Politique

Après la défaite du groupe extrémiste, Etat islamique (EI), dans son fief libyen de Syrte, les principales factions rivales de la Libye se livrent une lutte d'influence sans merci, faisant planer la menace d'un conflit généralisé.

La saignée des combattants d'Abubakar Shekau continue. Très gonflé pour reconnaître que son mouvement est en totale perte de vitesse, il continue de bomber le torse. Après avoir été chassé de sa base de Sambisa par l'armée du Nigeria, il y a deux semaines, Boko Haram a vu ses combattants s'éparpiller dans la nature. Parfois pieds nus. On les trouve errant ici et là leur unité de commandement ayant éclaté. Face à cette débandade, beaucoup d'entre eux eux préfèrent se rendre. C'est le moindre mal. C'est le cas de la vingtaine de combattants qui ont signé leur reddition, il y a quelques jours, auprès des autorités du Niger.

Changement de comportement chez Joseph Kabila. Est-ce l'effet Vatican ou la fête de la nativité qui ont eu raison de son imperméabilité ? Le président rdcongolais avait, déjà, marqué son accord pour quitter le pouvoir, fin 2017, et de ne pas modifier la constitution avant. Il a vu qu'il n'était pas raisonnable pour lui de s'accrocher au pouvoir avec les conséquences prévisibles qu'on craignait (cas du Burundi et du Congo-Brazzaville). Qu'il valait mieux le quitter, démocratiquement, avec l'espoir de tenter un retour dans cinq ou dix ans. A 45 ans, il a, encore, son avenir devant lui. Résultat, il coopère, maintenant, de tout cœur avec la CENCO pour la signature d'un accord gagnant-gagnant avec l'opposition. Une très bonne chose pour la RDC et ses hommes politiques que le pouvoir de Brazzaville doit regarder d'un très très mauvais œil.

Après ses différents succès électoraux dont celui du mois dernier sur le changement de la constitution, Alassane Ouattara est à même de proposer la 3e République qu'il appelait de toutes ses forces. Lors de la cérémonie des vœux, ce mercredi, 4 janvier, il a promis la mise en place rapide des différentes institutions, à commencer par la nomination d'un vice-président dont personne ne croit bien appréhender le profil. L'enjeu est de taille : en 2020, Alassane Ouattara a annoncé urbi et orbi qu'il quittera, définitivement, le pouvoir. Le vice-président sera, alors, bien parti pour lui succéder.

Denis Sassou-Nguesso n'est pas bien dans sa peau de dictateur ces derniers temps. Son Falcon 7X (de location) actuellement en révision en France, est cloué au sol pour factures non honorées. Les frais de stationnement ne sont pas non plus payées. Mais ce n'est pas la seule mauvaise nouvelle qui le frappe. Pas plus tard qu'hier, il a failli perdre son (précieux) directeur de cabinet, Firmin Ayessa, suite à une chaude engueulade avec sa fille et non moins conseillère en communication, Claudia Sassou-Nguesso, qui considère Ayessa comme son chiffon, alors qu'il est son patron direct. Après l'humiliation de Miami, Sassou est obligé d'éteindre le feu qui couve à ses portes.

Qu'est-ce qui ne tourne pas rond dans la tête du petit despote de Bujumbura, Pierre Nkurunziza ? Après avoir mis les ONG sous contrôle et exigé d'elles qu'elles déclarent leurs devises, après avoir laissé entendre que le peuple lui demandait de modifier la constitution afin qu'il devienne président à vie, le voilà qui interdit la plus ancienne ligue burundaise des droits de l'homme. Où s'arrêtera ce petit despote ?

En ce début 2017, le professeur, Jean-Claude Djereke, invite les Africains à un changement profond des mentalités, à sortir de leur sommeil profond, à prendre exemple sur le Japon et Israël, qui, après avoir été persécutés, ont su prendre leur destin en main, en se donnant la capacité de faire face, aujourd'hui, à toute sorte d'adversité. D'où qu'elle vienne. La liberté ne s'octroie jamais. Elle s'arrache. Toujours, toujours. C'est la leçon de Bernard Dadié à l'Afrique, son Afrique, en cette nouvelle année pleine d'incertitude.

L'accord consacrant la cogestion de la République démocratique du Congo (RDC) entre la fin du mandat du président, Joseph Kabila, et l'élection de son successeur, en principe, à la fin de l'année, suscite des interrogations sur sa mise en œuvre, deux jours à peine après sa signature.

Le ministre burundais de l'Environnement a été tué par balle, dimanche, 1er janvier, matin, dans la capitale Bujumbura, devenant le premier membre du gouvernement à être assassiné depuis que le Burundi a plongé dans une grave crise politique, il y a près de deux ans. Une crise qui va s'approfondir, Pierre Nkurunziza ayant annoncé la modification de la constitution pour une présidence à vie.

La fin de Boko Haram en tant que groupement terroriste est proche, même s'il restera des résidus de djihadistes qui réussiront à fondre dans les populations, parfois, avec quelques capacités de nuisance. L'objectif actuel est de mettre la main sur son chef présumé, Abubakar Shekau, mort ou vif. En attendant, on commence à solder certains comptes dans les pays concernés. Au Niger, par exemple, un millier de combattants de cette nébuleuse vont bientôt passer devant les tribunaux.

A côté d'un Paul Kagamé et d'un Denis Sassou Nguesso triomphants, parce qu'ils ont bravé les lois de leur pays qu'ils sont supposés faire respecter, le petit despote de Bujumbura, Pierre Nkurunziza, ne pouvait être insensible à une modification de la constitution qui lui donne la latitude de rester au pouvoir autant d'années qu'il le voudra. D'autant plus que la communauté internationale sur laquelle compte l'opposition burundaise compte pour du beurre, comme on l'a vu au Congo-Brazzaville et au Rwanda. Résultat : Pierre Nkurunziza a annoncé ne pas exclure un 4e mandat si le peuple le lui demande. Puis, un 5e, un 6e, un 7e, un 8e, un 9e, un 10e, bref, jusqu'à ce que Dieu le Tout Puissant veuille bien le convoquer, au ciel.

Sassou-Nguesso a-t-il donné son accord pour la liquidation de Paulin Makaya, comme ça se chuchote à Brazzaville ? Le comportement de ses sbires fait, en tout cas, peser de forts soupçons selon lesquels le dictateur voudrait, vite, se débarrasser de l'empêcheur de tourner en rond, Paulin Makaya. Mais, très mal exécuté, son plan pour assassiner le président de l'UPC, le 29 décembre, a connu quelques ratés, ce qui lui donne quelques jours de sursis, à moins que le dictateur ne change de fusil d'épaule, maintenant que tout est mis sur la place publique.

Moscou joue le chaud et le froid. Après avoir annoncé la réciprocité, en expulsant 35 diplomates américains accrédités en Russie, VladimirPoutine atteint par la grâce et le pardon, annonce ne vouloir expulser personne.

Le courant ne passe plus entre l'ancien premier ministre de transition, le général, Isaac Zida, et le nouveau pouvoir du Burkina Faso. Installé au Canada depuis la fin de la transition, ce dernier n'a répondu à aucune des convocations qui lui ont été adressées pour reprendre ses fonctions dans l'armée.

Moscou n'a pas attendu une journée pour répondre à l'expulsion de ses 35 diplomates par Barack Obama. Ce sera le même traitement : 35 diplomates américains vont quitter la Russie incessamment.

L'opposition en est certaine : le remue ménage qu'on a connu cet après-midi à Brazzaville est une mise en scène de Sassou Nguesso. Expert en la matière, il veut détourner l'attention des Congolais vers d'autres faits de violence savamment orchestrés. Après sa gamelle ramassée chez Donald Trump, il voudrait que les Congolais ne se concentrent pas sur son gros échec diplomatique aux Etats-Unis, mais, restent focalisés sur les assassinats qu'il a planifiés à la Maison d'Arrêt de Brazzaville.

La guerre d'Abubakar Shekau n'est plus que virtuelle, sinon, médiatique. Alors qu'il y a deux ans, il faisait la guerre conventionnelle avec chars et véhicules blindés pour enfoncer les lignes adverses, aujourd'hui, il préfère se cacher, quelque part, dans la forêt touffue de Sambisa, pour livrer un message qui n'interpelle plus personne, tout le monde sentant la fin proche de sa secte terroriste. Même s'il dit le contraire, ce qui est de bonne guerre.

L’actuel secrétaire général des Nations-Unies, jusqu'après demain minuit, le Sud-Coréen, Ban Ki-moon, nie avoir été corrompu. Il envisage un retour sur la scène politique coréenne, comme président de la République de la Corée du Sud. Ceci expliquerait-il cela ?

La lutte antiterroriste n'est pas un vain mot en France. Attaquée de toutes parts, la France ne néglige plus aucun lieu de provenance de la menace djihadiste. L'Afrique n'est plus regardée de très haut, comme avant, mais, comme un partenaire avec qui on essaie de coopérer, loyalement, pour ne pas le regretter plus tard. Toutefois, les relents françafricains restent, toujours, dans les arrières pensées profondes des dirigeants français, qu'ils soient socialistes ou de droite. A cet égard, le choix de Bernard Cazeneuve, pour sa toute première sortie internationale, n'est pas neutre. Elle sent la Françafrique à pleins poumons. Hélas !

Les sources indiquant que Boko Haram vit ses derniers jours, se multiplient et se confirment. La preuve la plus tangible en est la réouverture des frontières entre le Nigeria, le Cameroun et le Tchad, il y a quelques semaines. Frontières qui étaient fermées depuis 2014 à cause des incursions sanglantes de Boko Haram. Le Niger, jusque-là, épargné par cette débandade des combattants de la secte, est, à son tour, touché.