PRESIDENTIELLE EN GUINEE : Avec un minimum de transparence, Alpha Condé sera (nettement) battu

PRESIDENTIELLE EN GUINEE : Avec un minimum de transparence, Alpha Condé sera (nettement) battu

Un climat de haute tension règne, ce samedi, 10 octobre, veille de l'élection présidentielle en Guinée. Une atmosphère, réellement, électrique qui a empêché, vendredi, 9 octobre, le président sortant, Alpha Condé, de tenir, son dernier meeting, à Conakry. Le risque des affrontements était trop élevé entre les partisans de Condé et leurs adversaires. La déception se lisait sur les visages des militants du président sortant, suite à l'annulation de ce meeting qui clôturait la campagne du premier tour d'Alpha Condé.

Retrait tactique (quitte à énerver ses partisans) ou peur d'une déflagration qui aurait été généralisée, empêchant, peut-être, la tenue de l'élection présidentielle dont l'opposition, à juste titre, avait demandé, le report, à plusieurs reprises, ces derniers jours, sans être entendue ? Se sachant marqué à la culotte par les 7 candidats, surtout, les trois anciens premiers ministres, Alpha Condé, en privé, ne cache pas que sa marge de manœuvre est fort réduite pour qu'il passe dès le premier tour (comme l'annoncent déjà ses militants), et même, qu'il gagne la bataille à l'issue d'un deuxième tour qui, contrairement, à celui de 2010, pourrait lui être fatal.

Chaque fois qu'on l'a questionné sur sa victoire dès le premier tour, il a, toujours, répondu que c'est le slogan de ses militants et partisans. Pas le sien.

Mais même après avoir refusé le report de quelques jours de la tenue de l'élection comme le lui demandait l'opposition, même après avoir refusé de rééquilibrer la Commission électorale nationale indépendante qui lui est très favorable, même après avoir tout fait pour inaugurer en grandes pompes le barrage de Kaleta, il y a quelques jours, pour des raisons de campagne, alors que les travaux ne sont pas encore terminés, même en misant sur la compréhension de ses homologues de la CEDEAO (dont on a vu comment ils se sont comportés lors de leur médiation pendant le putsch de Diendéré au Burkina Faso), même en obtenant le silence des grandes démocraties devant la fraude qui est inévitable, Alpha Condé ne pourra plus, en 2015 (après son hold up de 2010 supervisé par son ami de 30 ans et à l'époque ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner), bénéficier de la même baraka. 2015 n'aura rien à voir avec 2010.

C'est à juste titre que le président de l'UFDG, Cellou Dalein Diallo (voir notre photo), dit à qui veut l'entendre que cette fois, la tricherie d'Alpha ne passera pas. Pour bien faire comprendre son message, rappelons qu'en 2010, le candidat, Alpha Condé, après n'avoir obtenu que 20,67% des voix au premier tour, (alors que Cellou Dalein Diallo totalisait 39,72%) a réussi, grâce aux savantes manœuvres de la Françafrique, à proclamer Alpha Condé vainqueur au deuxième tour avec 52,52% des voix. Ce, malgré le fait que Cellou Dalein Diallo avait bénéficié des voix du candidat sorti troisième (15,60%), à savoir, Sidya Touré.

Pendant cinq ans, Cellou a ruminé sa colère, en parcourant les quatre coins de la Guinée. Plus jamais ça dans son pays, a-t-il juré à ses militants pour cette présidentielle. Après avoir tiré les leçons de cet échec de 2010 par l'opposition, dire que le président sortant, Alpha Condé, va gagner cette élection (même au 2e tour), en trichant, alors qu'il a contre lui, tous les poids lourds de cette présidentielle, à savoir, Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré, Lansana Kouyaté ( qui avait réalisé 7,75% en 2010), et l'ancien président, Moussa Dadis Camara (qui a été empêché de se présenter par les manoeuvres d'Alpha Condé), c'est faire une arithmétique électorale comme seule savent la faire certains étudiants (pas tous) de mathématiques de l'Université Gamal Abdel Nasser de Conakry.

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