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CAMEROUN : Pourquoi il faut « nationaliser » le poste de sélectionneur des Lions indomptables

Il est temps que le Cameroun nationalise le poste de sélectionneur des Lions indomptables. C'est un saut qualitatif qu'il faut, à tout prix, réaliser, dès maintenant, sans avoir peur, afin d'entreprendre, sereinement, la reconstruction de l'équipe nationale de football masculin, qui devra représenter le Cameroun, à la CAN 2017, au Gabon, au Mondial 2018, en Russie, et surtout, à la CAN 2019, qui se jouera, à domicile, et que le Cameroun, devra, impérativement, gagner.

Lors des coupes du monde passées, les équipes africaines qui représentent le continent, se sont, souvent, fait remarquer en alignant des sélectionneurs, généralement, étrangers. Non seulement, une telle option infantilise le continent en le faisant apparaître, aux yeux du monde, comme étant non mûr pour prendre ses responsabilités, mais elle n'est pas, forcément, gage de succès. En même temps, on est, souvent, frappé par le fait que certaines équipes, moins bien classées, dans le palmarès Fifa, que celles d'Afrique, préfèrent faire confiance à des sélectionneurs nationaux. Les exemples sont légion : de la Chine au Japon, en passant par la Corée du Nord, pour ne pas allonger la liste.

Pourquoi, 55 ans, après l'indépendance, le Cameroun continue-t-il, toujours et encore, à lorgner du côté des non-nationaux, pour diriger les Lions indomptables alors qu'il a, déjà, eu la preuve de la compétence de ses propres techniciens locaux ? Aux Jeux Olympiques de 2000, à Sydney, par exemple, l'équipe de football est bien sortie championne olympique, en battant l'Espagne, avec à sa tête, un certain sélectionneur camerounais, appelé, Jean Paul Akono. Que faut-il, encore, aux dirigeants camerounais de football pour se convaincre qu'ils ont des oiseaux rares, sous la main, à moindres frais ? Pourquoi occulte-t-on un tel palmarès (du reste inédit) dans le débat qui a cours, dans le remplacement de l'Allemand Volker Finke ? Attend-on que ce soient Paris, Washington, Bonn, Bruxelles, Pékin ou Londres, qui viennent rassurer le Cameroun sur le fait que ce pays dispose (comme peu de pays comme lui en Afrique) d'un véritable gisement de bons entraîneurs capables de présider aux destinées des Lions indomptables ?

L'indépendance tout comme l'aliénation mentale, est un état d'esprit. Plus précisément, l'indépendance que le peuple camerounais réclame, à cors et à cris, dans les domaines économiques (marchés publics attribués de préférence aux entrepreneurs étrangers), de la monnaie et de la finance (zone franc) et politique (Françafrique), etc., ne saura devenir une réalité, tant que l'aliénation se poursuivra dans des sports populaires, comme le football, où le Cameroun a, déjà, fait ses preuves sur le plan mondial, sans que cela ne procure une quelconque confiance chez ses dirigeants.

Ca fait honte quelque part de voir défiler (et échouer) des Français, Allemand, Portugais, Espagnol, etc., sur le banc des Lions indomptables, alors que le pays de Paul Biya dispose de tout ce qu'il faut, en cadres nationaux (compétents) pour bien épauler les Lions indomptables. A ce propos, chapeau bas au sélectionneur (camerounais) de l'équipe féminine des Lionnes indomptables, qui ne demanderait, aujourd'hui, que des moyens adéquats et la sérénité, pour bien travailler dans la perspective de la CAN féminine 2016.

Une ancienne gloire comme Michel Kaham (qui est un entraîneur de grande expérience et dont le savoir-faire n'a rien à envier aux techniciens qu'on va chercher ailleurs), a, récemment, émis le vœu que le duo Belinga-Djonkep reste en place, mais qu'il soit, renforcé, par un banc de touche composé d'autres entraineurs camerounais à la compétence avérée, avec des responsabilités bien définies. C'est une bonne idée qu'on devrait pouvoir mettre en œuvre, quitte à l'améliorer, avec le temps, et au gré des compétitions. Car le salut des Lions indomptables, aujourd'hui et demain, passe par un banc composé de sélectionneurs nationaux, quitte à ce que les étrangers (si on le souhaite) occupent des places d'adjoints dans cet encadrement. Mais que le poste de sélectionneur en chef soit détenu par un Camerounais.

Pour une fois, on peut dire que le Cameroun a un (très) bon ministre à la tête du département des Sports, qui, par le passé, a montré de quoi il était capable. Qui plus est, ce ministre, Dr Pierre Ismaël Bidoung Pkwatt, semble avoir la totale confiance du président de la République, qui suit, plus qu'on ne le pense, le feuilleton des Lions indomptables, qui étaient, jusqu'à une époque récente, son modèle pour la jeunesse camerounaise. Il faut, donc, que le Cameroun prenne son destin (du football) en mains, et cesse de le confier aux autres.

C'est le moment idéal de le faire d'autant plus que le nouveau président de la Fédération camerounaise de football, Tombi a Roko Sidiki, affiche une volonté salutaire de réussir sa mission. Il a compris que le Cameroun pourra, difficilement, réussir, à nouveau, dans le football, en éloignant ceux dont la voix porte, sur le plan mondial, dans ce domaine, à l'instar des anciennes gloires telles que Roger Milla et d'autres. C'est à travers cette association où la corruption et les pratiques douteuses, seront, sévèrement, sanctionnées, avec des talents récompensés, que les Lions retrouveront leur lettre de noblesse.

Mais avant d'y parvenir, les Camerounais doivent commencer par avoir le courage et la force, de décoloniser leur mental, afin qu'ils deviennent des êtres, totalement, libres, et non aliénés, capables de faire des choix, qui privilégient leur seul intérêt national.

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