Politique

Qui a dit qu'Ibrahim Boubacar Keita (IBK) était terminé ? Il a, certes, eu un mandat très très difficile. Le fait qu'il ait nommé 5 premiers ministres en 5 ans, le prouve aisément. Mais, il n'entend pas abdiquer, pour autant, et la multiplicité de candidatures, au premier tour, joue, forcément, en sa faveur. C'est pourquoi la position du parti ADEMA, parti qui compte dans l'échiquier politique malien, et qui a, déjà, eu à gérer le pouvoir, était à suivre : ce parti allait-il désigner un candidat en son sein ou pas ? Sans demander son avis, le choix de ses hiérarques semblait se porter sur l'ancien président de transition, Dioncounda Traoré, jusqu'à ce qu'il décline l'offre. Résultat, l'ADEMA, orpheline de candidat, offre, maintenant, un spectacle de division avec trois tendances en son sein : une première tendance qui va soutenir IBK (qui ne demande pas mieux), une deuxième tendance qui apportera son appui au candidat de l'opposition, Soumaïla Cissé, et une troisième tendance, qui choisit de ne pas choisir. Du moins, pour le moment.

La coalition d'indépendants Amizero y'Abarundi (Espoir des Burundais) a annoncé, samedi, 19 mai, qu'elle ne reconnaissait pas les résultats du référendum constitutionnel de jeudi au Burundi, qui doivent permettre au président, Pierre Nkurunziza, de rester en poste, au moins, jusqu’en 2034. De manière générale, pour l'opposition, c'est Niet !

La Force du G5 Sahel dont le but est de combattre le djihadisme dans quatre pays de la sous-région (Mauritanie, Burkina Faso, Mali et Niger) fait tout ce qu'il faut pour démarrer. Président en exercice de la dite Force, le président du Niger, Mahamadou Issoufou, a, récemment, annoncé sa mise en activité effective, et ce de façon progressive. A Paris où il sera en visite officielle, le 4 juin, il en parlera avec le parrain de cette Force, le président français, Emmanuel Macron. Mais aussi de coopération et de développement. Il faut dire qu'il ne s'est pas trouvé une seule entreprise de BTP française capable de financer à concurrence de 152 millions d'euros (100 milliards de F CFA), les travaux de rénovation de l'aéroport de Niamey, qui viennent d'être confiés à une société turque. C'est le comble quand on sait que les entreprises françaises sont à la recherche des marchés à l'international. Cela dit, le Niger n'avancera pas de fonds. La société turque, Summa, pour se faire rembourser, gérera l'aéroport pendant une trentaine d'années.

Yahya Jammeh a fini par quitter le pouvoir après l'avoir exercé pendant 22 ans. Une longue présidence émaillée de beaucoup de violences et de tueries. En dehors des détournements de fonds, c'est le dossier qui le suit avec les accusations, actuellement, montées en épingle par Human Rights Watch (HRW) et Trial International. Après avoir contesté le vote qui le déclarait perdant, à la dernière élection présidentielle, de décembre 2016, Yahya Jammeh, après une courte résistance, a eu la sagesse, de prendre la route de l'exil sans avoir provoqué une effusion de sang, comme d'aucuns le craignaient. Il est parti, tranquillement, s'installer, à Malabo, en Guinée équatoriale, où il s'adonne à des activités champêtres. N'est-il pas contreproductif de l'y déloger pour le traduire en justice alors que la Gambie est en train de réussir son virage démocratique sans lui ? Quel message donnerait-on aux autres dictateurs africains à qui il est, aussi, demandé de quitter le pouvoir et qui peuvent être effrayés par le sort qu'on ferait subir à Yahya Jammeh ?

Les Etats-Unis demandent "la dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible" de la Corée du Nord. Mais, Pyongyang exige des contreparties américaines pour s'engager dans ce processus et est irrité par des exercices militaires en cours chez son voisin sud-coréen. Conséquence, le « leader bien aimé » semble se rebiffer dans la mesure où, au regard de ce qu'il voit ailleurs, en Iran, notamment, Donald Trump tient, rarement, difficilement, compte de l'avis des autres. Pour lui, seuls priment les intérêts américains. Trump étant, déjà, très isolé avec le transfert de l'ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, Kim Jong-un pourrait profiter de cette faiblesse passagère de l'Américain pour faire monter les enchères et obtenir plusieurs concessions inespérées pendant les négociations.

Après avoir quitté le pouvoir de la façon qu'on sait, c'est-à-dire, à cause de plusieurs dossiers montrant son implication dans des faits de corruption, l'ancien président sud-africain, Jacob Zuma, s'est replié dans sa province natal, le très stratégique KwaZulu-Natal (NKZ), pour porter la contestation contre le pouvoir de son successeur, Cyril Ramaphosa. Zuma espère, ainsi, éviter d'aller en prison et montrer à ce dernier qu'il est capable de lui faire perdre l'élection présidentielle de 2019 au travers de sa province, l'une des plus importantes de l'ANC (Congrès national africain), mais aussi, grâce à son réseau d'influence qui a gardé toute sa puissance de nuisance au sein du parti. Ce sont des alertes que Cyril Ramaphosa prend très au sérieux.

Le Congo-Brazzaville monopolise l'actualité en ce moment. En mal. Arrestations de personnalités politiques et de la société civile pour les museler, lourdes et arbitraires condamnations judiciaires lors des procès bidon, difficultés de fournir des documents exigés pour conclure un programme de redressement avec le FMI, bref, le président, Denis Sassou-Nguesso, ne sait plus quoi faire. La situation lui échappe même s'il fait, encore, mine de contrôler l'appareil sécuritaire du pays. Mais, il n'a qu'à s'en prendre à lui-même car il fait face à sa (propre) gestion calamiteuse du pays après avoir, contre le bon sens, choisi de modifier la constitution, en 2015, pour tenter de mourir au pouvoir. Lui-même voit que ce sera chose impossible.

Le terrorisme mène (peut-être) chez Allah le Très Miséricordieux comme le professent les djihadistes pour convaincre les âmes faciles. Mais, il mène, surtout, droit en prison. Et pour longtemps. C'est le cas au Sénégal, pays composé de 95% de musulmans. En effet, le procureur de la République du Sénégal, Aly Ciré Ndiaye, a requis, lundi, 14 mai, une peine de 30 ans de travaux forcés (pas moins) à l'encontre de l'imam, Alioune Ndao, lors du procès contre une trentaine de Sénégalais accusés de terrorisme. Ils pactisaient, étroitement, avec la nébuleuse Boko Haram et AQMI.

La Cour constitutionnelle du Bénin est la référence en matière de juridictions constitutionnelles en Afrique francophone. Créée en 1993 suite à la Conférence nationale souveraine de février 1990, elle a, immédiatement, suscité respect et considération. Son actuel président, le professeur agrégé en droit constitutionnel, Théodore Holo, qui a succédé au professeur, Robert Dossou, qu'on ne présente plus dans l'univers des grands constitutionnalistes francophones, a su préserver la totale indépendance de cette institution, que sa première présidente, Elisabeth Pognon, avait su acquérir, sous la présidence de Nicéphore Dieudonné Soglo. Aujourd'hui, le Bénin, dans ce domaine, comme dans celui de la démocratie, est un modèle à suivre sur le continent. L'application de la démocratie n'y est pas à géométrie variable comme on le voit, parfois, au Sénégal,qui est un autre bon élève de la démocratie en Afrique francophone.

Les Etats-Unis ont, officiellement, inauguré leur nouvelle ambassade, située à Jérusalem. L'ancienne ambassade se trouvait à Tel Aviv. En prélude à cette cérémonie, des manifestations entre Palestiniens et l'armée israélienne, à la frontière entre Israël et la bande de Gaza, ont lieu, depuis ce lundi, matin, 14 mai. Bilan provisoire : une cinquantaine de morts, côté palestinien. L'armée israélienne n'hésite pas à tirer à balles réelles.

Bien qu'il ait réussi à museler tous les partis politiques du Burundi, la société civile et les médias indépendants, le président, Pierre Nkurunziza, n'est pas rassuré d'obtenir le jackpot, lors du référendum du 17 mai. Un scrutin pour le moins très contesté qui devrait lui ouvrir la porte d'une présidence à vie à la tête du Burundi. Pourtant, les partisans du Non ont été empêchés de faire campagne. Leur vie ayant été mise sur la balance, beaucoup ont dû renoncer à faire des meetings. Dans tous les cas, le climat politique dans le pays est électrique. Et personne ne sait, à commencer par Nkurunziza lui-même, de quoi le Burundi sera fait, après ce référendum très contesté.

Même si cela irrite, parfois, certains lecteurs, Afriqueeducation.com ne cessera, jamais, de comparer l'action de Barack Obama, à la Maison Blanche, à celle de ses prédécesseurs. En effet, le magazine, Afrique Education, et son site quotidien, l'ont, souvent, sévèrement, condamné, lui et sa femme, tous les deux noirs et descendants de l'Afrique, de s'être, littéralement, moqués des Africains, pendant les huit ans passés à la tête de la superpuissance mondiale. Personne ne nous apprendra que noir, Obama ne l'était que par sa peau. Il était élu par les Américains pour faire une politique américaine. Mais, là où nous ne pardonnons pas à Barack Obama, c'est de s'être moqué de la misère politique, intellectuelle et financière des Africains. Obama est venu, quelques mois, après son installation dans le Bureau Ovale, dire, à Accra, au Ghana, que « l'Afrique n'avait pas besoin d'hommes forts mais d'institutions fortes ». Bien ! Mais qu'a-t-il fait pour aider les Africains à se doter d'institutions fortes et pas d'hommes forts ? Rien ! Au contraire, l'Afrique n'a jamais autant reculé, démocratiquement parlant, que sous Obama. Pendant qu'il donnait ses leçons de démocratie aux Africains, les dictateurs du continent continuaient à truquer les élections pour garder le pouvoir, n'hésitaient pas à modifier les constitutions pour mieux rester, éternellement, au pouvoir, refusaient, carrément, de quitter le pouvoir au terme de leur mandat, comme pour le défier. On a vu ces différents scenarii au Burundi, au Congo-Kinshasa, au Rwanda, au Congo-Brazzaville, etc. Tandis que le « professeur » Obama prêchait dans son désert, sans être entendu par personne.

Donald Trump veut détruire tout ce que son prédécesseur, Barack Obama, a fait en tant que chef de la Maison Blanche : l'Obama Care et l'Accord Climat obtenu à la COP 21, à Paris, sont, déjà, passés à la trappe. Cette fois, c'est l'Accord iranien qui voit le retrait des Etats-Unis au grand dam de tous les autres signataires européens, russe et chinois. Ne voyant que les seuls intérêts de son électorat conservateur, le président américain s'est mis à dos tous ses alliés, à commencer par le plus fidèle d'entre eux, le Français, Emmanuel Macron. A Paris, Berlin et Londres, on n'est pas prêts à se laisser dicter sa politique extérieure par Washington. Emmanuel Macron est en train de prendre la tête de la rébellion, au nom du refus de la vassalisation économique de l'Europe par les Etats-Unis. Le président russe s'organise, aussi, de son côté.

Depuis mardi, 8 mai, le dictateur séjourne à Oyo, son village natal. Officiellement, pour fleurir la tombe de sa regrettée maman. Mais nul n'ignore qu'après avoir remis 25 millions de F CFA (50.000 dollars) à chaque magistrat qui intervient, actuellement, dans le dossier Mokoko, il a préféré s'extraire de Brazzaville, ni vu ni connu. Question de dire le moment venu, « je n'étais pas là ». Selon nos informations, Sassou a ordonné à la Cour de « broyer » (c'est le terme utilisé) Jean Marie Michel Mokoko. Ce dernier, en désespoir de cause, ne peut que prendre la très impuissante communauté internationale à témoin, même s'il est convaincu que rien n'est perdu, contrairement, aux apparences trompeuses du moment.

Xi Jinping, secrétaire général du Comité central du Parti communiste chinois (PCC) et président chinois, a rencontré Kim Jong-un, président du Parti du travail de Corée (PTC) et président de la Commission des affaires d'Etat de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), pour un Sommet de haut niveau, à Dalian, dans la province chinoise du Liaoning (Nord-Est), les 7 et 8 mai. A quelques semaines de la rencontre avec le président américain, Donald Trump, le « leader bien aimé », a, pour la deuxième fois, en 40 jours, partagé son analyse et ses sentiments, sur une telle rencontre avec son allié et protecteur chinois. On rappelle que Kim Jong-un a obtenu sa bombe qui peut, désormais, atteindre les Etats-Unis. Il a imposé une rencontre bilatérale, en tête à tête, avec le président américain. Celle-ci va avoir lieu au moment où le retrait américain de l'Accord iranien, fait passer Donald Trump pour un radical qui n'oeuvre pas, réellement, pour la paix dans le monde, ce qui peut constituer un avantage psychologique pour le leader nord-coréen.

Après avoir scellé une alliance avec le président soudanais, le général, Omar el-Béchir, d'où partaient les rébellions pour attaquer N'Djamena, Idriss Déby Itno dispose, maintenant, du peuple tchadien comme il l'entend. Et il ne s'en prive pas. A trois ans de la fin de son mandat, il a changé la constitution pour s'octroyer les pleins pouvoirs indignes d'une République qui se veut moderne. C'est avec raison qu'on l'appelle « Le Sultan » car le Tchad, après l'adoption de cette constitution qui supprime même le poste de premier ministre (qui ne disposait d'aucun pouvoir), n'est plus une République. C'est un royaume, pire, un sultanat, où tout, en théorie, lui appartient. Le sultan Itno ne rend compte à personne, sinon, à sa seule sagesse. Le système politique tchadien, c'est Dieu qui règne dans les cieux, tandis que le sultan Itno règne sur le Tchad.

C'est connu : le dictateur a une peur bleue des hommes qui portent la tenue militaire comme lui. Plus grave, quand ceux-ci suscitent respect et considération dans les casernes. C'est le cas du Saint-Cyrien et ancien chef d'état major des armées, Jean-Marie Michel Mokoko, dont le crime de lèse-majesté, est de s'être présenté à l'élection présidentielle de 2016, lui, l'homme du Nord comme Sassou-Nguesso. Après qu'il eut refusé de reconnaître la victoire du dictateur (Sassou-Nguesso était sorti 4e du scrutin avec 8% des voix), Mokoko a été conduit à la case prison où il croupit depuis deux ans, au mépris des principes élémentaires d'un état de droit, ni des qu'en dira-t-on qu'on pourrait espérer du « Défenseur des forêts du Bassin du Congo », nouvelle appellation non contrôlée qu'il essaie de vendre à la communauté internationale, pour occulter ses crimes intérieurs.

Cela fait, exactement, un an que le président, Emmanuel Macron, « sévit » à l'Elysée, comme chef de l'Etat français, décidé à faire ce que n'ont pu réaliser ses prédécesseurs. Pour le jeune président de 39 ans qui « va aller jusqu'au bout » dans l'application de son programme de réformes et de transformation de la France, que de failles et de faiblesses : 2 Français sur 3 estiment, non à tort, qu'il est le président des riches. D'où l'appellation non contrôlée de « Président des riches » qui lui colle, désormais, à la peau. Son ancien mentor, François Hollande, corrige, même, en précisant qu'il est le « Président des TRES riches ». L'Afrique qui ne demande qu'à fonctionner sans le tutorat imposé de la Françafrique, n'a rien eu à mettre sous la dent. Et cette indifférence s'explique : Parti de nulle part (il n'était que simple banquier d'affaires, sans mandat électif, sans parti politique, avant son recrutement comme conseiller économique de François Hollande à l'Elysée), Emmanuel Macron a été poussé vers le Sommet de l'Etat français par des milieux d'affaires et politiques entre autres françafricains, qui ne demandent qu'à consolider leurs positions, en Afrique, pour que rien ne change sur ce continent, et que les morts de jeunes africains par noyade dans la Méditerranée (qui fuient la misère) explosent.

Le 4e Congrès extraordinaire du parti au pouvoir, le RDR (Rassemblement des républicains) a clôturé ses travaux, samedi, 5 mai, par un discours du président de la République et président d'honneur du parti, Alassane Ouattara. Après l'annonce de la création du parti politique RHDP (Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix) par Henri Konan Bédié qui en assure, d'ailleurs, la présidence, Alassane Ouattara se devait de rassurer ses militants qui, habitués à gérer le pouvoir depuis 2011, vont devoir le céder, en 2020, à un autre parti membre du RHDP, grâce à une règle tournante non inscrite dans les statuts.

Le gouvernement du 4 mai 2018 d'Emmanuel Issoze Ngondet est un petit record de rapidité au regard de la complexité de la situation politique actuelle au Gabon. Après avoir remis sa démission, mercredi, 2 mai, et reconduit le lendemain à ce même poste, il a mis à peine 24 heures pour sortir la liste de ses 40 ministres. Premier enseignement : les branches mortes n'en font plus partie. Ils se reconnaîtront... Deuxième enseignement : aisément et facilement, on entrevoit la future majorité présidentielle, et les alliances qui pourront se nouer, afin de permettre au président, Ali Bongo Ondimba, de consolider ses positions au Palais du Bord de Mer.