Adama Barrow

C'est le genre de nouvelle qui jette de l'huile sur le feu, qui montre que les relations se dégradent entre Yahya Jammeh, ses proches, et l'actuel pouvoir, au lieu de s'améliorer. Qui a intérêt à ce que subsiste un climat de guerre entre Jammeh et Barrow et pour quel intérêt ? Désormais, l'ancien président gambien, en exil en Guinée équatoriale, devra-t-il voyager avec un passeport diplomatique offert par Teodoro Obiang Nguema puisqu'on l'a délesté du sien ? En attendant les explications de Banjul, on peut dire que cette décision ne favorise nullement la paix en Gambie.

Près d'un mois après son départ de la présidence, son successeur, Adama Barrow, n'a, toujours, pas pris possession des lieux. Même en exil, Yahya Jammeh continue d'inspirer l'effroi en Gambie, après 22 ans d'un pouvoir, aussi, implacable qu'imprévisible.

A cause du refus du président sortant, Yahya Jammeh, de quitter le pouvoir, le président élu, Adama Barrow, a dû, avec le soutien des autorités du Sénégal, « prêter serment », à l'ambassade de Gambie, à Dakar. Ce serment est pour la forme, un autre devant être organisé, à Banjul, devant les chefs d'Etat invités et les autorités gambiennes compétentes (Cour suprême, autorités politiques, militaires, religieuses et civiles), après le départ (d'une façon ou d'une autre) de Yahya Jammeh du pouvoir.

L'investiture d'Adama Barrow n'aura pas lieu ce 19 janvier, comme prévu. Le président sortant, Yahya Jammeh, a mis ses menaces à exécution en s'octroyant une prorogation de son mandat de trois mois. Cette investiture n'aura pas lieu, non plus, à Dakar. Après l'échec des négociations de la dernière chance menées par le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, place à la force militaire. L'armée de l'air nigériane a, déjà, envoyé 200 hommes et des avions au Sénégal, dans le cadre du mandat régional ouest-africain conféré à Abuja, pour faire appliquer, en Gambie, la victoire du président élu, Adama Barrow, face au sortant Yahya Jammeh. L'épreuve de force se met en place.

Le président de la Cour suprême gambienne, Emmanuel Fagbenle, s'est récusé, lundi, 16 janvier, de l'examen du recours porté devant cette juridiction par le chef de l'Etat, Yahya Jammeh, contre l'investiture de son successeur élu Adama Barrow, prévue le 19 janvier. Par ailleurs, alors qu'il se trouve au Sénégal où il a élu domicile jusqu'à son investiture, Adama Barrow a perdu un de ses cinq fils, hier, à Banjul, décédé de morsures de chiens. Il était âgé de 8 ans.

Les chefs d'Etat membres de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) ont entrepris un bras de fer avec leur homologue de Gambie, Yahya Jammeh, battu, logiquement, à l'élection présidentielle de décembre dernier. Alors que, malgré sa défaite, il a décidé de rester en place tant que la Cour suprême qu'il a saisie ne confirme pas la victoire d'Adama Barrow, la CEDEAO, elle, annonce l'investiture de ce dernier, le 19 janvier. Et par mesure de sécurité, la présidente en exercice de la CEDEAO, Ellen Johnson Sirleaf, a annoncé que Barrow résidera, désormais, à Dakar, jusqu'à son investiture, sous la bienveillante protection du Sénégalais, Macky Sall.

Le président élu de Gambie, Adama Barrow, qui se prépare à exercer le pouvoir, a annoncé, lundi, 26 décembre, la formation d'un groupe d'experts pour formuler un plan de développement national, après sa victoire à la présidentielle du 1er décembre que conteste le président sortant, Yahya Jammeh.