Politique

Le procès "marathon" de 84 accusés, dont les généraux Gilbert Diendéré et Djibrill Bassolé, cerveaux présumés du putsch manqué de septembre 2015 au Burkina Faso, s'ouvre, mardi, 27 février, devant la justice burkinabé. Les accusés annoncent un grand déballage tandis que les observateurs soutiennent que ce procès sera un véritable test de crédibilité de la justice burkinabé.

Les Nigériens se veulent un peuple éveillé, qui refuse de se laisser faire et qui contrôle du mieux qu'il peut l'action du gouvernement. Ce peuple sait faire la part des choses, entre ce qui est bien pour lui et l'intox et la désinformation que le pouvoir peut mettre en avant pour l'endormir. C'est dans ce contexte de vigilance que plusieurs milliers de personnes ont manifesté dimanche, 25 février, à Niamey, et dans les grandes villes pour demander "l'abrogation" de la loi de finances 2018 qu'elles jugent "antisociale" et le départ des "forces étrangères" basées dans le pays.

Sur invitation de Cheikh Mohamed bin Abderrahmane Al-Thani, vice-premier ministre, ministre des Affaires étrangères de l’Etat du Qatar, le professeur, Robert Dussey, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et de l’Intégration africaine de la République togolaise, a effectué une visite d’amitié et de travail, à Doha, au Qatar,  le 24 février 2018. C'est une grande première dans l'histoire des relations diplomatiques et politiques entre les deux pays. Mais, au regard des responsabilités des uns et des autres, au sein des zones géographiques de chacun, ils ne pouvaient plus continuer de s'ignorer. La visite officielle s'est très bien déroulée et les deux pays vont, désormais, mettre la main à la pâte pour rattraper le temps perdu.

Quand les Centrafricains arrêteront-ils de se faire tuer dans leur capitale ? Malgré l'arrivée au pouvoir, il y a deux ans, du président, Faustin-Archange Touadera, Bangui est loin de devenir une capitale pacifiée. On a peur de se faire tirer dessus à Bangui comme à Paoua ou dans n'importe quelle autre localité de l'intérieur du pays. Le pouvoir centrafricain est, totalement, impuissant face à cette violence qui n'arrive, pas non plus, à être contrôlée et jugulée par la Minusca. Trois personnes ont été tuées et au moins sept blessées, entre jeudi, 22 février, soir, et vendredi, matin, dans des échanges de tirs entre deux groupes armés du PK5, quartier où habite la majorité des musulmans de Bangui. Pour le gouvernement, c'est une statistique comme toute autre. Pour lui, c'est « circulez y a rien à voir ». La vie continue, renchérit-on du côté du Palais de la Renaissance où le président de la République continue de collectionner les épouses. Il en serait à quatre en l'espace de deux ans au pouvoir. Qui dit mieux ?

Visiblement mécontent du timide réchauffement des relations entre les deux Corée, et sans l'aval du protecteur américain qui a, royalement, été contourné, en apprenant ce dégel par la presse, comme tout le monde, le président, Donald Trump, est en train de sortir l'artillerie lourde pour isoler, encore plus, la Corée du Nord alors que la logique voudrait qu'il encourage, plutôt, le dialogue direct entre les deux Corée. Il a,ainsi, annoncé, vendredi, 23 février, de nouvelles sanctions visant à marginaliser encore plus la Corée du Nord, quelques heures après l'arrivée de sa fille, Ivanka, en Corée du Sud pour la fin des jeux Olympiques.

Les Zimbabwéens ont marqué, mercredi, 21 février, le 94e anniversaire de l'ancien président, Robert Mugabe, en observant un jour férié sur l'ensemble du territoire. Cependant, le gâteau d'anniversaire était moins grand (que les années passées) et les courtisans du château, attirés par le délicieux gâteau, beaucoup moins, nombreux. Mais, tout s'est bien passé, Camarade Bob gardant sa popularité intacte, en tant que libérateur du pays du colon britannique. Camarade Bob, en tant que sage, patriarche bien aimé, devrait se voir confier, bientôt, des missions au sein de l'Union africaine (UA), pour le bon devenir du continent. Le président de l'UA, Moussa Faki Mahamat, lui a, d'ailleurs, rendu visite à son domicile, à Harare, pour le saluer et prendre de ses nouvelles.

La 18ème Session extraordinaire du Conseil des ministres de la CEDEAO (Commission économique des Etats de l'Afrique occidentale) s’est tenue, à Lomé, les 20 et 21 février 2018, sous la présidence togolaise. Objectif : procéder à l’interview des candidats sur les différents postes statutaires de la CEDEAO. A cette occasion, tous les postes ont été pourvus y compris ceux des commissaires, ce qui permet au nouveau président de la Commission de la CEDEAO, l'Ivoirien, Jean Claude Brou, de prendre son service, le 1er mars prochain, à Abuja, avec toute son équipe.

Mercredi, 21 février, tous les regards étaient dirigés vers le palais de l'Elysée. C'est là que le ministre français de l'Intérieur, Gérard Collomb, a présenté son projet de loi asile et immigration en Conseil des ministres. Hautement sensible, ce texte prévoit de réduire le délai de procédure du droit d'asile et de lutter plus efficacement contre l'immigration illégale. Ce projet de loi allie-t-il "humanité" et "fermeté" comme le promet le gouvernement ?  Pour afriqueeducation.com, il accentue, plutôt, le volet répressif, en faisant de la France, un pays qui cherche à se barricader. Si le président français veut trouver une solution à l'immigration, qu'il commence par s'attaquer à la françafrique car c'est par cette pieuvre que naît l'immigration.

Bravant les Burundais et la communauté internationale, refusant de respecter la constitution du pays et les Accords d'Arusha qui lui interdisaient de se représenter pour briguer un troisième mandat successif, Pierre Nkurunziza a réalisé un putsch contre les institutions de son pays pour se maintenir à la tête de l'Etat, après l'organisation, en 2015, d'une présidentielle affectée par une fraude industrielle. Au moment où il prépare le changement de cette constitution pour pouvoir se représenter en 2020, et rester président à vie, les Nations-Unies tirent la sonnette d'alarme, la famine gagnant du terrain à pas de géant. Voilà la performance hors norme réalisée par ce président dont l'entêtement a poussé les grands partenaires au développement à rompre, purement et simplement, leur coopération avec le Burundi, en attendant que son président reprenne le chemin de la démocratie et de la préservation des droits de l'homme.

Le premier ministre, Franck Emmanuel Issoze-Ngondet, ne pouvait pas rester inerte. Mais, personne ne s'attendait à ce qu'il remanie son équipe gouvernementale. En effet, une récente photo de son ministre de l'Agriculture, Yves-Fernand Manfoumbi, dans un état d'ébriété avancé, roulant par terre, un micro dans la main, l'aurait-il convaincu, ainsi que, le président, Ali Bongo Ondimba, de la nécessité d'un remaniement qui permettrait de couper court aux commentaires malveillants, qu'on peut lire dans les réseaux sociaux ? Toujours est-il qu'ivre ou pas ivre (les avis divergent), la photo de l'ancien directeur général du Budget fait désordre. Occasion a, ainsi, été donnée au chef du gouvernement de faire d'autres ajustements qui lui permettront de conduire la bataille des législatives avec une équipe gouvernementale plus homogène et plus conquérante.

Le dialogue ouvert, lundi, 19 février, à Lomé, entre le pouvoir et opposition, après six mois de crise politique au Togo, a connu de premières avancées au terme d'une longue journée de discussions qui ont été suspendues jusqu'à vendredi, 23 février. A la demande de l'opposition, le président du Togo, Faure Gnassingbé, a accepté d'accorder une grâce présidentielle à plusieurs dizaines de détenus-casseurs pendant les manifestations, détendant, par la même occasion, l'atmosphère des travaux. Côté pouvoir, tout est mis en œuvre pour le succès du dialogue.

Le président chinois, Xi Jinping, n'a pas attendu longtemps avant de féliciter le nouveau président sud-africain, Cyril Ramaphosa. Dès vendredi, 16 février, il a tenu à lui faire parvenir un message dans lequel il l'a qualifié de « vieil ami du peuple chinois ». Dans la foulée, il a proposé que le partenariat sino-africain du Sud qu'il veut élever à un niveau supérieur se matérialise, dans un sens gagnant-gagnant, dès cette année 2018. Message reçu cinq sur cinq, à Pretoria, par Cyril Ramaphosa.

Visiblement, les deux Sall se détestent cordialement. Ils avaient, pourtant, tout pour s'entendre. Déjà, ils portent le même nom, Sall, comme deux frères d'une même famille. Et puis, ils appartiennent à la même majorité présidentielle. Malheureusement, l'ancien maire de Dakar a eu le tort de voir plus loin que le bout de son nez. Macky voulait qu'il « mange », mais, en restant à la mairie de Dakar. Khalifa, lui, ambitionnait de muter de la mairie vers l'avenue Roume, qui abrite le célèbre palais présidentiel tant convoité. Dès lors, l'entente n'était plus possible. C'est un combat qui ne va pas s'arrêter avec le très défavorable verdict du tribunal à venir. Ce combat est avant tout politique. Mieux, il est d'honneur tout simplement.

La justice est implacable en Israël. Et c'est son caractère impitoyable qu'on aime car personne n'est à l'abri de la décision d'un juge qui arbitre un dossier en son âme et conscience en fonction des seuls éléments contenus dans le dossier. Sinon, le premier ministre, Benyamin Netanyahu, n'aurait, strictement, rien eu à craindre. Mais, voilà qu'au nom de la séparation des pouvoirs, les policiers-enquêteurs le malmènent, comme un justiciable banal, au regard des faits graves qui lui sont reprochés, après qu'il ait utilisé sa position sociale pour s'offrir des largesses. On appelle cela, corruption. Les pays africains (sauf l'Afrique du Sud) sont à des années lumière d'un tel processus. Chez eux, la loi, bien qu'écrite, est interprétée en fonction des (seuls) humeurs du chef de l'Etat.

Comparée à la dynamique CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale), la CEEAC n'affiche qu'une existence virtuelle. Institution budgétivore à l'efficacité pas du tout prouvée, même les pays membres n'y croient guère, eux qui accumulent, désormais, la bagatelle de 35 milliards de F CFA, en arriérés de cotisations, soit, au moins, trois années de fonctionnement. Frappés par la baisse des prix des matières premières dont le pétrole et le gaz que produisent à grande échelle, plusieurs de ses membres, les pays de la CEEAC, on peut, aisément, l'imaginer, ont d'autres priorités plus pressantes. Cela dit, les pays d'Afrique centrale sont connus pour être peu disciplinés dans l'atteinte des objectifs communautaires contrairement à ceux de la CEDEAO. C'est une réalité : chaque chef d'Etat pense d'abord à lui-même et à son pays avant de penser à la communauté. Président en exercice de la CEEAC, le président gabonais, Ali Bongo Ondimba, a entrepris, ces derniers jours, une tournée qui l'a conduit dans des pays comme le Rwanda et l'Angola, afin de bien préparer les assises des 5 et 6 mars prochains, à Libreville. Combien de chefs d'Etat y participeront-ils quand certains ne sont pas loin de penser que les Sommets de la CEEAC ne sont qu'un simple passe-temps, en plein ajustement structurel des pays de la CEMAC auprès du FMI, le gendarme financier mondial ?

Le premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn, sous pression au sein de la coalition au pouvoir, a démissionné, jeudi, 15 février, au moment où le deuxième pays le plus peuplé d'Afrique traverse, depuis fin 2015, une crise politique marquée par d'importantes manifestations anti-gouvernementales.

Ouuufff !!! Enfin la chute du (gros) président corrompu ! Après avoir résisté pendant plusieurs jours, Jacob Zuma a fini par jeter l'éponge pour éviter une motion de destitution de l'ANC à l'Assemblée nationale, une humiliation suprême. Né avant la honte, Jacob Zuma, cette fois, a choisi la dignité, en présentant, malgré lui, lui-même, sa démission à l'Afrique du Sud. Dans la précipitation, on peut affirmer que ses 9 ans de gestion chaotique ont, littéralement, coulé l'Afrique du Sud, qui n'est plus que l'ombre d'elle-même. Son catastrophique bilan se fera plus tard. Pour l'heure, l'Afrique du Sud s'apprête à accueillir son nouveau président, Cyril Ramaphosa, 65 ans, qui a d'ores et déjà annoncé que sa gouvernance sera différente de celle de son prédécesseur : il précise qu'il laissera la justice libre et indépendante pendant sa présidence, qu'il s'emploiera à relancer l'économie et à réduire le chômage. Donc, pas de passes-droit pour Jacob et son clan de profiteurs.

On savait que le Burundi était une petite dictature. Mais, ce qu'on ignorait, c'est qu'il est une dictature, pleinement, accomplie. Dans ce pays, pas moyen de dire Non quand Pierre Nkurunziza, lui, dit Oui. La police vient, implicitement, menacer d'arrestation, ceux et celles des Burundais et des Burundaises, qui font campagne pour le "Non" au référendum constitutionnel très contesté prévu en mai et qui devrait, logiquement, permettre au président de rester au pouvoir jusqu’en 2034, au moins.

Bien fait pour lui. Il n'a que ce qu'il mérite. Un des djihadistes du groupe nigérian, Boko Haram, a été condamné à 15 ans de prison pour sa participation à l'enlèvement, en 2014, de plus de 200 jeunes lycéennes à Chibok, dans le Nord-Est du Nigeria.

Les informations contenues dans le numéro 461 de février 2018 d'Afrique Education sont uniques en leur genre. Elles ne se trouvent nulle part ailleurs et vous ne les lirez dans aucun autre journal. Elles sont exclusives. Elles éclaboussent deux hauts dignitaires de l'Afrique centrale, qui font l'objet de soupçons. Conformément à la réglementation en vigueur, ces derniers ont la possibilité de bénéficier d'un droit de réponse dans Afrique Education s'ils s'estiment diffamés. Mais, la rédaction pense que ce n'est pas le cas. Cependant, le magazine est prêt à leur accorder ce droit de réponse sauf s'ils estiment que le silence est d'or. Mais ne dit-on pas, aussi, que qui ne dit mot consent ?