Abdelaziz Bouteflika

Le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, sera le candidat du Front de libération nationale (FLN), son parti, et de la majorité présidentielle, de façon générale, à l'élection présidentielle d'avril 2019. Cette information qui ne faisait l'ombre d'aucun doute, a été confirmée, dimanche, 28 octobre, soir, par Djamel Ould Abbes, secrétaire général du FLN, et, immédiatement, reprise par l'Agence de presse algérienne. Agé de 81 ans, Abdelaziz Bouteflika prend les grandes décisions en laissant la gestion quotidienne à son premier ministre et aux dignitaires de la majorité présidentielle et de l'armée. Handicapé par un AVC (Accident vasculo-cérébral) survenu en 2013, il est, actuellement, le seul chef d'Etat au monde à diriger son pays à partir d'une chaise roulante.

La santé du président, Abdelaziz Bouteflika, n'est pas un sujet de polémique en Algérie. On sait qu'il est, physiquement, diminué, mais continue de remplir sa fonction, après avoir délégué beaucoup de prérogatives à son premier ministre. Il se déplace en fauteuil roulant et s'organise, actuellement, avec son parti, le FNL et les généraux de l'armée, pour se porter candidat à la prochaine élection présidentielle.

Alors qu'on lui promettait l'exil, à défaut de se retrouver, carrément, entre quatre planches, le président du Venezuela, Nicolas Maduro, reprend du poil de la bête. Il n'y a pas longtemps, le tonitruant, Donald Trump, menaçait de le faire tomber, mettant la CIA et certains homologues voisins hostiles, à contribution. Mais, Dieu est juste. Le camarade, Nicolas Maduro, a fait des réformes nécessaires pour résoudre la très difficile situation que traverse, actuellement, son pays, victime de la baisse des cours du pétrole. Petit à petit, il réussit à remettre de l'ordre dans la Maison (Venezuela), méthodiquement et efficacement. Preuve qu'il a la situation en main, il se remet à voyager, loin. C'est ainsi que lundi, 11 septembre, i a rendu visite au président algérien, Abdelaziz Bouteflika, avec qui, il parle le même langage.

La reconnaissance des crimes contre l'humanité, pendant l'esclavage, la colonisation et la néo-colonisation, est la seule et unique façon de laver à l'eau pure, les très mauvaises relations actuelles que la France entretient avec ses anciennes colonies d'Afrique. On n'a jamais voulu savoir pourquoi l'image de la France en Afrique est aussi mauvaise ? On n'explique pas le désintérêt toujours croissant des Africains à l'endroit de la France, jadis, considérée comme la « mère patrie » ? Aujourd'hui, on n'est pas mécontent en Afrique que les Chinois prennent tout, et commencent, à y enseigner leur langue (à la place du français) et à utiliser leur monnaie (le yuan) dans des transactions commerciales en lieu et place du F CFA dont les Africains veulent se débarrasser. Bref, rien ne va plus entre Paris et ses anciennes possessions d'Afrique. Pendant la campagne présidentielle, le candidat, Emmanuel Macron, avait trouvé la bonne approche pour faire revenir la France dans le cœur des Africains. A Alger, il avait évoqué la possibilité de la repentance des crimes coloniaux, avant que le ciel ne lui tombe sur la tête une fois de retour à Paris. Pourtant, c'est la voie à suivre s'il veut retrouver une (vraie) place pour la France en Afrique. Egal à lui-même, le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, l'y incite fortement.

Il n'est jamais trop tard pour bien faire. Tout comme une erreur reconnue est à moitié pardonnée. Le journal Le Monde a fait partie du groupe de médias qui ont enquêté sur le scandale financier des Panamas Papers. Cette organisation, qui recueillait pour les cacher des énormes sommes d'argent qui venaient de partout y compris des pays sous-développés et qui, généralement, avaient vocation à échapper au fisc et au développement des pays où elles étaient détournées, a été assimilée à une organisation criminelle, ses représentants étant traités comme tels. Il s'en est suivi des révélations des noms de certaines personnalités, mondialement, connues qui y avaient logé leurs fonds et dont la divulgation à l'opinion publique a fait scandale. Président de l'Algérie, Abdelaziz Bouteflika dont le nom a été cité par Le Monde, a dû porter plainte pour atteinte à son honneur, estimant qu'il avait été, inutilement, diffamé. Le Monde a reconnu que le nom du président algérien n'en faisait pas partie et s'en est excusé. Sans se faire prier, Abdelaziz Bouteflika a retiré sa plainte. L'incident est désormais clos.

A peine arrivé à l'Elysée, le 14 mai, le nouveau chef de l'Etat français, Emmanuel Macron, a fait un saut de quelques heures, vendredi, 19 mai, au Mali, pour saluer les forces françaises du dispositif Barkhane, qui combattent les djihadistes dans le Sahel, que finance le Qatar, « l'ami de la France ». Le Mali était le deuxième pays visité après l'entrevue du 15 mai entre la chancelière, Angela Merkel et Emmanuel Macron. Demain 11 juin et après demain, le chef de l'Etat français recevra, successivement, l'Ivoirien, Alassane Ouattara, et le Sénégalais, Macky Sall, avant de s'envoler les 14 et 15 juin chez le roi Mohammed VI du Maroc. Une visite, à Alger, chez le doyen Abdelaziz Bouteflika, devrait avoir lieu « dans quelques semaines », avant le Sommet du G5 (Mali, Burkina Faso, Tchad, Mauritanie et Niger) sur le terrorisme auquel prendra part, le 2 juillet, à Bamako, Emmanuel Macron. Le sans faute du président français sur les questions africaines est pour le moins parfait jusqu'à présent.

Les inquiétudes sur l'état de santé du président, Abdelaziz Bouteflika, se sont accrues en Algérie au lendemain de l'annulation, à la dernière minute, de la visite de la chancelière allemande, Angela Merkel. Une heure avant de monter dans l'avion, la chancelière a reçu la mauvaise nouvelle lui demandant de décaler sa visite officielle pour cause d'indisponibilité du président algérien. Elle a dû ranger sa valise avant de retourner travailler au bureau.

Fallait-il montrer le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, dans cet état ? Le débat fait rage en Algérie entre ceux qui crient souvent à la censure et les partisans du Tout Montrer Tout Voir Tout Ecouter. En arrière-plan, le débat sur la succession est plus que relancé.

L'Algérie sera toujours l'Algérie. Un pays qui a pris son destin en main où aucun diktat provenant de l'extérieur n'est accepté. Immobilisé, presque, dans son fauteuil roulant, le président, Abdelaziz Bouteflika, malgré les cris et grincements de dents de l'intérieur, et surtout, de l'extérieur, fait les choses comme il l'entend. La modification de la constitution en est un ultime exemple.

A 78 ans, Abdelaziz Bouteflika n'a-t-il pas le droit de faire un bilan de santé en France ? La question ne se poserait pas, en ces termes, si le pouvoir algérien savait communiquer sur l'état de santé du premier responsable du pays.