CAN 2017 AU GABON : La catastrophe (prévisible) n'est plus exclue

On a demandé, insisté, supplié, le président de la CAF (Confédération africaine de football), le Camerounais, Issa Hayatou, de déplacer la CAN (Coupe d'Afrique des nations), hors du Gabon. C'était par simple bon sens parce que ce pays n'est pas en mesure d'accueillir cette compétition dans la sérénité. Issa Hayatou ne vit pas en Chine ni en Nouvelle-Zélande pour dire qu'il ignore ce qui se passe au Gabon. Il est au Cameroun, pays voisin du Gabon, pratiquement, tous les mois. Il sait, donc, ce qui s'y passe, ce qui s'y dit, ce qui s'y fait.

Les Gabonais des « mapanes » l'ont mis en garde, à plusieurs reprises, et lui ont demandé de délocaliser cette CAN. Le Maroc et l'Algérie étaient candidats pour l'accueillir, en cas de défaillance du Gabon. Mais après avoir été bien, très bien, reçu, au Palais du Bord de Mer, Hayatou a mis le coton dans les oreilles. Depuis, il n'entend plus rien, ne voit plus rien.

Depuis quand, alors qu'on se prépare à faire la fête du beau football et de toutes les manifestations qui tournent autour, le gouvernement, au lieu de cultiver la joie, menace, au contraire, son peuple de ne pas saboter l'événement ? C'est du jamais vu dans aucun autre pays. C'est un discours qu'on entend, pour la première fois, au Gabon.

En effet, la ministre gabonaise de la Jeunesse et des Sports, Nicole Assélé, a mis en garde, hier, vendredi, 30 décembre, soir, les activistes, qui menacent de saboter la 31e édition de la CAN, qui se jouera au Gabon du 14 janvier au 5 février prochain : "Depuis quelques temps, des informations percutantes, parfois, documentées, font état de la préparation active par certains citoyens d'actes de boycott de la 31e édition de la phase finale de la CAN Total", a-t-elle indiqué dans une déclaration solennelle lue à la télévision nationale.

"Des services de renseignement assermentés indiquent que ces actes de sabotage sont projetés par ces citoyens, vraisemblablement, des compatriotes, à Libreville, Port-Gentil, ainsi qu'à Franceville et à Oyem" et qui "toucheraient l'ensemble des sites d'attraction retenus tant en dehors qu'à l'intérieur des stades de compétition", ajoute le texte.

"Les auteurs de ces actes blâmables et délictueux sont des activistes déjà identifiés venant transposer leur frustration politique résultant de leurs échecs électoraux sur le sport en général et le football, en particulier, facteur d'amitié et de cohésion légendaire entre les peuples", accuse la ministre.

La ministre assure toutes les délégations des équipes participantes, les supporters et les touristes que les autorités "prendront toutes les dispositions sécuritaires nécessaires à leur quiétude tout au long de la compétition et au-delà, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur des stades". Cela dit, une question à la ministre qui paraît très sûre de son propos : Le gouvernement mettra-t-il un policier ou un gendarme derrière chaque Gabonais mécontent ?

Ces Gabonais bon teint que la ministre, Nicole Assele (elle-même cousine directe de Bongo Ondimba Ali - BOA), qualifient d' « activistes » ne sont, en réalité, que des citoyens frustrés du détournement de leur vote, le 27 août dernier. A défaut de s'être fait entendre dans les urnes (qu'on falsifiées), encore moins, à la Cour constitutionnelle, solidement, tenue par la belle-mère de BOA, où peuvent-ils encore s'exprimer et se faire entendre sinon pendant la CAN ?

La compétition regroupe 16 nations pour un total de 32 matchs dans quatre villes : Libreville, Port-Gentil (Sud-Ouest), Franceville (Sud-Est) et Oyem (Nord).

Début décembre, le droit l'hommiste gabonais, Marc Ona Essangui et son confrère français, Laurent Duarte, ont lancé un appel au "boycott et au sabotage" de la 31e CAN afin de dénoncer "la répression sanguinaire contre le peuple et l'instabilité actuelle du pays". Ils exigeaient d'Issa Hayatou de "transférer l'organisation de l'événement sportif majeur du continent vers un autre pays". Sauf que Hayatou avait, déjà, « donné » sa langue qu'on a gardée, pendue, au Palais. Il est prisonnier de ses engagements pris en ce haut lieu. Nul doute qu'il pourrait perdre, totalement, le sommeil pendant les jours à venir. N'est-il pas écrit dans la Bible que "quiconque crache en l'air retombe sur son visage" ?

"Sans réponse effective de la CAF à la date du 15 décembre inclus, nous appellerons les populations au boycott et au sabotage de cette CAN", avaient averti les deux activistes membres de la campagne, Tournons la page, un collectif qui réclame "l'alternance et la démocratie en Afrique".

Si ces deux éminents membres de la société civile se sont exprimés au grand jour, beaucoup de Gabonais, parlent, à voix basse, dans les réseaux sociaux, dans les « mapanes » et dans les lieux où il n'existe aucun micro de journaliste. Mais, il y a lieu de craindre que les menaces de la ministre ne soient ignorées car depuis la présidentielle du 27 août 2016, on a vu naître un autre Gabon, un Gabon nouveau, jusque-là inconnu des Gabonais, eux-mêmes, et des Africains, qui avaient, souvent, observé ce beau pays du patriarche Ondimba avec les yeux de Chimène.

Commentaires

kimpéné ya Congo (non vérifié)
Ce n'est qu'en AFRIQUE NOIRE que l'on peut avoir de tels Avatars imprévisibles. Quelle est la Crédibilité du GABON en tant qu'ETAT souverain ??? Quelle Honte, avec ça aucun Président Noir Africain pense Réellement au Vrai Développement de son Pays. Vous avez en Afrique Noire des Villes sans les Equipements de Voirie , Résultats des courses, Nos Vielles villes ne sont praticables que les anciennes centres villes coloniales, parce qu'il y a systèmes d’Évacuation des EAUX Usées ( VOIRIES ) Quant à la C.A.N du Gabon, je n'en sais rien mais je ne Nous sens pas trop entrain de Moderniser ce BEAU Continent Noir Africain comme si c'est le CFA qui nous endort par attitude d’Égoïsme Inné, Quelle HONTE à ce BEAU Continent Noir , toujours Malmené ???
Prince Essonne ... (non vérifié)
Issa Hayatou, Total, Orange, FIFA... répondront de la catastrophe annoncée de la CAN2017 au Gabon. En dehors de leur entêtement à sauver le soldat Ali Bongo qui corrompt le monde entier et brade le Gabon aux quatre vents pour rester au pouvoir, il n'y a rien de raisonnable qui puisse expliquer qu'on force la tenue de cette manifestation sportive au Gabon.
Otis Akebe (non vérifié)
Total, Ali Bongo et Hayatou sont les ennemis du Gabon! Comment comprendre qu'un pays riche (bois, pétrole, manganèse, or ect..) comme le Gabon est incapable de fournir des tables banc aux élèves, de construire des écoles, des logements, de fournir de l'eau et l'électricité a la population. Mais ce qui intéresse les autorités ces le fait de se maintenir au pouvoir par tout les moyens et organiser la CAN. Le peuple souffre, ils lui donne la CAN
HANSALEVEY Adams (non vérifié)
Non, total ne soutient Ali Bongo, bien au contraire il est derrière Ping qui lui a promis l'annulation de sa dette du GABON; mais Ping peut trêbver, il y a une différence entre les écrits des journaux et la réalité de la vie quotidienne gabonaise; Ping a -t-il un bon bilan à l'UA, pour dire qu'il EST UN BARON DE LA VIE GABONAISE? Non, tout cela c'est de la gitation inutile, !! LAISSEZ LES GABONAIS VIVRENT tranquillement, Ping a échoué et il ne sera pas président que dans les écritts sur Internet et les journaux occidentaux, il est ami,de la vie des amis occidentaux !! il comprendra qu'après avoir vendu GBAGBO aux occidentaux aujourd'hui, c'est son tour, la trahison paye doucement et lentement !!
Jean Jacques (non vérifié)
Si tu es Gabonais ou Gabonaise, j'ai véritablement honte à ta place.
Serge Armand (non vérifié)
Si tu as honte de toi et de ta nationalité je le comprend mais n'infecte pas les autres ...
Burkina de Sankara (non vérifié)
C forcément un ivoirien ki n'y voit rien et prend d raccourcis douteux ds la brume qui habite sa cervelle
Orondza (non vérifié)
Vous pouvez aboyer, gémir, coasser, péter, chier, vous gratter les noyaux autant que vous voudrez, la CAN 2017 aura lieu au Gabon. Personne n'a le monopole du désordre au Gabon et vos ménaces à deux balles d'enfants gâtés du patriarche Omar Bongo Ondimba n'empecheront rien.
Visiteur (non vérifié)
Comme t'es con comme tes origines parentales, il y aura boycott mon très cher imbécile
LIPANDA (non vérifié)
Pour le pouvoir gabonais aux abois, la CAN et sa réussite constituent un enjeu considérable. Or, le peuple gabonais a la gueule de bois: on lui a volé son élection présidentielle et sa démocratie. L'échec de la CAN est prévisible. Le pouvoir s'en mordra les doigts.

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