Politique

L'Afrique est active face aux manoeuvres des djihadistes du Sahel et du Lac Tchad. Si on dit, souvent, que le bandit a une longueur d'avance sur le gendarme, le radicalisme et l'extrémisme sont très loin d'avoir gagné. Les Etats africains concernés s'organisent, individuellement et collectivement, pour faire échec à cette violence aveugle qui s'est invitée, sans s'annoncer, dans la vie quotidienne des Africains. Après Yaoundé, en juin 2013, les pays africains de l'Ouest et du Centre, ainsi que, leurs partenaires extérieurs, se donneront rendez-vous, à Lomé, en juillet 2018, pour actualiser leur logiciel de lutte contre ce phénomène des temps modernes. L'union faisant la force, et sous les auspices des Nations-Unies et de leurs partenaires occidentaux et des pays émergents, les pays membres de la CEDEAO et de la CEEAC pourront, ainsi, faire le bilan, depuis la conférence de Yaoundé, de leur partenariat dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et définir de nouveaux axes de collaboration afin que les djihadistes se sentent traqués, pourchassés, où qu'ils se trouvent.

C'est une plaisanterie de mauvais goût que son successeur, Emmerson Mnangagwa, commence à servir aux Zimbabwéens et aux Africains. Parce que Robert Mugabe, remonté par le coup d'état avec l'implication de l'armée dont il a été victime, a montré son mécontentement en soutenant la création d'un autre parti politique qui rassemble les déçus de la Zanu PF proches de son épouse, Grace Mugabe, le nouveau pouvoir commence à montrer des signes d'énervement qui prouvent qu'il n'est pas aguerri aux batailles politiques. Répondre du détournement de 15 milliards de dollars, ressemble aux procès staliniens que le pouvoir soviétique collait aux ennemis du régime communiste. Car que peut-on, logiquement, attendre de Camarade Bob, du haut de ses 94 ans, lors d'un tel procès, sinon, l'enquiquiner ? Le Zimbabwe, petit à petit, ne serait-il pas en train de prendre une tournure inquiétante ?

Le Togo et l'Angola sont deux pays africains frères qui s'estiment et se respectent mutuellement. Pendant le long conflit qui l'a affecté, pendant un quart de siècle, l'Angola en proie à une rébellion sans nom, comptait deux grands leaders politiques : l'ancien président, José Eduardo dos Santos, et le leader de l'Unita, feu Dr Jonas Savimbi. Le premier entretenait de bonnes relations avec l'ex-Union soviétique et les démocraties populaires de l'Europe de l'Est, tandis que Jonas Savimbi, lui, centrait ses amitiés dans le camp occidental. C'est ainsi que ce dernier s'entendait bien avec les dirigeants africains du camp modéré auquel appartenait l'ancien président du Togo, le Sage, Gnassingbé Eyadèma. Mais, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts : le Togo et l'Angola ont, aujourd'hui, à leur tête, deux nouveaux dirigeants (éclairés) qui ont décidé, de commun accord, de solder ce passé idéologique, et de bâtir un nouvel avenir. C'est la raison de la visite de travail du ministre angolais des Relations extérieures, Manuel Domingos Augusto, au Togo, les 18 et 19 avril, où il était porteur d'un message de son président, Joao Lourenço, à son homologue, Faure Gnassingbé.

C'est fini la présidence du lider maximo et de son frère bien aimé, Raul Castro. Après une soixantaine d'années de bons et de loyaux services, les Castro cèdent la présidence de la République cubaine à Miguel Diaz-Canel, qui officiait comme vice-président à côté de Raul Castro. Ce n'est pas un changement de régime ni de système. Mais, uniquement, un changement de nom. Politiquement parlant, Cuba aura droit à un changement dans la continuité. La révolution castriste aura bien vaincu le gros ogre américain qui n'avait jamais accepté le communisme à ses portes. Comme quoi, la victoire n'est pas toujours au bout de la puissance militaire. Les Castro l'auront démontré.

Personne ne sait où s'arrêtera Pierre Nkurunziza qui a fait du Burundi un pays de non-droit, une dictature sans nom. Alors qu'il prépare la tenue, en mai prochain, d'un référendum pour modifier la constitution qui fera de lui un président à vie, il a fait adopter par l'Assemblée nationale, mercredi, 18 avril, un projet de loi qui autorise, notamment, les perquisitions de nuit et sans mandat d'un magistrat. Cette nème provocation est dénoncée comme une atteinte à la démocratie par la société civile et l'opposition à un mois d'un référendum constitutionnel. Mais, Pierre Nkurunziza, a bravé son propre peuple (qui a fini par baisser les bras) et dépassé la communauté internationale. Il fait, donc, ce qu'il veut, quand il veut et comme il l'entend.

La Mission de l'ONU en Centrafrique (Minusca) a assuré, mercredi, 18 avril, qu'elle "ne cédera pas à l'intimidation" suite au regroupement d'éléments armés à Kaga Bandoro, une ville à 300 km au Nord de Bangui. En effet, comme on peut le remarquer, rien ne va plus en Centrafrique, deux ans, après l'entrée en fonction (très prometteuse) du président, Faustin Archange Touadéra. Aujourd'hui, presque tout le pays est sous l'emprise des mouvements rebelles qui se créent tous les jours, alors que le pouvoir central est appelé à d'autres fonctions que personne ne connaît. Face à cette désolation, les groupes armés veulent prendre leur responsabilité en menaçant de descendre sur Bangui, espérant alléger, ainsi, la grande souffrance du peuple et sortir le pays de l'impasse où il se trouve.

Avec son beau visage d'éternel enfant, le jeune président français, du reste ancien banquier d'affaire, est une main d'acier qui se cache dans un gant de velours. L'histoire retiendra, dans quelques années, quand on fera son bilan à la tête de la France, qu'il aura été plus dur que les pouvoirs de droite qui ont eu à gérer la France. Aujourd'hui, il fait pire que Chirac-Pasqua-Debré-Sarkozy dont les noms ont marqué l'histoire franco-africaine dans le domaine de l'immigration. Charles Pasqua (le « terroriste des terroristes ») aurait-il osé aller plus loin, lui qui avait demandé, à Jean-Pierre Chévènement alors ministre de l'Intérieur, de régulariser tous les sans papiers de France, au lendemain de la victoire à la coupe du monde 1998 des « Blancs Blacks Beurs » ? Sous prétexte de réformer (ce qu'il reprochait à son mentor François Hollande de ne pas faire suffisamment), Emmanuel Macron est en train de vouloir casser la baraque France, s'il n'est pas stoppé à temps. Mais qui osera l'arrêter et comment, alors qu'il argumente, avec délectation, que s'il ne le fait pas, aujourd'hui, la droite (dure) et le Front national, feront pire quand ils arriveront au pouvoir demain ? Et la Françafrique ? Il n'en parle pas du tout. Il l'entretient au contraire, alors que cette fâcheuse politique est à l'origine de l'augmentation de l'immigration africaine en France.

Mieux vaut tard que jamais. Le 30 juin prochain, le maire de Bruxelles, Philippe Close, inaugurera une place qui portera le nom de l'ancien premier ministre congolais, Patrice Lumumba, assassiné par le pouvoir colonial belge, en janvier 1961, juste parce que ce dernier lui reprochait de ne pas favoriser les intérêts belges à la tête de l'Etat du Congo. Après l'avoir tué, les assassins de Patrice Lumumba prirent le soin de plonger son corps dans l'acide afin qu'il disparaisse à jamais. En instaurant une Place Patrice Lumumba, à Bruxelles, on ose croire qu'il ne s'agit que d'une toute première petite étape de la reconnaissance de ce crime odieux, et que la repentance devrait, normalement, et logiquement, suivre.

A la suite de leur rencontre, mardi, 10 avril dernier, au palais de la présidence de la République, le président, Alassane Ouattara, et son aîné, Henri Konan Bédié, président du PDCI-RDA et président du présidium du RHDP (Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix), ont donné leur accord pour la création du parti unifié dénommé RHDP dont le principe a été adopté, lundi, 16 avril, par les autres présidents des partis membres, c'est-à-dire, l'UDPCI, le MFA, l'UPCI et le PIT. Après avoir signé le document d'accord politique, les six partis concernés devront, maintenant, entrer dans le vif du sujet, en mettant sur pied, un autre parti politique en bonne et due forme (le RHDP) en lieu et place des six partis existants. Un exercice qui est loin, très loin d'être aisé, à deux ans de l'élection présidentielle à laquelle le candidat du PDCI-RDA ambitionne d'être le représentant unique du RHDP.

Aide toi et le ciel t'aidera. Elu président du Nigeria, spécialement, pour vaincre la secte terroriste, Boko Haram, Muhammadu Buhari, qui a échoué dans cette mission, s'est-il donné les moyens pour réussir ? Alors que son pays compte l'armée la plus nombreuse du continent, celle-ci est, paradoxalement, la moins efficace sur le terrain dans la guerre qui est menée contre Boko Haram. Les armées des trois autres pays engagées dans la même guerre, à savoir, le Tchad, le Niger et le Cameroun, sont, nettement, plus performantes que celle du Nigeria. Et tant que ce problème fondamental ne sera pas résolu et que Boko Haram continuera à faire des militaires du Nigeria ce que bon lui semble, la sous-région du Lac Tchad ne viendra, jamais, à bout du problème de Boko Haram. Avant l'arrivée de Buhari au pouvoir, les observateurs mettaient cette contre-performance de l'armée sur le fait que le président, Goodluck Jonathan, étant un civil, n'était pas obéi et respecté par les militaires. Mais voilà qu'avec un militaire à la tête du pays, le problème reste entier.

Neuf chefs d'Etat membres de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest), se sont retrouvés, samedi, 14 avril, à Lomé, autour de leur homologue, Faure Essozimna Gnassingbé, président du Togo et président en exercice de cette organisation, pour trouver une solution définitive à la lancinante question bissau-guinéenne. C'est un problème récurrent qui perturbe le fonctionnement institutionnel de ce pays depuis trois ans et qui peinait à trouver une solution digne de ce nom. Pendant sa présidence en exercice, le Togolais, Faure Gnassingbé, y est parvenu grâce à l'efficacité de sa diplomatie dont les va et vient entre Lomé et Bissau, ont fini par porter les fruits salués par tous. D'où la convocation du Sommet extraordinaire ce 14 avril, à Lomé, qui a permis aux chefs d'Etat d'acter les décisions de sortie de crise dont la mise en place sera co-assurée, non seulement, par le président de la Guinée et médiateur de la CEDEAO pour la Guinée Bissau, Alpha Condé, mais aussi, par Faure Gnassingbé, en tant que président en exercice de la CEDEAO et par José Mario Vaz, lui-même, président de la Guinée Bissau. A Lomé, les chefs d'Etat, au vu de ce résultat inespéré, ont poussé un ouf de soulagement et adressé bien des éloges mérités à leur homologue, Faure Gnassingbé.

Si l'opinion publique française est partagée sur la participation de l'armée française aux frappes en Syrie de cette nuit, les Anglais, eux, ne prennent pas de gants pour signifier leur mécontentement contre le jusqu'au boutisme de leur première ministre, Theresa May, dont le pays s'est, toujours, aligné sur les positions va-t-en guerre de Washington de façon quasi-automatique depuis l'époque de Tony Blair que d'aucuns qualifiaient d'ailleurs de « caniche de Bush ». Depuis 2007, c'en est fini de l'indépendance de la France que Jacques Chirac avait bien su incarner avec son chef de la diplomatie de l'époque, Dominique de Villepin, en signifiant la neutralité de la France dans l'accusation non démontrée des armes chimiques que Colin Powel brandissait aux Nations-Unies. A partir de 2007, en effet, Nicolas Sarkozy (soutenu par son chef de la diplomatie Bernard Kouchner) a aligné la France sur l'atlantisme américain en se rapprochant de l'OTAN. Par la suite, François Hollande ne s'en est pas départi et a, plutôt, confirmé cette position qu'accentue, aujourd'hui, Emmanuel Macron. Désormais, l'Amérique n'a pas un seul caniche à sa solde, mais deux : la première ministre britannique et le jeune président français, Emmanuel Macron (voir notre photo montrant Trump et ses deux caniches).

L'ex-guérillero tombeur de Milton Oboté est-il devenu tolérant ou a-t-il vu qu'il se rendait ridicule en poursuivant devant une justice aux ordres, deux petits chanteurs ougandais qu'il doit au contraire protéger au lieu de les brimer, juste parce qu'ils ont dit, dans une chanson, ce qu'ils pensaient en leur for intérieur, à savoir, que leur président, trop âgé, devait prendre sa retraite ? Le titre de la chanson, « Mzei Wumula », en langue luganda, signifie, tout simplement, « Prends ta retraite, vieil homme ». L'ex-guérillero s'est mis dans une colère indescriptible qui rappelle celle du président camerounais, Ahmadou Ahidjo, dans les années 70. En effet, le premier président du Cameroun avait, carrément, emprisonné, sans procès, le chanteur populaire de l'assiko, Jean Bikoko dit Aladin, qui avait affirmé dans une chanson que « Yak Baoussa ba gwé ngen » (Même les Haoussa ont leur temps), autrement, dit, ils ne resteront pas, éternellement, au pouvoir. Mais, quelques mois, plus tard, il ordonnait sa libération. L'histoire se répète en Ouganda : l'ex-guérillero a, politiquement, stabilisé son pays, en conservant le pouvoir, mais, il ne doit pas beaucoup aimer l'humour. Surtout quand celui-ci met à mal sa (modeste) personne.

Désinformation, amplification, intimidation : les dictateurs africains comme le Tchadien, Idriss Déby Itno, le Rwandais, Paul Kagame, le Soudanais, Omar el-Béchir, le Mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, sans oublier, le négativement célèbre en la matière, l'Egyptien, Abdel Fattah el-Sissi, suivent de bon pied leur modèle dans le domaine de la censure et de la manipulation, à savoir, le Russe, Vladimir Poutine, et le Chinois, Xi Jinping. Deux prédateurs (hors pair) de la liberté de la presse, qui opèrent, impunément sur internet. Reporters sans frontières (RSF) montre comment ils procèdent et comment contourner leurs manoeuvres.

Depuis que le Sommet de fin décembre 2016, à Yaoundé, entre les pays de la CEMAC, la France et le FMI, avait débouché sur la non-dévaluation du F CFA, mais encouragé chaque pays membre à se rapprocher du FMI pour signer un programme de redressement, seul le Congo-Brazzaville est en (bien) mauvaise posture. Si la Guinée équatoriale, pour des raisons idéologiques et d'indépendance nationale, a préféré trouver d'autres moyens internes pour maintenir son autonomie et ses marges de manœuvre en ne signant pas, le Congo-Brazzaville, lui, peine à conclure un programme avec le FMI, comme l'ont, déjà, fait le Tchad, le Gabon, le Centrafrique et le Cameroun. Après lui avoir présenté un endettement public de 77% par rapport au PIB, en septembre, le Congo-Brazzaville a dû reconnaître, trois mois plus tard, un peu honteusement, qu'il avait occulté certaines créances pour ne pas aggraver la dureté du programme qui allait en découler. C'est ainsi que, dans un deuxième temps, sa dette publique est montée à 122% du PIB, son niveau actuel. Mais il faut préciser que ce niveau (déjà anormalement élevé) ne tient pas compte de la dette contractée auprès des créanciers privés (Glencor, Trafigura, Total, etc.). Quand on l'ajoute, elle s'élève à plus ou moins 200% du PIB. Un niveau qui fait froid au dos, même à Paris, d'où l'extrême prudence du FMI à signer avec les autorités d'un pays qui sont devenues expertes en dissimulation des créances. La visite du ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire, cette fin de semaine, à Brazzaville, où il va présider une réunion sur la zone franc, permettra-t-elle à Denis Sassou-Nguesso d'obtenir, enfin, la caution de Paris, et passer à l'étape de la signature d'un programme ?

Là où elle fait de bonnes affaires, la Chine ne se mêle, jamais, de politique. Elle ne fait qu'aligner des contrats. Sa stratégie est, radicalement, différente de celle des Occidentaux, grands donneurs de leçons d'éthique et de morale (qu'ils ne s'appliquent pas à eux-mêmes) devant l'éternel. Avec son trésor de guerre, l'empire du milieu ne se fait pas prier pour conquérir l'Afrique. Cette Afrique qui est de moins en moins la chasse gardée de l'Occident. Ce dernier tente, actuellement, de rattraper son retard en suscitant, parfois, des conflits (sans queue ni tête ici et là), juste pour qu'on continue de faire appel à lui. Chacun fait la politique de ses moyens.

L'appareil s'est crashé peu, après son décollage, près de la base aérienne de Boufarik, à une trentaine de kilomètres au Sud d'Alger.

Il y a eu la création d'un nouveau parti politique, le Front patriotique, avec la bénédiction de Robert Mugabe, qui laisse songeur. Ce parti, dirigé par un ancien général, rassemble tous ceux qui étaient proches de l'ex-première dame, Grace Mugabe, et qui se sentaient ostracisés au sein de la Zanu-PF après la perte du pouvoir par Camarade Bob. Le Front patriotique présentera son propre candidat contre Emmerson Mnangagwa, le successeur de Robert Mugabe, à la prochaine élection présidentielle de cette année. Comme pour la faire taire, le nouveau pouvoir a diligenté une enquête pour savoir dans quelles conditions Grace Mugabe avait obtenu son doctorat de philosophie qu'on menace, d'ailleurs, de lui retirer. D'autre part, le nouveau pouvoir lui reproche, aussi, d'avoir, par le passé, trafiqué l'ivoire pour s'enrichir à titre personnel. De son côté, Robert Mugabe en accordant sa première interview, depuis sa chute, il y a quelques semaines, a déploré le fait que l'Afrique du Sud n'ait pas fait intervenir son armée pour stopper le coup d'état militaire dont il a été victime. Autant d'éléments qui montrent que les choses se gâtent entre le couple Mugabe et le nouveau pouvoir, ce qui risque de crisper le paysage politique zimbabwéen.

L'année dernière, un mouvement armé (que nous ne nommons pas) avait, ouvertement, menacé le président, Faustin Archange Touadera, qu'il restait sous la menace de son éviction du palais présidentiel à cause de son incapacité à résoudre la crise centrafricaine pour laquelle il a été élu président de la République chef de l'Etat. Il faut reconnaître que la situation dans le pays s'est beaucoup dégradée : de 2 départements qui connaissaient l'insécurité quand Faustin Archange Touadera prenait le pouvoir en mars 2016, on est passé, aujourd'hui, à 14 départements sur 16 qui sont, totalement ou partiellement, sous le contrôle des milices qui se créent tous les jours que Dieu fait. Le président Touadera qui essuie les critiques de partout (et même plus discrètes des chefs d'Etat de la sous-région qui sont fatigués de résoudre les problèmes sans solution du Centrafrique depuis de très longues années) a fini par perdre tout crédit dévolu au président démocratiquement élu qu'il est. Pour certains observateurs, il attend, tranquillement, la fin de son mandat dans trois ans pour passer le témoin tandis que pour d'autres, il serait suicidaire qu'il reste à la tête du pays dans les conditions actuelles jusqu'au terme de son mandat. Les événements de dimanche, 8 avril, soir, d'une gravité extrême, posent la question de la longévité de Touadéra à la tête de l'Etat. Son compte à rebours a-t-il commencé ?

Depuis quelques jours, la presse privée mauritanienne se fait l'écho de la découverte d'ossements humains dans une fosse commune à quelques kilomètres de l'arrondissement de Choum, dans la Wilaya de l'Adrar. Les médias ont indiqué que les ossements seraient ceux de quinze personnes dont certaines semblaient avoir été ligotées. Qui est à l'origine de cette barbarie ? Dans le système vertical du président, Mohamed Ould Abdel Aziz, les décisions viennent du sommet de l'Etat. Est-ce la raison du silence de cathédrale des autorités de Nouakchott ? Toujours est-il que le Collectif des Veuves que dirige Houlèye Samba Sall s'insurge, fortement, contre cette attitude silencieuse et très indifférente des autorités mauritaniennes, face à la douleur des parents des victimes concernées. Elle s'indigne à très haute voix et demande la lumière, toute la lumière, sur ces charniers, directement au général-président, Mohamed Ould Abdel Aziz, l'homme qui décide de tout en Mauritanie.