Politique

Le président de la Cour suprême gambienne, Emmanuel Fagbenle, s'est récusé, lundi, 16 janvier, de l'examen du recours porté devant cette juridiction par le chef de l'Etat, Yahya Jammeh, contre l'investiture de son successeur élu Adama Barrow, prévue le 19 janvier. Par ailleurs, alors qu'il se trouve au Sénégal où il a élu domicile jusqu'à son investiture, Adama Barrow a perdu un de ses cinq fils, hier, à Banjul, décédé de morsures de chiens. Il était âgé de 8 ans.

Le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, qui a, déjà, à plusieurs reprises, annoncé qu'il sera, encore, à la tête du pays à 100 ans (92 ans actuellement), n'a pas apprécié qu'un pasteur annonce sa mort en 2017. Il a ordonné son arrestation.

La présidence burundaise a, officiellement, demandé à ses ministres des Affaires étrangères et de la Défense, d'entamer la procédure de retrait des troupes burundaises déployées, en Somalie, dans le cadre de la force de l'Union africaine (Amisom), en raison d'un conflit sur les salaires des soldats.

Les chefs d'Etat membres de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) ont entrepris un bras de fer avec leur homologue de Gambie, Yahya Jammeh, battu, logiquement, à l'élection présidentielle de décembre dernier. Alors que, malgré sa défaite, il a décidé de rester en place tant que la Cour suprême qu'il a saisie ne confirme pas la victoire d'Adama Barrow, la CEDEAO, elle, annonce l'investiture de ce dernier, le 19 janvier. Et par mesure de sécurité, la présidente en exercice de la CEDEAO, Ellen Johnson Sirleaf, a annoncé que Barrow résidera, désormais, à Dakar, jusqu'à son investiture, sous la bienveillante protection du Sénégalais, Macky Sall.

"On nous dit que c'est fini mais combien de temps avant que ça ne recommence ?": Sita Soro, commerçante au marché de Bouaké, résume les craintes de beaucoup d’Ivoiriens après une nouvelle mutinerie de militaires, qui pèse sur l'avenir d'un pays redevenu une locomotive régionale. La rébellion conduite par Guillaume Soro, en 2002, n'a pas, encore, livré tous ses secrets. Loin s'en faut.

Le président, Sassou Nguesso, en tant que président du Comité de haut niveau de l'Union africaine (UA) sur la Libye, convoquera un Sommet sur la Libye, le 25 janvier, à Brazzaville, soit, la veille du Sommet de l'UA, à Addis Abeba. Il compte tenir cette rencontre internationale dans un pays qu'il maintient en état d'urgence, notamment, au Pool (région de Brazzaville) où il a déployé plus de 10.000 militaires pour y déloger le pasteur Ntoumi accusé de lui tenir tête. Dans une dictature où il n'y a aucune contestation possible, le pasteur Ntoumi est considéré par les Congolais comme un héros. Au vu et au su de tous, le dictateur met, un à un, tous ceux qui peuvent lui apporter contradiction aux arrêts. Après Paulin Makaya (dont l'emprisonnement l'a empêché de se présenter à la présidentielle de mars 2016 et Jean-Marie Michel Mokoko et beaucoup d'autres, il vient, coup sur coup, en moins d'une semaine, d'arrêter le député, André Okombi Salissa (AOS), ancien candidat à la présidentielle, alors qu'il bénéficie de l'immunité parlementaire. Depuis cinq jours, AOS est embastillé à la DGST (police politique), menotté (notre photo), comme un vulgaire délinquant, alors que son écharpe tricolore lui confère des prérogatives que seule la loi peut enlever. Depuis hier, c'est notre confrère, patron de Thalassa, Ghys Fortuné Dombé, qui croupit dans les geôles de la même DGST. Juste parce qu'il a déclaré que des individus comme le général, Jean François Ndengué, directeur général de la police, après avoir atteint la limite d'âge, ne devraient plus émarger dans la fonction publique comme agents de l'Etat. Conclusion : Sassou est au-dessus de la loi quand il n'est pas lui-même la loi. Il a dépassé les Congolais, mais aussi, le monde entier.
Il y a quelques semaines, Afrique Education avait réussi à joindre AOS de son refuge à Brazzaville. Il nous avait accordé une interview (parue dans le numéro 447 d'Afrique Education) qui avait fait perdre le sommeil au dictateur. Cette interview (à lire ci-après) a permis de sauver la vie à Okombi. Car le dictateur avait organisé son assassinat. Purement et simplement. Maintenant, AOS est sous sa « protection » directe. Si quelque chose lui arrive, on saura à qui demander les comptes. C'est-à-dire à Sassou-Nguesso himself.

Le Sommet France-Afrique de Bamako a permis aux chefs d'Etat et de gouvernement présents d'examiner la situation qui prévaut, actuellement, en Gambie. Invité à participer à cette rencontre, Adama Barrow a pu être présenté à l'Afrique comme chef d'Etat élu de Gambie. Il en sera, de même, fin janvier, à Addis Abeba, au Sommet de l'Union africaine, si d'ici là, Yahya Jammeh n'a pas quitté le pouvoir. Pour le déloger du Palais, les chefs d'Etat réunis à Bamako pensent qu'il ne sera pas nécessaire de recourir à un « bain de sang ». C'est du moins ce que pense le Malien, Ibrahim Boubacar Keita.

Fini le temps où le Sommet France-Afrique (aujourd'hui Afrique-France) se tenait pendant deux jours et, était, couru, car symbolisant de grandes retrouvailles entre Paris et les capitales francophones d'Afrique. Comme la grenouille qui cherchait à ressembler à l'éléphant, la France s'est mise, sans concertation, à élargir ce Sommet aux pays anglophones et lusophones, lui enlevant, du coup, toute sa substance. Son originalité. Il y eut même des remous à ce changement de cap venant, notamment, de Libreville. Le virage a été effectué. Mais pour quelle utilité ? Ce samedi, 14 janvier, jour d'ouverture de la CAN au Gabon, plus de vingt chefs d'Etat et de gouvernement vont se retrouver, pour quelques heures de travaux. A part la sécurité qui est devenue un thème de société, ce sera du déjà vu et entendu.

Au moment où se tient le Sommet France-Afrique, à Bamako, le professeur, Jean-Claude Djereke, se demande pourquoi l'école des Blancs a failli dans la transformation de l'homme africain alors qu'il est devenu le principal facteur de blocage dans la transformation de la société.

Français et Africains se retrouvent, aujourd'hui et demain, à Bamako, pour un Sommet France-Afrique, devenu, aujourd'hui, jeu de mots oblige, Sommet Afrique-France, pour des enjeux qui dépassent, de loin, la qualité et la compétence du pays partenaire qui se retrouvera en face des pays africains.

Jacob Zuma, empêtré dans de nombreux scandales financiers, pourrait quitter le pouvoir par la petite porte, avant terme, en 2019. Mais, même s'il va jusqu'au bout de son mandat, il risque de souffrir si son successeur n'est pas une personne sûre, susceptible de lui assurer une certaine protection vis-à-vis des instances judiciaires et politiques nationales. Son ex-femme, Nkosazana Dlamini-Zuma, qu'il avait placée à la tête de l'Union africaine, et qui est de retour, au pays, pour briguer la présidence de l'ANC, et donc, du pouvoir, peut-elle être un bouclier utile pour Jacob ?

L'ancien ministre de l'Economie tout puissant du président, Bongo Ondimba Ali, a été emprisonné pour corruption présumée, une première dans cet Etat pétrolier frappé par une crise économique et politique où le ministre du Pétrole vient, aussi, d'être destitué.

Après le Nigeria et le Niger, au tour du Cameroun de publier les pertes que son armée vient d'infliger à Boko Haram ces dernières semaines, ce qui confirme l'affaiblissement certain de cette secte terroriste, obligée, maintenant, d'exister en commettant des attentats suicide.

On peut haïr BOA (Bongo Ondimba Ali) à cause de la succession des erreurs et des fautes politiques qu'il a commises, malgré les conseils qui lui étaient prodigués, tout au long de son premier mandat. Mais, on ne peut que l'applaudir quand il se rattrape par une action symbolique qui se veut d'éclat. Contre toute attente, il a décidé de baptiser, le 9 janvier, le nouveau stade de Port Gentil de 20.000 places où va se jouer la Coupe d'Afrique des nations, « Complexe Michel Essonghe » du nom de son conseiller politique, fidèle parmi les plus fidèles de ses collaborateurs du Palais du Bord de Mer.

Le Falcon 7X a été immatriculé par l'armée de l'air congolaise, et pas, directement, par le dictateur. Simple astuce d'un mauvais payeur devant l'éternel ? N'étant pas un avion présidentiel, il devient, du coup, un avion saisissable par les huissiers de justice. Est-ce pour cette raison qu'un secret opaque l'entoure, en ce moment, en ce sens que, comme si on s'était passé le mot, personne ne veut en parler dans les services compétents ?

Le Congo-Brazzaville est triste. Après une année de cavale, André Okombi Salissa (AOS) a été arrêté, ce matin, par les services du dictateur, en plein cœur de Brazzaville. Ce n'est, vraiment, pas une bonne nouvelle, mais, positivons en disant que ceux qui l'adorent peuvent, enfin, respirer car, désormais, plus de balle perdue pour le tuer avant de maquiller l'assassinat, plus de poison dans sa nourriture, avant de diffuser une fausse version sur Télé Congo. Aujourd'hui, on sait qu'il est entre les mains du dictateur. Si un de ses cheveux saute, ce sera Sassou-Nguesso himself.

De nombreuses incertitudes planent, toujours, sur l'audience de la Cour suprême gambienne du 10 janvier pour statuer sur le recours du parti du président, Yahya Jammeh, contre sa défaite électorale.

Ils sont toujours comme ça les Chinois. Ils disent vouloir faire des affaires sans juger les régimes politiques africains avec lesquels ils traitent. Après, ils parlent de partenariat « gagnant gagnant » pour cacher leur hypocrisie, alors que chez eux, le président de la République qui est en même temps le patron du parti communiste, ne peut faire que deux mandats de 5 ans, ce qui fait en tout et pour tout, 10 ans au pouvoir. Au Congo-Brazzaville où Sassou-Nguesso s'est octroyé une présidence à vie (déjà 33 ans au pouvoir), les Chinois font un partenariat "perdant perdant" : Des milliers de morts à l'actif du dictateur sous les yeux des Chinois. Alors question : Les Chinois sont-ils les amis des Congolais ?

A quelques semaines du Sommet de l'Union africaine, à Addis Abeba, où le plat de résistance des travaux, après l'élection du successeur de Xhosazana Dlamini-Zuma, concernera l'admission du Maroc au sein de la grande famille africaine, le président sud-africain, Jacob Zuma, vient d'apporter un soutien de taille à la RASD (République arabe sahraouie démocratique), en demandant la fin de la colonisation marocaine dans cette « province » du Maroc. Avec l'indéfectible soutien de l'Algérie, éternelle marraine de la RASD, on est à peu près sûr que l'organisation va, à nouveau, être paralysée si l'arrivée du Maroc voudra dire sortie de la RASD de l'UA. Personne ne l'acceptera à Pretoria et à Alger.

Un mouvement de protestation de militaires a éclaté, vendredi, 6 janvier, à Bouaké, capitale de l'ex-rébellion armée en Côte d'Ivoire, avant de s'étendre à la mi-journée aux villes de Daloa et Daoukro, dans le Centre, et Korhogo dans le Nord. Ils ne sont pas contents d'Alassane Ouattara qu'ils ont mis au pouvoir et qui les ignore superbement par des promesses non tenues.