Politique

L'ex-présidente libérienne, Ellen Johnson Sirleaf, s'est vu décerner ce lundi, 12 février, le Prix Mo Ibrahim 2017, qui récompense une "gouvernance exceptionnelle ». C'est une récompense, amplement, méritée.

On a connu Maître Docteur Dominique Kounkou comme une personnalité congolaise qui n'a pas sa langue dans la poche. Après un retrait volontaire de plusieurs années à observer la situation congolaise, il revient en force pour signifier au dictateur congolais de savoir quitter le pouvoir avant que le pouvoir ne le quitte. Il lui conseille d'avoir en tête ce qu'il avait fait à Marien Ngouabi.

Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et de l'Intégration africaine, le professeur, Robert Dussey, dresse le rapport sur la diplomatie togolaise en 2017 ainsi que ses perspectives pendant l'année 2018.

Donald Trump, le chef de la Maison Blanche, ne doit pas être très content, en ce moment, car le dossier coréen sur lequel il jouait les Rambo, est en train de lui glisser entre les mains. Sans son aval et ignorant ce qu'il peut en penser, les deux Corée sont en train de se rabibocher, comme des pays souverains qu'ils sont, et sans intermédiaire chinois ni américain. C'est une très bonne chose pour la paix. C'est surtout une excellente chose pour les Nord-Coréens qui ont, tôt, compris que pour se faire respecter sur cette terre, il faut disposer d'armes de destruction massive. Depuis que la bombe nucléaire nord-américaine est capable d'atteindre les Etats-Unis, les vociférations de Trump ne constituant pas une arme dissuasive, la Corée du Nord est passée dans le camp des Grands de ce monde. Il lui reste, maintenant, à contourner les sanctions qui sont suscitées par l'ogre américain. Pour y parvenir, le rapprochement avec la Corée du Sud, pour une réconciliation inespérée, sera le bienvenu. Ce qui servira, aussi, à améliorer le bien-être des Nord-Coréens.

Souvent, on a remarqué que les conflits dans les pays africains sont, parfois, dus à la mauvaise interprétation de la constitution ou à sa rédaction partiale dans le but de favoriser le camp au pouvoir. Pour minimiser tout risque de conflit ou de guerre, il est conseillé de se doter d'une constitution consensuelle. C'est un objectif pas toujours facile à atteindre mais qui reste de l'ordre du possible. Pour preuve, le Mozambique, après plusieurs années de conflit, est en train d'emprunter cette voie. En effet, le président mozambicain, Filipe Nyusi, a annoncé, mercredi, 7 février, une réforme de la Constitution destinée à décentraliser le pouvoir dans le pays, dans le cadre des discussions de paix engagées par son gouvernement avec l'ancienne rébellion de la Renamo. Objectif, supprimer la gestion centralisée de l'Etat et du pouvoir qui fait que, parfois, l'opposition cherche plutôt à chasser du pouvoir celui qui est en place pour en profiter aussi, au lieu de l'aider à faire avancer le pays au nom de l'intérêt général.

« Qui crache en l'air retombe sur son visage », disent les saintes écritures. Le futur ancien président sud-africain, Jacob Zuma, aura été la honte, non seulement, de l'Afrique du Sud, le pays de Nelson Mandela, mais aussi, de toute l'Afrique, au regard de ce que ce grand pays représente pour les Africains. Quand il a succédé à Thabo Mbeki dont le comportement comme homme politique et d'Etat fut, en somme, respectable, il s'est mis à se comporter comme ces présidents (francophones) d'Afrique dont la plupart ont fait de leurs pays des républiques bananières. Sans jeu de mots, Zuma est passible de détournements de fonds massifs directs et indirects, de corruption à grande échelle, de favoritisme haut de gamme, de volonté démesurée de s'enrichir lui-même ainsi que sa famille dans un pays où la justice est indépendante, de tentative d'assujettissement de cette justice aux ordres du pouvoir, etc. Bref, Zuma aura été, tout au long de son mandat, un très (très) mauvais choix pour l'ANC, ce grand et sympathique parti politique. Mais, comme chaque chose a une fin, voilà arrivée la fin de partie pour ce grand corrompu dont la vraie place est dans la cellule d'une Prison VIP de Pretoria ou de Johannesburg. Les Sud-Africains en décideront. Pour le moment, place à Cyril Ramaphosa.

L'Allemagne va verser, pour la première fois, des indemnités à des juifs originaires d'Algérie victimes de mesures antisémites de la France de Vichy, alliée du régime nazi durant la Seconde Guerre mondiale. Une bonne nouvelle qui on espère, en Afrique, va faire école.

On le disait, politiquement, mort, en déclin inexorable, mais, Silvio Berlusconi a de la ressource. A, seulement, 81 ans, le très jeune d'esprit de la classe politique italienne est de retour sur le devant de la scène, avec ses frasques, à un mois d'élections législatives qu'il entend bien gagner, à droite toute.

La direction du Congrès national africain (ANC), au pouvoir en Afrique du Sud, se réunit, en urgence, ce lundi, 5 février, sur fond d'appels au départ anticipé du président, Jacob Zuma, empêtré dans les affaires de corruption. Cela dit, Jacob Zuma ne l'entend pas de cette oreille. Il s'accroche à son poste. Mais, en a-t-il, encore, les moyens ?

Les autorités israéliennes ont commencé, dimanche, 4 février, à distribuer des lettres à des milliers de migrants africains en situation irrégulière, leur ordonnant de partir d'ici la fin du mois de mars sous peine d'être emprisonnés, selon une porte-parole du service de l'Immigration. La question mérite d'être posée : Israël est-il, vraiment, l'ami de l'Afrique qu'il prétend être ?

Les jours du président sud-africain, Jacob Zuma, à la tête de l'Afrique du Sud sont, désormais, comptés. C'est un véritable compte à rebours qui commence, après que le nouveau président de l'ANC, Cyril Ramaphosa, ait, clairement, appelé au départ du président de la République, afin que lui, Ramaphosa, ait une réelle chance de devenir président du pays, en 2019. Car Zuma traîne, tellement, de casseroles que le candidat de l'ANC peut échouer à se faire élire président de la République. Ce serait une première en Afrique du Sud post-apartheid. Le risque est grand parce que la gestion de Zuma, émaillée de plusieurs scandales financiers, est en train de faire perdre son leadership à l'ANC dans le pays. C'est la raison pour laquelle beaucoup au sein du parti pensent que mieux vaut faire partir Zuma, dès maintenant, de la présidence de la République, pour engager des réformes qui pourront faire redevenir l'ANC, un parti crédible aux yeux des Sud-Africains.

Qui disait que le président, Faure Gnassingbé, est de mauvaise foi, et qu'il refuse, sciemment, de convoquer le dialogue ? C'est bien l'opposition qui le criait sur tous les toits alors que le gouvernement avait proposé la tenue de telles assises dès novembre 2017. Mais, comme à chaque fois, il a suffi que le pouvoir réponde à l'attente de l'opposition pour qu'elle y voie un piège et se rebiffe, préférant organiser manifestation sur manifestation, afin de pourrir la situation. Cette fois, la date du 15 février sera la bonne. Des représentants guinéens et ghanéens, pays médiateurs dans la crise qui agite le Togo, ont annoncé, ce vendredi, 2 février, que le dialogue entre l'opposition togolaise et la majorité présidentielle s'ouvrira le 15 février à Lomé. C'est, donc, quasi-officiel que les deux parties se mettront autour d'une table pour trouver des solutions à leurs divergences, dans les tout prochains jours.

Qui a dit au jeune raïs rdcongolais que le sphinx de Limete, décédé depuis un an, à Bruxelles, était dangereux pour sa survie au pouvoir, s'il faisait revenir sa dépouille à Kinshasa ? En effet, Joseph Kabila a peur des émeutes que le retour du corps de son ancien rival pourrait occasionner, émeutes qui pourraient devenir incontrôlables et lui faire perdre son pouvoir. L'opposition congolaise et l'église catholique, à couteaux tirés avec le président, Joseph Kabila, ne perdent pas de vue une telle éventualité, elles qui ont rendu, ce jeudi, 1er février, à Kinshasa, un hommage appuyé à l'opposant historique, Etienne Tshisekedi, dont les futures obsèques et l'héritage politique avivent l'interminable crise congolaise. Il n'est, donc, plus exclu que ses obsèques tant attendues depuis un an, ne soient organisées qu'après le départ du pouvoir de Joseph Kabila. Début 2019 si tout va bien.

Cela fait un certain temps qu'il est accusé de viols. L'islamologue suisse, Tariq Ramadan (car c'est de lui qu'il s'agit), a, toujours, nié les accusations portées contre lui. Mais, la justice n'est, sans doute, pas de cet avis, d'où sa garde à vue, ce mercredi, 31 janvier, à Paris.

C'est un Idriss Déby Itno, totalement, affaibli qui est revenu du 30e Sommet de l'Union africaine (UA). Sommet qu'il a failli manquer, la situation sociale au Tchad, étant catastrophique. Mais, il y a que le président de la Commission de l'UA est son ancien ministre des Affaires étrangères, Moussa Faki Mahamat. On n'aurait, donc, pas expliqué son absence, pour son premier grand Sommet organisé au siège de l'organisation. Ou bien, on aurait compris que Déby a peur, à son tour, d'un coup d'état, ce qui l'aurait poussé à rester à la maison. Il s'est, donc, rendu à Addis Abeba, mais, le cœur n'y était pas. Il a vite regagné son Tchad natal, dès le lundi, 29 janvier, après avoir décliné certains rendez-vous à cause d'un « agenda chargé ».

Raila Odinga est allé jusqu'au bout de sa logique. Il avait annoncé son investiture, il y a quelques jours, pour ce mardi, 30 janvier, qu'il pleuve ou qu'il neige, à Nairobi, devant ses partisans. Il a tenu parole et démenti les certitudes de la police et du vice-président de la République, qui annonçaient qu'il n'y aurait pas d'investiture. En effet, des milliers de partisans de ce dirigeant de l'opposition se sont rassemblés, ce mardi, à Nairobi, pour l'investir "président alternatif" malgré sa défaite électorale, tandis que le gouvernement réprimait les médias qui retransmettaient la cérémonie. Depuis ce jour, on peut considérer que le Kenya compte deux présidents « investis ».

Les mauvais démons sont de retour au Kenya. Alors qu'on le croyait assagi, après avoir, volontairement, décidé de ne pas participer au deuxième tour de l'élection présidentielle, laissant, son rival, Uhuru Kenyatta, se présenter tout seul, l'opposant, Raila Odinga, a créé la surprise, en annonçant son investiture, mardi, 30 janvier, comme « président élu du Kenya ». Il est soutenu par l'opposition dans cette démarche. Cela dit, cette annonce n'a pas fait changer l'agenda du président,Uhuru Kenyatta, qui a bien participé au 30e Sommet de l'Union africaine, à Addis Abeba, les 28 et 29 janvier 2018. Cela dit, il y a risque de troubles.

Aussi puissant qu'il puisse prétendre être en tant que président des Etats-Unis, Donald Trump se rend, aujourd'hui, compte qu'il n'est que Donald Trump. Sans plus. Après avoir tenu des propos, foncièrement, « racistes » sur les Noirs d'Haïti et d'Afrique, qui vivraient, selon son expression, dans des « pays de merde », pensant qu'ils n'indigneraient personne comme, à chaque fois, quand ce genre de sujet touche l'Afrique ou les Noirs, il a été, désagréablement, étonné de la montagne de désapprobations venant de toute la terre, et même du ciel. Honteusement, il fait mine de reculer mais ne trouve pas la bonne formule pour arrêter la polémique créée par ses propos « racistes » et insultants.

Actuellement, le doyen des chefs d'Etat africains, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, a plusieurs cartes en main. Il sait qui est qui parmi ses proches voisins chefs d'Etat de l'Afrique centrale, et qui lui voulait du mal. Au Tchad et en Centrafrique, notamment, les oppositions s'interrogent de savoir quel est le degré d'implication des pouvoirs en place dans cette opération qui a foiré grâce à la vigilance des autorités de Malabo. Militaire de profession, le président équato-guinéen n'est pas général d'armée pour rien, et surtout, ses 38 ans au pouvoir lui ont donné beaucoup d'expérience. A Bangui, on continue de démentir toute participation à ce putsch manqué : le président et le premier ministre l'ont, déjà, fait, sans trop convaincre Malabo. Ils se sont mis dans une situation intenable, et font l'objet de gros soupçons. Quant à l'ex-coalition Séléka, elle est, aussi, indexée par le doyen en personne. Elle nie, aussi, sans convaincre, malgré ses connexions connues au Tchad. Pendant ce temps, les enquêtes se poursuivent, activement, aussi bien, en Guinée équatoriale qu'au SED, à Yaoundé.

C'est un tir croisé de critiques venant de toutes parts auxquelles Joseph Kabila a eu droit ses derniers jours. Tout le monde (ou presque) est contre lui : les Nations-Unies lui ont demandé de protéger la population (désarmée) pendant les manifestations, l'Union européenne exige des enquêtes sérieuses et la traduction devant les tribunaux des responsables des tueries lors des dernières manifestations, la Belgique a supprimé sa coopération bilatérale, l'opposition et la société civile restent dans une ligne de défense tranchée, l'église catholique avec à sa tête, Mgr Laurent Mosengwo demande, sans plus se cacher, le départ de Joseph Kabila du pouvoir, etc. Bref, le président rdcongolais ne dispose des soutiens que dans son propre camp politique. Et encore... Il est, tellement, acculé qu'il a été obligé, contraint et forcé, de réunir les journalistes, ce jour, pour tenter de s'expliquer, le mutisme qu'il observait devenant un danger, depuis de longs mois, alors que la situation politique est gravissime. Mais, sa sortie devant les journalistes, a été loin de convaincre qui que ce soit. Incontestablement, ses adversaires tiennent le bon bout.