PRESIDENTIELLE EN GUINEE : L'opposition redoute la fraude orchestrée par Alpha Condé

PRESIDENTIELLE EN GUINEE : L'opposition redoute la fraude orchestrée par Alpha Condé

C'est connu en Guinée : l'actuel président, Alpha Condé, ne peut gagner aucune élection, dans la transparence. La Françafrique l'ayant beaucoup aidé, il y a 5 ans, avec son ami, Bernard Kouchner, au Quai d'Orsay, il a réussi « l'exploit », grâce à une foultitude de complicités, à inverser la tendance qui lui était défavorable.

Pour rappel, il n'avait eu que 18% au premier tour de cette présidentielle contre 36% pour Cellou Dalein Diallo, qui avait, en plus, bénéficié du soutien du candidat arrivé troisième, Sidya Touré, qui avait totalisé 15%. Pendant 5 ans, Cellou et Sidya ont ruminé leur colère, surtout, la naïveté avec laquelle ils s'étaient présentés au deuxième tour. Sûrs de gagner, avant d'être coiffés au poteau, rappelons-le, par la Françafrique.

Cette fois, ont-ils l'assurance de ne plus se faire berner ? Rien n'est moins sûr. Toujours est-il que l'opposition a réclamé, jeudi, 1er octobre, le report "au moins pour une semaine" du premier tour de l'élection présidentielle prévu le 11 octobre, arguant de "problèmes absolument sérieux" risquant d'entacher le scrutin.

Quand on sait comment fonctionne le Système de Fraude Alpha Condé (qui vient d'avoir la visite d'un grand conseiller à la fraude électorale en la personne du président congolais, Denis Sassou Nguesso), on retient tout simplement son souffle. Car la fraude qui se prépare ne sera pas d'une ampleur commerciale, mais industrielle, comme disent les économistes.

"Nous demandons le report de l'élection, au moins pour une semaine", a déclaré lors d'une conférence de presse, Aboubacar Sylla, porte-parole de l'opposition, à l'issue d'une réunion sur l'état des préparatifs du scrutin. Aboubacar Sylla s'exprime "au nom de tous les candidats" - sept au total - en lice contre le président Alpha Condé, élu en novembre 2010, investi le 21 décembre 2010 et qui brigue un second mandat.

"On s'est rendu compte qu'il y a des problèmes absolument sérieux qui, s'ils n'étaient pas résolus assez rapidement, compromettraient la qualité, la transparence et la crédibilité du scrutin du 11 octobre et pourraient même amener les candidats de l'opposition à se retirer du processus électoral", a affirmé Aboubacar Sylla.

"Nous avons donc conclu de demander le report" du scrutin "de quelques jours, bien entendu, en restant dans les délais légaux", a-t-il dit, en présence de représentants des sept candidats.

Selon la Constitution, la présidentielle doit avoir lieu au plus tard deux mois avant l'expiration du mandat en cours, soit, le 20 décembre prochain. Les dispositions légales prévoient qu'elle se tienne un dimanche. L'idée est que le scrutin puisse être organisé "au plus tard le 20 octobre", nouveau délai qui permettrait à la Commission électorale nationale indépendante (Céni) "de corriger toutes les anomalies et les irrégularités constatées au niveau du fichier électoral" mais aussi "dans l'édition des cartes d'électeur", a expliqué Aboubacar Sylla.

"Le fichier électoral n'a pas été complètement corrigé", a-t-il indiqué, évoquant de nombreuses omissions ou inexactitudes, selon lui, sur les cartes d'électeur en cours de distribution.

En outre, certains électeurs habitent à 15 ou 20 km de leur bureau de vote, "sans compter que la Céni, dans le souci de faire vite, a décidé de solliciter les services d'imprimeurs privés pour l'émission des cartes électorales" susceptibles de ne pas respecter leurs cahiers des charges, a ajouté Aboubacar Sylla.

Il a par ailleurs réitéré les accusations de l'opposition contre la Céni, "aux ordres" du pouvoir exécutif et, selon lui, décidée à maintenir le vote à la date fixée malgré les problèmes soulevés.

Le chef de la mission d'observation de l'Union européenne (MOE UE), Frank Engel, a reconnu mardi "qu'il serait vain de vouloir nier que ce fichier n'est absolument pas rigoureusement parfait".

La fronde est prise au sérieux. Cellou Dalein Diallo a interrompu sa tournée, à l'intérieur du pays, pour rentrer, en catastrophe, à Conakry, afin d'organiser la riposte avec les 6 autres candidats de l'opposition.

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