Politique

« Nous condamnons cette sanction arbitraire et disproportionnée et demandons à l’organe de régulation des médias de lever cette suspension. La Hama (Haute autorité des médias et de l'audiovisuel) a pour rôle de veiller à la déontologie et à l’éthique et non de s’ériger en tribunal des opinions, déclare Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF (Reporters sans Frontières). L’analyse politique fait partie du champ applicable de plein droit à l’exercice du journalisme. Si des personnes ou des Etats s’estiment mis en cause, il existe des recours légaux comme la possibilité de faire publier un droit de réponse” . Transmis au Palais rose (présidence de la République du Tchad) où cette fâcheuse décision de suspendre l'hebdomadaire indocile, Al-Chahed, a été prise, par le dictateur, Idriss Déby Itno, himself.

Le président, Faure Gnassingbé, du Togo a accueilli ses pairs de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) en Sommet, mardi, 31 juillet, à Lomé. Votre magazine préféré, Afrique Education, qui a assisté à cette 53e session, peut attester que ce fut un « Sommet des grandes décisions ». Le numéro 468 de septembre chez vos marchands de journaux depuis ce jeudi, 6 septembre, vous dit tout comme si vous y étiez.

La Mauritanie a aboli l'esclavage en 1991, alors pourquoi criminalise-t-elle les opposants à l'esclavage, se demandent Irwin Cotler et Judith Abitan, deux défenseurs canadiens des droits de l'homme ? La triste vérité est que le pays du général-président (dictateur), Mohamed Ould Abdel Aziz, n’a pas aboli l’esclavage, mais reste sa dernière place forte.

La politique a ses raisons que la raison ignore : Idriss Déby Itno regretterait-il d'avoir placé son compatriote, Moussa Faki Mahamat, à la présidence de la Commission de l'Union africaine (UA) ? Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il le marque à la culotte comme s'il redoutait que ce poste ne lui donne une certaine épaisseur politique au point de représenter une alternance à la tête du Tchad dans quelques années. Mais attention au mauvais calcul dont Ali Bongo Ondimba a été victime au Gabon. Au lieu de favoriser un deuxième mandat pour Jean Ping à la présidence de la Commission de l'UA, les « émergents » gabonais avaient, plutôt, détruit la carrière de Ping au sein de cette organisation, faisant profiter au passage la transmission de témoin à la Sud-Africaine, Xhosazana Dlamini-Zuma. Résultat, le Gabon est entré, quelques mois plus tard, dans une zone de turbulence, Jean Ping qu'on disait amorphe et incapable de toute réaction, s'étant, viscéralement, rebellé au point de déstabiliser le fonctionnement de l'Etat. Alors que s'il avait eu son deuxième mandat, qui lui tendait les mains à l'UA, Ali Bongo Ondimba aurait eu une présidentielle tranquille en août 2016.

Le remaniement annoncé par Emmanuel Macron pour ce mardi, 4 septembre, sera de grande ampleur. Après le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, la ministre des Sports, Laura Flessel, sera, aussi, à remplacer. Voilà les deux personnalités les plus populaires du gouvernement aux yeux des Français qui quittent l'équipe. Au même moment presque. A moins de trouver un Zinedine Zidane, la ministre des Sports qui était bardée de titres de championne du monde dont celui de championne olympique, sera assez difficile à remplacer. Même si elle annonce quitter le gouvernement pour "raisons personnelles" (ce que beaucoup ne croient pas), elle était considérée comme un ministre alibi. La seule noire de l'équipe. Comme si la France ne comptait pas de noirs capables de faire valoir leurs talents dans d'autres postes du gouvernement. Avec cette seule et unique nomination dans le gouvernement (le Sport), Emmanuel Macron annonçait, déjà, la couleur. Aujourd'hui, son seul beau sourire ne suffit plus pour faire passer la pilule de chef d'Etat (assez) sectaire, qui sait applaudir les noirs sur les terrains de sport et les oublie lors de la distribution des postes de responsabilité dans le gouvernement.

L'Union européenne (UE) a versé une aide de 21 millions d'euros (près de 13,775 milliards de F CFA) au Niger pour l'aider dans la lutte contre l'émigration clandestine vers l'Europe et pour la "sécurité intérieure". Ce « job » ignoble avait été récusé par les Marocains, les Algériens et même les (très dépendants) Libyens. Le président du Niger, Mahamadou Issoufou, lui, s'est empressé de dire « Oui Chef » ! On suivra, donc, attentivement, comment le gouvernement du Niger mettra en œuvre son plan de retour dans leurs pays des immigrés bloqués sur son sol. Comme pendant l'esclavage, c'est le nègre qui vend le nègre quand il ne le tue pas.

La santé du président, Abdelaziz Bouteflika, n'est pas un sujet de polémique en Algérie. On sait qu'il est, physiquement, diminué, mais continue de remplir sa fonction, après avoir délégué beaucoup de prérogatives à son premier ministre. Il se déplace en fauteuil roulant et s'organise, actuellement, avec son parti, le FNL et les généraux de l'armée, pour se porter candidat à la prochaine élection présidentielle.

Malgré son emprisonnement pour détournement de fonds publics, depuis mars 2017, le maire de Dakar, Khalifa Sall, continuait de jouir de ses prérogatives de maire, même étant en prison. Il signait des actes, procédait à des nominations et exerçait toutes ses fonctions de maire à la seule différence qu'il le faisait derrière les barreaux. Depuis, vendredi, 31 août, il ne pourra plus le faire.

L’ancien président effectue sa rentrée médiatique, ce vendredi, 31 août, à Cherbourg, pour une séance de dédicaces de son livre, "Les leçons du pouvoir". Une façon de continuer à laisser planer le doute sur un éventuel retour, qui agace, non seulement, au parti socialiste, mais surtout, Emmanuel Macron dont le pouvoir risque d'être sans cesse parasité par ce retour de François Hollande qu'il avait affaibli en son temps quand il fut son ministre.

Les méthodes coup de poing de Donald Trump ont une limite. Elles ne peuvent réussir que si les autres pays, par faiblesse ou par complaisance, les laissent passer. Pour affronter le président américain, il faut utiliser ses propres façons de faire, user des rapports de force qu'il affectionne surtout quand ceux-ci lui sont défavorables. Aux Nations-Unies, par exemple, la Russie vient de bloquer un rapport critique d'experts chargés de l'application des sanctions internationales contre la Corée du Nord. Ce rapport fait la part trop belle aux positions de Washington dont on sait qu'elles sont jusqu'au boutistes. Moscou est en désaccord sur certains de ses éléments, ce qui est une première depuis l'imposition, en 2017, de vastes sanctions économiques contre ce pays. Parfois et surtout, avec l'aide de la Chine dans leur application.

Le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), une des trois grandes formations politiques du pays, a demandé, mercredi, 29 août, un report des prochaines élections locales et dénoncé les "menaces" du parti du président, le RDR (Rassemblement des républicains), son ancien allié dans la coalition au pouvoir, en vue du scrutin. Mais, rien n'indique que le président, Alassane Ouattara, accède à cette demande de son ancien allié en passe de (re)devenir son principal adversaire politique.

Avec des amis occidentaux comme Michel Gally, Bernard Houdin, Albert Bourgi ou Me Jean Balan (bravo à eux !), nous luttons, chaque jour, pour la fin du F CFA, ainsi que, pour la fermeture et le départ des bases militaires étrangères présentes dans certains pays africains ; nous désirons jouir des richesses de nos sols et sous-sols ; nous ne voulons plus que nos matières premières soient pillées ou achetées à vil prix ; nous souhaitons que l’ancienne puissance coloniale arrête de décider à notre place aux Nations-Unies et de nous dire ce qui est bon/mauvais pour nous ou qui doit nous diriger.

Après avoir gagné le référendum haut la main, le président, Azali Assoumani, organisera une nouvelle élection présidentielle, au premier semestre de 2019, à laquelle il sera candidat. Pour préparer cette importance échéance, il a formé un nouveau gouvernement, mardi, 28 août, dans laquelle on compte cinq nouvelles figures.

La vice-présidente de la Cour suprême du Kenya, Philomena Mwilu, a été arrêtée, mardi, 28 août, soupçonnée d'enrichissement personnel illégal, a annoncé le procureur en chef du pays. Cette arrestation s'opère alors que le président, Uhuru Kenyatta, effectue une visite officielle de quatre jours aux Etats-Unis, à l'invitation de son homologue, Donald Trump.

L'élu républicain était soigné, depuis 2017, pour un cancer du cerveau. Sa famille a annoncé, vendredi, 24 août, qu'il avait décidé d'arrêter tout traitement. John McCain était le seul républicain qui donnait de la réplique à Donald Trump et n'hésitait à voter contre ses extravagances au Congrès. Trump le redoutait plus que tout démocrate. Il faut donc croire que son décès va donner du répit au chef de la Maison Blanche qui est prié de ne pas assister aux obsèques de l'ancien pilote de chasse au Vietnam conformément à son testament. Les larmes de crocodile de Donald Trump, visiblement, John McCain, même outre tombe, n'en veut pas.

Le président, Imam Azali Assoumani, a de l'ambition pour les Comores qu'il veut transformer en un pays émergent à l'horizon 2030. Très belles îles, les Comores sont une destination de rêve, une terre d'opportunités qui ne demandent qu'à être exploitées. C'est exactement la vision profonde de son président en place depuis mai 2016. Il a été élu pour, seulement, cinq ans, avant de céder sa place à un successeur issu d'une autre île, qui viendrait aussi pour faire cinq ans, avant de laisser la place à quelqu'un autre dans le cadre de la présidence tournante. Si ce système (unique en son genre dans le monde) a permis de consolider la démocratie en installant l'alternance politique dans les mentalités (pas à coup de kalachnikov mais au moyen d'un bulletin de vote), il est devenu un gros handicap pour des investisseurs qui réfléchissent par rapport à la durée, surtout, quand il s'agit d'investissements lourds à consentir. La modification de la constitution pour passer à un mode d'élection classique, comme partout ailleurs, puise sa raison d'être d'abord et avant tout dans le domaine des investissements. En effet, tout opérateur économique veut voir loin (parfois très loin) avant d'avancer ses billes. Ce n'est pas le cas aux Comores, qui accusent un certain retard dans le domaine économique. Quand il dit : « Je veux moderniser les Comores », Imam Azali Assoumani entend mettre les bouchées doubles et rattraper le temps perdu. Grâce à deux mandats légaux normaux. D'où le référendum du 30 juillet qui permettra l'événement d'une nouvelle constitution modernisée et débarrassée de sa présidence tournante au profit d'une présidence classique comme dans toute démocratie qui se respecte. Ce sujet et plusieurs autres sont au cœur de l'entretien à suivre.

La Cour d'appel de Séoul a alourdi, vendredi, 24 août, à 25 ans de détention, la peine de l'ancienne présidente, Park Geun-hye, qui avait été destituée, l'année dernière, dans un retentissant scandale de corruption et d'abus de pouvoir. A quelque chose, malheur est bon. C'est sa descente aux enfers qui a permis l'accession au pouvoir de Moon Jae-in du Centre-Gauche, artisan du rapprochement spectaculaire avec le « leader bien aimé » de la Corée du Nord, Kim Jong-un.

“Je ne comprends pas pourquoi des personnes sont parachutées dans certaines localités pour être des élus de la Nation alors que le président, Félix Houphouët-Boigny, nous a appris la géopolitique. Aujourd’hui, celui qui parle au nom des Dida de Lakota à l’Assemblée nationale s’appelle Kouyaté Abdoulaye. Je trouve inadmissible que celui qui parle au nom des Abbey à l’Assemblée nationale s’appelle Adama Bictogo, que celui qui parle au nom des Agni d’Aboisso s’appelle Sylla.” Mais, il n'y a pas de réciprocité dans la partie musulmane du pays.

La Haute cour constitutionnelle malgache (HCC) a annoncé, mardi, 22 août, avoir enregistré pas moins de 46 candidatures pour l'élection présidentielle prévue à la fin de l'année dans le pays, dont celles de ses trois derniers chefs de l'Etat en date. Les Malgaches n'auront que l'embarras du choix. Mais à qui profite cette multitude de candidatures ? Sans doute pas à la démocratie. Parmi les candidats, on compte, les anciens présidents, Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina, mais surtout, l'amiral rouge, Didier Ratsiraka, qui, à 81 ans, voudrait revenir au premier plan.

L'ancien président des Comores, Ahmed Abdallah Sambi, a été inculpé et placé en détention dans le cadre d'une enquête sur des détournements de fonds opérés lors d'une vaste fraude aux passeports, a-t-on appris mardi auprès de son avocate. Dans une interview à Afrique Education (numéro 466-467 de juillet-août 2018), actuellement, chez les marchands de journaux, le président, Azali Assoumani, était revenu en long et en large sur le problème Sambi. Cette interview sera visible sur le site quotidien d'Afrique Education (www.afriqueeducation.com), samedi, 25 août 2018.