuvrée à qui l'Etat ne donne aucune perspective d'avenir. La situation s'aggrave de jour en jour au point où, dans le camp du « professeur », on n'hésite plus à parler de « déstabilisation » du régime. Après s'être targué d'une cinquantaine d'années d'opposition sur les rives de La Seine, à Paris, l'ancien chargé de travaux dirigés de l'Université de Paris 10-Nanterre connaît, enfin, la dure réalité de la gouvernance d'un pays et de la gestion d'un Etat.

On connaît la raison pour laquelle Rex Tillerson a écourté d'un jour sa visite au Nigeria : son limogeage à la tête de la diplomatie américaine. D'un tweet, le président américain, Donald Trump, a annoncé, mardi, 13 mars, son limogeage, et l'a, immédiatement, remplacé au poste de secrétaire d'Etat par l'actuel directeur de la CIA, Mike Pompeo. La Russie ironise sur l'instabilité du chef de la Maison Blanche où les limogeages au sein du cabinet présidentiel sont devenus légion.

L'ancien gouverneur du Katanga et ex-allié du président, Joseph Kabila, n'entend pas lâcher le morceau. Convaincu que l'actuel chef de l'Etat quittera sa fonction, après l'élection présidentielle de décembre prochain, il s'est, indirectement, déclaré candidat à sa succession, depuis l'Afrique du Sud où il s'est exilé, sans attendre l'ouverture officielle des candidatures. En effet, il a lancé, lundi, 12 mars, son parti politique, "Ensemble pour le changement", en vue des élections générales prévues le 23 décembre 2018 en République démocratique du Congo (RDC).

Il ne faut pas rire. Déjà qu'on n'avait pas encore fini de se moquer de lui à cause du fait que quand il joue au football, les joueurs de l'équipe adverse doivent, absolument, le laisser marquer, au moins, un but, sous peine de jouer aussi longtemps qu'il n'aura pas eu la possibilité de faire trembler les filets adverses, voilà encore une information qui va remuer la toile : Pierre Nkurunziza élevé au rang de « Guide suprême éternel ». Du jamais vu ni entendu auparavant. Ni au Burundi, ni en Afrique. On ne sera pas étonné qu'on puisse l'appeler, bientôt, le « Dieu sur terre », le « Jésus-Christ du Burundi » ou quelque chose de ce genre. A quelques semaines du changement, en mai prochain, de la constitution qui va lui permettre de se représenter à la présidence de la République autant de fois qu'il le souhaitera, Pierre Nkurunziza, à son âge relativement jeune (54 ans), est, déjà, atteint par la dérive dictatoriale, cette maladie incurable qui fait qu'il ne peut plus se passer du pouvoir. Impossible de voir sa vie hors du palais présidentiel, lui, l'ancien chef du maquis du CNDD-FDD, qui disputait sa modeste couchette en brousse avec des serpents. Cette folie inqualifiable dont afriqueeducation.com fait état depuis 2015, date à laquelle il avait violé les Accords d'Arusha et la constitution du Burundi, en se (re)présentant, pour une troisième fois, à l'élection présidentielle, risque de se terminer par le sang. En effet, beaucoup de sang risque d'être versé, à nouveau, à Bujumbura-Ville. Car les Burundais ne vont pas se laisser faire.

"Gabon-Véolia : Le torchon brûle". C'est la grande Une du numéro 462 d'Afrique Education en vente, chez les marchands de journaux, à partir de mardi, 13 mars. Le président du Gabon, Ali Bongo Ondimba, fait, par ailleurs, la pleine page de couverture dudit numéro. En rompant, unilatéralement, la convention qui le liait à la société française, Véolia, le Gabon n'invente pas le fil à couper le beurre. Dans tous les pays du monde, y compris, sous la France socialiste, en 1981 et 1982, les investisseurs privés n'avaient que leurs yeux pour pleurer quand François Mitterrand et Pierre Mauroy, avec Jacques Delors à l'Economie et aux Finances, lancèrent un vaste programme de nationalisations. Au nom de l'intérêt général. Ce qui est arrivé en France, pendant le premier septennat socialiste (et qui arrive de temps en temps ailleurs), n'est-il pas susceptible d'arriver, aussi, en Afrique, et en l'occurrence, au Gabon ? L'Afrique est en train de suivre, à la loupe, avec une attention particulière, le bras de fer qui s'est engagé entre l'Etat du Gabon et la société française, Véolia.

A force de croiser les chefs d'Etat africains, dictateurs pour la très grande majorité d'entre eux, qui souhaitent, généralement, mourir au pouvoir, le numéro un chinois, Xi Jinping, a fini par faire comme eux : rester, demeurer au pouvoir aussi longtemps que possible et y mourir même. On pensait que la Chine, qui avait opté pour l'alternance politique avec deux mandats uniques par dirigeant, quelles que soient ses prouesses au pouvoir, donnait le bon exemple aux dictateurs africains qui, eux, s'accrochent à la tête de l'Etat pour y mourir. Le principe de deux mandats adopté, aussi, par la Russie, faisait, plutôt, école dans le monde. Seuls traînaient les pieds, certains pays africains, surtout, francophones, à cause, très souvent, de la Françafrique. Mais, voilà que la Chine revient en arrière en balayant cet acquis de deux mandats hérités de l'ère Deng Tsiao Ping. C'est une grande déception. Ce dimanche, 11 mars, est un très mauvais jour pour la démocratie en Chine. C'est, aussi, une journée noire pour la démocratie en Afrique, actuel meilleur partenaire économique de la Chine.

A Malabo, on refuse de répondre à cette question par Oui ou par Non, mais, on continue de s'interroger activement à mesure que les enquêtes menées en Guinée équatoriale et au Cameroun, avancent. Certains « mercenaires » comme on les appelle, à Malabo, actuellement, « exploités » en Guinée équatoriale et au Cameroun, commencent à se mettre à table. Ce qui permet d'avancer. Actuellement, le doyen des chefs d'Etat africains, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, a plusieurs cartes en main. Il sait qui est qui parmi ses proches voisins chefs d'Etat de l'Afrique centrale, et, surtout, qui ne lui veut pas du bien. Au Tchad et en Centrafrique, les oppositions s'interrogent sur le degré d'implication des pouvoirs en place dans cette opération qui a foiré grâce à la performante vigilance des autorités de Malabo. Pour avoir su déjouer ce coup d'état, le président équato-guinéen mérite bien ses galons de général d'armée. Il confirme que ses 38 ans passés au pouvoir font de lui un dirigeant très expérimenté.

Ce que je vais vous raconter, ici, n'est pas de la fiction. C'est la réalité pure et simple telle qu'elle devrait être enseignée dans les universités et grandes écoles africaines : en perte de vitesse, dans ce qu'on appelle, aujourd'hui, « village planétaire », la France, après avoir, sans succès, activé tous ses leviers internes pour se relancer, se voit, maintenant, obligée, contrainte forcée d'amorcer le dernier acte de sauvetage de son économie : la recolonisation de ses anciennes possessions, non pas d'Asie (le Vietnam, le Cambodge et le Laos sont des bastions imprenables), ni du Maghreb (l'Algérie, le Maroc et même la Tunisie restent hermétiquement fermées à une telle (re)reconquête), mais, d'Afrique noire.

Le départ du pouvoir, en février dernier, du très corrompu chef d'Etat sud-africain, Jacob Zuma, peut en cacher un autre, celui de son homologue de l'Ile Maurice, Ameenah Gurib-Fakim, pour les mêmes motifs. Les deux ont abusé de leur position (dominante) pour s'octroyer des avantages. Seule femme chef d'Etat en Afrique, depuis le départ de la Libérienne, Ellen Johnson Sirleaf, Ameenah Gurib-Fakim n'a pas résisté à la pression politique et démissionnera après les cérémonies du 50e anniversaire de l'indépendance, le 12 mars, en raison de son implication dans un scandale financier. Ce qu'on lui reproche est une goutte d'eau par rapport à Zuma qui est accusé d'avoir, complètement, nagé dans la corruption. Mais, en Ile Maurice, on est dans une République qui se veut exemplaire. Point de ressemblance entre l'Afrique du Sud et l'Ile Maurice : la démocratie avec sa justice libre et indépendante.

Le président américain a accepté, jeudi, 8 mars, l’invitation du leader « bien aimé » nord-coréen, Kim Jong-un, pour un sommet historique au mois de mai, dans un lieu à déterminer de commun accord. Kim Jong-un déroule son agenda comme il l'a prévu. Le très fantasque, Donald Trump, voit son hyper-puissance malmenée par le très intelligent « petit gros ». Ce dernier a développé l'arme nucléaire qui est, maintenant, capable de frapper les villes américaines. Malgré les aboiements de Trump. Sanction pas sanction, le leader « bien aimé » a déroulé tout son programme comme si de rien n'était, et a exigé de rencontrer Donald Trump en bilatéral, ce qui est en train de se faire, Donald Trump s'étant précipité d'accepter la proposition de le rencontrer en tête à tête. Après le gel (pas le démantèlement) de son arsenal nucléaire, Kim Jung-un va exiger et recevoir les garanties ayant trait à la survie et à l'inviolabilité de son régime et des moyens accrus venant à la fois des Etats-Unis, de la Corée du Sud et du Japon, pour moderniser son économie et s'occuper, réellement, du niveau de vie des Nord-Coréens en lieu et place des missiles balistiques. C'est comme s'il avait gagné au loto.

L'actuel patron du PDCI-RDA, Henri Konan Bédié, pourrait redevenir le président de la République de Côte d'Ivoire, en 2020, après les deux mandats constitutionnels du président, Alassane Ouattara. Il avait perdu le pouvoir en décembre 1999 à la suite du coup d'état perpétré par le général, Robert Gueï, sous l'instigation de « jeunes gens » (militaires) dont la plupart était manipulée par Alassane Ouattara, à l'époque, ostracisé du fait de ses origines. Le verrou de la limitation d'âge ayant sauté dans l'actuelle constitution (de 2016), il se présentera à cette élection à l'âge de 83 ans. Au sein du PDCI, on s'y prépare déjà.

Le président, Joao Lourenço, poursuit sa lutte contre la corruption. Après la purge dans les milieux politiques et économiques, il s'intéresse, maintenant, au milieu diplomatique où il a limogé, mardi, 6 mars, les ambassadeurs du Vatican et de la Grande Bretagne. Son engagement séduit hors d'Afrique où on se bouscule pour aller le rencontrer à Luanda. La semaine dernière, c'est le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, qui l'a rencontré, avant de lui transmettre l'invitation d'Emmanuel Macron à se rendre en visite officielle en France, avant la fin de l'année. Ce lundi, 5 mars, c'est le chef de la diplomatie russe, Serguey Lavrov, qui s'était rendu, à Luanda, pour quelques heures, afin de rencontrer le chef de l'Etat. Joao Lourenço a, donc, le vent en poupe et en profite, largement, pour renouveler la classe politique, économique et diplomatique qu'il veut, désormais, à son image.

Du 12 au 16 janvier 2018, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, avait effectué des visites officielles au Rwanda, en Angola, au Gabon et à Sao Tomé-et-Principe. Cette visite avait été effectuée au lendemain des propos désobligeants de Donald Trump tenus, le 11 janvier, sur le continent africain comme étant des « pays de merde », ce qui a créé un véritable choc auprès des Africains. Au regard de l'indignation suscitée, le président américain avait essayé de les atténuer en envoyant un message de conciliation, par l'intermédiaire de Paul Kagame, aux chefs d'Etat africains qui se réunissaient, à Addis Abeba, en Sommet, fin janvier. Il avait, dans la foulée, promis d'envoyer, très prochainement, son secrétaire d'Etat, Rex Tillerson, pour visiter certains pays africains et leur parler de la vision africaine du nouveau chef de la Maison Blanche. Rex Tillerson arrive, donc, sur un terrain miné où l'administration Trump n'est pas bien perçue. Un continent que le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a, aussi, visité la semaine dernière. Une tournée qui l'a conduit en Algérie, en Mauritanie, au Mali et au Sénégal.

Est-ce un coup fourré de la très redoutable Grace Mugabe ? L'ancienne première dame ne rumine pas toujours l'éviction de son tendre époux du pouvoir par l'ancien vice-président et l'ancien chef d'état major des armées qui, successivement, se sont partagé les postes d'Etat en devenant, respectivement, président et vice-président du Zimbabwe. Un véritable coup d'état sans effusion de sang, qui empêche Grace et Camarade Bob de dormir. Contre toute attente, ils ont contre-attaqué, quelques semaines seulement, après les cérémonies nationales marquant le 94e anniversaire de Camarade Bob et qui, pour la première fois, ont donné lieu à une journée fériée et chômée sur toute l'étendue du territoire, en apportant un soutien total au nouveau parti politique, le Nouveau front patriotique (NPF), qui aura son candidat à la prochaine élection présidentielle.

Depuis le départ de la présidence sud-africaine de Nelson Mandela et de l'idéologue et pragmatique (froid), Thabo Mbeki, leurs successeurs ne seraient-ils que des affairistes ? Cyril Ramaphosa s'est fait élire sur son programme de lutte contre la corruption et a promis que Jacob Zuma, le corrompu, ne serait pas protégé pour échapper à la justice. Mais, voilà qu'à peine élu, lui, la douzième fortune du pays, milliardaire de son état, a vite fait d'augmenter son salaire annuel de 50.000 euros par rapport à celui que touchait Jacob Zuma et qui faisait, déjà, hurler les Sud-Africains. Le pays de l'Arc en Ciel est-il maudit ?

Muhammadu Buhari ne cesse de le répéter depuis son arrivée au pouvoir : Boko Haram est vaincu. Mais l'enlèvement de masse d'une centaine d'adolescentes, en février, a révélé de graves failles sécuritaires, à un an de l'élection présidentielle. Il a finalement demandé pardon aux familles des filles enlevées. Venu au pouvoir parce qu'il avait promis qu'il vaincrait cette secte, on se rend compte, aujourd'hui, que c'est Boko Haram qui l'a vaincu, la faiblesse de l'armée nigériane n'aidant pas à la résolution du problème, même si au Cameroun, au Tchad et au Niger, Boko Haram est, plutôt, tenu en quarantaine, malgré quelques incursions meurtrières.

Des hommes armés ont ouvert le feu ce 2 mars 2018 aux environs de 10h sur plusieurs sites dans le centre-ville à Ouagadougou, au Burkina Faso. L’état-major des armées, l’ambassade de France, et d'autres sites stratégiques sont les plus ciblés. On ne sait pas, encore, si cette attaque est liée au procès des ex-putschistes (généraux Gilbert Diendéré et Djibril Bassolé) qui a été reporté, il y a deux jours, à une date ultérieure. Ce n'est pas impossible. Le bilan, lui, est très lourd : au moins, 28 morts et de dizaines de blessés.

Le président rdcongolais, Joseph Kabila, traîne les pieds pour quitter le pouvoir. Depuis fin 2016, date à laquelle il aurait dû céder sa place à un chef d'Etat, démocratiquement, élu, il ne cesse d'inventer des raisons pour garder son fauteuil. Il n'a que cure de la mobilisation de l'épiscopat, de la société civile et de l'opposition, qui, ensemble, lui demandent d'organiser la présidentielle sans avoir modifié la constitution, et de prendre une retraite méritée. Après Nikki Haley, l'ambassadrice des Etats-Unis aux Nations-Unies, en 2017, ce sont les patrons, cette fois, des Nations-Unies, Antonio Guterres, et de l'Union africaine, Moussa Faki Mahamat, qui sont attendus, à Kinshasa, dans les prochains jours, pour faire entendre raison à Joseph Kabila. Plus l'échéance de décembre 2018 approche, date à laquelle Kabila dit vouloir organiser la présidentielle, plus la pression sur lui devient forte.