Politique

Le procès de l'ex-chef des Jeunes patriotes ivoiriens, Charles Blé Goudé, qui devait s'ouvrir, mercredi, 18 décembre, a été reporté, un pourvoi en cassation ayant été déposé, selon son avocat, Maître Suy Bi Gohoré. C'est le président, Alassane Ouattara, qui est derrière cette manœuvre alors qu'il a transféré Blé Goudé à la CPI (Cour pénale internationale) où il avait été élargi de ses charges, au grand étonnement du pouvoir ivoirien, même s'il n'a pas encore recouvré sa totale liberté. Est-ce par peur de le revoir revenir en Côte d'Ivoire où, forcément, il constituerait une menace certaine pour le pouvoir que le président Ouattara, décide de le poursuivre à nouveau ? Après avoir raté la réconciliation des Ivoiriens, Alassane Ouattara semble vouloir recourir à un troisième mandat, qui, pense-t-il, le mettrait à l'abri de certains désagréments. Il craint la loi du Talion : « Oeil pour œil, dent pour dent ». Mais de là à s'en prendre à Charles Blé Goudé, il n'y a qu'un pas qu'il a franchi, se fichant des qu'en dira-t-on. Même la procureure de la CPI, Fatou Ben Souda, qui cherche à garder Blé Goudé en prison à La Haye, doit se demander les raisons pour lesquelles « son client » est, au même moment, poursuivi par les tribunaux ivoiriens ? La Côte d'Ivoire n'est plus un Etat de droit. La Côte d'Ivoire devient une dictature. C'est comme si Alassane Ouattara avait perdu le nord (c'est-à-dire le sens de toute mesure).

Lors du 27e Sommet de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), qui se déroula à Londres, les 3 et 4 décembre 2019, le président français a vivement souhaité que ses homologues du G5 Sahel aient une position claire sur la présence de Barkhane dans leurs pays respectifs. Quoi de plus normal, pourrait-on dire ! Mais, à l’exception du Parti communiste français et de la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, y a-t-il classe politique plus ambiguë que celle de France, depuis de Gaulle jusqu’à Macron ?

« Nous allons passer à la vitesse supérieure » au Sahel, annonce le général, François Lecointre, chef d'état-major des armées françaises. Il faut admettre que la pression sur la Force Barkhane est au maximum dans le Sahel. Les résultats à la hauteur de la réputation de l'armée française ne sont pas au rendez-vous. Loin de là. Au contraire et pire même, cette dernière est accusée, fortement, de favoriser l'ennemi djihadiste. En lui filant, parfois, des renseignements sur les positions des armées régulières. Il faut donc dire que la France et son armée sont acculées de partout. Dans le Sahel, les populations demandent même le retrait de celle-ci, sans qu'elles ne proposent une alternative crédible à Barkhane. La « convocation » des présidents membres du G5 Sahel par Emmanuel Macron semble être comme l'histoire de l'arroseur arrosé. Convoqués pour donner des comptes, les chefs d'Etat africains concernés entendent, eux aussi, demander des comptes à leur homologue français. La relation n'est plus bonne, même en apparence, entre les deux parties. Que de battre en retraite, la France préfère annoncer qu'elle va faire monter son armée en régime. Question de ne pas perdre la face en Afrique. Question, aussi, de faire taire les critiques ? Dans tous les cas, la Force Barkhane est, désormais, sous surveillance. Par les peuples du Sahel. Cela dit, le général Lecointre a dit une vérité biblique : si les politiques ne prennent pas le relais avec des actions civiles d'éclat sur le plan du développement, l'action militaire à elle seule, ne peut suffire. La balle, à ce niveau, est dans le camp des présidents de la sous-région, élus pour développer leurs pays.

En exil après avoir été chassé du pouvoir en 2013, François Bozizé vient de rentrer à Bangui, selon son parti et ses proches. L’ancien président centrafricain n'a jamais caché son intention de reprendre le pouvoir par les urnes, alors que se profile la présidentielle de décembre 2020. Sa candidature va bouleverser la donne et le premier à s'en inquiéter pourrait être l'actuel président de la République. En effet, tous les deux puiseraient leur force électorale dans le même gisement.

Les cinq chefs d'Etat membres du G5 Sahel se sont réunis, dimanche, 15 décembre, à Niamey, pour faire part de leurs condoléances à leur homologue du Niger, Mahamadou Issoufou, au lendemain du massacre de 71 soldats nigériens de la garnison d'Inatès par les les djihadistes de l'Etat islamique, mais aussi, pour élaborer d'autres stratégies plus gagnantes contre ce phénomène qui semble prendre le dessus sur les moyens mis en œuvre pour le combattre.

Omar el-Béchir, destitué en avril par l'armée sous la pression de la rue après 30 ans au pouvoir, a été condamné, samedi, 14 décembre, à deux ans en centre correctionnel pour corruption, première condamnation pour l'ex-dictateur soudanais, dont les ennuis judiciaires pourraient continuer.

Au Ministère des Affaires étrangères, de l'Intégration africaine et des Togolais de l'extérieur, les choses ne se passent pas comme dans les autres ministères. C'est un ministère à part, qui produit des résultats à part, avec à sa tête, un ministre à part. C'est ainsi que, vendredi, 13 décembre, ce « ministre à part », le professeur, Robert Dussey, pour ne pas le nommer, a organisé une cérémonie pour primer les meilleurs collaborateurs du ministère, avec à la clé, le Prix d'excellence pour celui des travailleurs qui a fait l'unanimité par son travail, ses résultats, son comportement, son dévouement, au cours de l'année qui finit. On ne doit, donc, pas être étonné par le bilan des activités de ce ministère. Chaque agent donne du mieux qu'il peut à longueur de l'année car il sait qu'il est noté, et donc, peut être récompensé par une distinction à la fin de l'année. Et si les autres ministères copiaient ce bel exemple ?

Les Algériens ont un nouveau président. Abdelmadjid Tebboune, un ex-fidèle du président déchu, Abdelaziz Bouteflika, a été élu pour lui succéder à la tête de l'Algérie. L'ancien premier ministre a recueilli 58,15% des suffrages au premier tour de l'élection présidentielle, a annoncé, vendredi, 13 décembre, l'Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), au lendemain d'un scrutin massivement boudé par la population.

Je voudrais revenir sur une partie du discours prononcé par Emmanuel Macron au Sommet de l’OTAN (Organisation du Traité Atlantique Nord), à Londres, le 4 décembre 2019. Qu’est-ce qu’en pense un Africain comme moi qui ne porte pas la Françafrique dans son cœur ? Par “Françafrique”, il faut entendre “les relations bilatérales incestueuses entre certains chefs d'Etat africains et le chef de l'Etat français, relations qui présentent de multiples facettes : le soutien ou la tolérance vis-à-vis de régimes politiques dictatoriaux, parfois, installés par le gouvernement français lui-même, malgré le rejet de la majorité des habitants ; les circuits mafieux d'argent ; le déni de l’Histoire; des politiques de solidarité qui s’effritent ; des interventions militaires improvisées et l'absence totale de respect des peuples africains et de leurs dirigeants” (Kofi Yamgnane, Afrique. Introuvable démocratie, Paris, Editions Dialogue, 2013).

Dans le numéro 483-484 d'Afrique Education, actuellement, chez les marchands de journaux, un article explique comment la France caresse, depuis les années 90, l'idée d'obtenir la partition du Mali pour mieux contrôler ses ressources naturelles. Cette politique commencée dans les années 90 n'a pas pris un ride : les présidents François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande, ont beau faire un tour à l'Elysée (14 ans pour Mitterrand et 12 ans pour Chirac), cet objectif n'a guère changé d'un iota. Au Sommet de la « clarification » que le président, Emmanuel Macron, compte organiser, à Pau, début 2020, il serait intéressant que le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta, demande des explications à ce sujet à son homologue français, à un moment où l'assistance militaire de Barkhane, devient un sujet de préoccupation pour tout le peuple malien.

L'armée nigérienne a subi, mardi, 10 décembre, ses plus lourdes pertes depuis qu'elle est confrontée au défi djihadiste lors de l'attaque du camp d'Inates, dans l'Ouest du pays. Bilan provisoire : 71 morts sans compter de très nombreux disparus. Première conséquence de cette attaque : le report de la convocation d'Emmanuel Macron des présidents des pays membres du G5 Sahel à participer à un Sommet sur la "clarification" de la présence militaire française dans le Sahel à ses côtés, qui devait avoir lieu, à Pau, en France, le 16 décembre.

Nourredine Bongo Valentin, fils du président du Gabon, Ali Bongo Ondimba (ABO), et de Sylvia Bongo Ondimba, a été nommé coordinateur général des Affaires présidentielles, lors du dixième Conseil des ministres de cette année. Et la toile de s'enflammer. Et les réseaux sociaux de se défouler sur ce qui est et sur ce qui n'est pas. Comme à chaque fois, au Gabon, la démesure a pris le pas sur la mesure. Et ce qui, sous d'autres cieux est dans la norme est devenu anormal et disproportionné.

Le directeur de cabinet du président, Ali Bongo Ondimba, voulait-il l'écarter du pouvoir pour prendre sa place ? A Libreville, cette question ne se pose plus. Laccruche a trahi l'homme, le président, l'Etat du Gabon. Il mérite par conséquent une sanction exemplaire, sans appel. Les Gabonais sauront-ils en tirer les leçons ?

Sur un ton jugé péremptoire et suffisant par le Collectif « Sortir du F CFA », le président français a convoqué les 5 chefs d’Etat membres du G5 Sahel pour qu’ils formalisent et clarifient leur demande vis-à-vis de la France. Makhoudia Diouf et ses camarades du Collectif, comme beaucoup d'autres, ont été troublés par l’inélégance du jeune président à l’égard de ses homologues africains. D'où une réaction sans appel de ce jeune mouvement associatif dont voici la teneur.

Les deux pays rivaux sont candidats pour un poste de membre non permanent pour la période 2021-2022. Personne ne veut se désister en faveur de l'autre et chacun fait le tout pour le tout pour parvenir à ses fins.

Une foule immense a défilé à Alger contre le pouvoir, lors du dernier vendredi, 6 décembre, avant la présidentielle du 12 décembre, rejetant, massivement, ce scrutin que le régime persiste à vouloir organiser. La mobilisation, impossible à évaluer précisément faute notamment de comptage officiel, semblait comparable à celle du 1er novembre --65e anniversaire du début de la guerre d'indépendance-- et à celles des plus grandes manifestations de mars, avril et mai.

Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, effectue, actuellement, une visite de 24h, à Lomé. Il a entrepris une tournée africaine qui l'a, déjà, conduit en Guinée et au Ghana, et qui va se poursuivre dans d'autres pays d'Afrique de l'Ouest dont le Nigeria, la première puissance économique du continent, juste avant l'Afrique du Sud. Cette tournée se situe dans le cadre d’une campagne de lobbying destinée à assurer l’élection du chef de l’Etat sud-africain à la tête de l’Union africaine (UA), en janvier 2020, à Addis Abeba.

Encore un livre à charge sur Sassou-Nguesso ! Avec une force tranquille, le docteur et révérend pasteur, Dominique Kounkou, avance de livres en livres, dans une marche tranquille de construction d’une œuvre monumentale qui le survivra. Il signe son vingtième ouvrage intitulé, « Congo le sang et l’or du génocide ». Il a bien su tromper ses ennemis car plusieurs de ses opposants ont cru que la flamme était éteinte après ce qu’il appelle « le bavardage petits politiques des Congolais » !  Or, sous le bavardage, le feu brûle encore et encore !

Emmanuel Macron invite les 5 présidents des pays du Sahel en France le 16 décembre. Pour la énième fois, Idriss Déby Itno du Tchad, Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed El-Ghazouani de Mauritanie, Mahamadou Issoufou du Niger, Roch Marc Christian Kaboré du Burkina Faso et Ibrahim Boubacar Keïta du Mali, vont rencontrer leur homologue français pour parler du G5 Sahel dont la force peine à fonctionner réellement. A qui la faute ? Aux cinq présidents africains, qui ont tort d'attendre le soutien étranger, et notamment, de la France, pour combattre le terrorisme chez eux. C'est aussi la faute de la France, qui, de son côté, compte, maintenant, sur l'OTAN et sur certains alliés européens pour redéfinir une autre stratégie dans le Sahel, ce qui n'était pas le cas au départ. Les djihadistes en rigolent car on sent une certaine confusion dans la façon de combattre le djihadisme. Si on faisait la comptabilité des morts, ceux du camp du G5 Sahel et français, sont nettement supérieurs aux morts de tous les groupes djihadistes du Sahel réunis. Une situation qui expliquerait que le jeune président sollicite, désormais, le soutien de l'OTAN. Ouvertement. L'armée française n'en pouvant plus toute seule.

Les expressions "Trop, c'est trop" et "On est ensemble" ont-elles un sens pour les Ivoiriens ? Je pose la question car comment pouvons-nous rester sans réaction face à l'imposteur qui a pris notre pays en otage depuis 1999 et le gère selon ses caprices ? Comment ce dernier peut-il sortir du pays et y revenir comme il veut ? Comment pouvons-nous le laisser y agir comme bon lui semble ? Comment peut-il continuellement narguer et piétiner tout un peuple sans que la foudre ne s'abatte sur lui ? Pourquoi ce braqueur de notre économie et fossoyeur de nos libertés n'est-il jamais inquiété ? Ce dictateur n'est-il pas trop à l'aise depuis le 11 avril 2011 ?