Abdoulaye Wade

Mission terminée. Pour le moment. Venu prendre l'Assemblée nationale, à la demande de ses amis du PDS (Parti démocratique sénégalais), l'ancien président, Me Abdoulaye Wade, a crié à la fraude électorale qui ne lui a permis d'avoir que 20 députés, chiffre, néanmoins, suffisant pour constituer un groupe à l'Assemblée nationale. C'est le deuxième groupe le plus important, après celui de la majorité présidentielle. A quelques jours de la rentrée parlementaire, il a écrit au secrétaire général de l'Assemblée nationale pour lui faire part de sa décision de ne pas siéger comme député. A 91 ans, Gorgui Wade prépare, déjà, la mère des batailles : l'élection présidentielle de 2019 à laquelle il veut faire mordre la poussière à Macky Sall.

Le fils contre le maître : Macky Sall contre Abdoulaye Wade. L'heure de la revanche a-t-elle sonné ? Alors qu'il se reposait, tranquillement, à Versailles, en région parisienne, depuis plus de deux ans, l'ancien président, Abdoulaye Wade, a, subitement, interrompu sa retraite méritée, pour une nouvelle bataille des législatives qu'il entend mener pour arracher la majorité à benno bokk yakaar (majorité présidentielle actuelle) à l'Assemblée nationale, ce qui permettrait à l'opposition actuelle de changer le cours des choses au Sénégal. Abdoulaye Wade pourrait, aussi, faire revenir, en homme libre, son fils, Karim Wade, de Doha, au Qatar, pour participer à l'élection présidentielle de 2019 dont il est le candidat du PDS (Parti démocratique sénégalais). Les enjeux sont, donc, multiples et variés.

Après avoir repoussé, à plusieurs reprises, son retour au Sénégal, Me Abdoulaye Wade, ancien président de la République, faiseur politique de l'actuel chef de l'Etat, Macky Sall, est arrivé, lundi, 10 juillet, vers 18 heures, à Dakar, à bord d'un avion spécial, pour conduire la liste du PDS aux élections législatives du 30 juillet, grâce auxquelles il compte faire obtenir la majorité à la coalition de l'opposition, nécessaire pour chasser le président, Macky Sall, du pouvoir. Sa volonté d'en découdre ne trompe personne : sitôt devant ses militants, hier, même à l'aéroport, il a, immédiatement, invité Macky Sall à fuir le pays pour se réfugier à l'étranger, l'invitant même à emprunter son avion. Le ton est donné.

L'ancien président sénégalais, Abdoulaye Wade, va, à 91 ans, diriger une liste d'opposition aux élections législatives du 30 juillet, pour lesquelles les opposants au chef de l'Etat, Macky Sall, ont échoué à s'unir. Cela veut dire que Gorgui est, réellement, dans la bataille en vue de l'éviction du pouvoir de son ancien fils spirituel, Macky Sall. Il entend, aussi, de cette manière, obtenir l'amnistie totale pour son fils, Karim Wade, qui avait été condamné à 6 ans de prison ferme et à payer 210 millions d'euros d'amende pour « enrichissement illicite ». A l'Assemblée nationale, Gorgui Wade devrait retrouver son ennemi intime : Moustapha Niasse, président de cette institution. Ambiance ambiance...

Condamné à six ans de prison pour enrichissement illicite, Karim Wade, fils de l'ex-président sénégalais et candidat de son parti à la prochaine présidentielle au Sénégal, en mars 2019, a été gracié, vendredi, 24 juin, par le chef de l'Etat, Macky Sall, et libéré. Karim a, immédiatement, quitté le pays pour se rendre au Qatar.